Afrique du Sud

18 ans de prison pour les meurtriers d’une jeune lesbienne

Chantal Cyr
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Quatre accusés du meurtre d’une jeune lesbienne ont été condamnés par la justice sud-africaine hier, mercredi 1er février 2012, à 18 ans de prison. Agée de 19 ans, Zoliswa Nkonyana a été poignardée puis lynchée en 2006 à Khayelitsha, la plus grande township noire proche du Cap. Un drame qui met en lumière l’intolérance dont sont victimes les homosexuels dans le pays. Quatre Sud-Africains ont été condamnés à 18 ans de réclusion, dont quatre avec sursis, pour le meurtre d'une jeune lesbienne il y a six ans près du Cap, alors que la violence contre les gais et lesbiennes reste monnaie courante en Afrique du Sud. Les quatre hommes, reconnus coupables en octobre, avaient lapidé, frappé puis poignardé Zoliswa Nkonyana à quelques mètres de son domicile, en 2006. Trois autres accusés, présents au moment des faits, ont été acquittés, parce que le tribunal a estimé n'avoir pas de preuve de leur participation au meurtre.

«Nous sommes contents que le tribunal soit d'accord avec nous, ces jeunes gens n'ont pas exprimé de remord et ne sont pas réinsérables», a commenté après la sentence un porte-parole du parquet Eric Ntabazalila, cité par l'agence de presse Sapa.

Jayne Arnoff, responsable de l'association de défense des droits des gais Triangle Project s'est félicité de cette décision de justice, «un message fort», selon elle, qui consacre le fait que «Zoliswa avait le droit de vivre librement comme lesbienne» et que «nous devons respecter nos différences».

L'Afrique du Sud est le seul pays africain doté d'une Constitution qui met sur un strict pied d'égalité les homosexuels, autorisés à se marier, à adopter, etc. Mais, dans les faits, l’homosexualité est encore difficile à vivre dans le pays. Et les idées de masculinité, les traditions et la religion sont profondément ancrées dans les quartiers noirs pauvres où vit la majorité de la population sud-africaine et où la violence est endémique.

Les lesbiennes y sont notamment menacées de «viols correctifs», commis en groupe, par de jeunes hommes qui prétendent vouloir les «guérir» de leur homosexualité. Il y a trois ans, l'assassin d'une footballeuse homosexuelle, Eudy Simelane, victime d'un viol collectif avant d'être tuée en avril 2008 dans une township des environs de Johannesburg, avait été puni de la prison à perpétuité et son complice de 32 ans de réclusion.