Prix droits de l'homme

Prix français à deux associations israéliennes de défense des homosexuels

Yannick LeClerc
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La France a décerné cette année le Prix des droits de l’Homme 2011 à deux associations israéliennes de défense des droits des homosexuels religieux des deux sexes, a annoncé jeudi l'ambassade de France en Israël. C'est la première fois dans l’histoire de ce prix qu'il est décerné à des organisations de défense des droits des homosexuels dans le monde, selon une porte-parole de l'ambassade.
L'association H’avruta assiste psychologiquement des gays juifs orthodoxes, et Bat Kol soutient des lesbiennes juives des mêmes milieux religieux.

Ce prix, purement honorifique, récompense l'action des deux associations dans la mise en place de séminaires de formation ainsi que de rencontres avec les leaders des communautés religieuses et des enseignants, afin d'apporter un soutien psychologique aux personnes en difficulté.

«Alors que le débat ces dernières semaines sur la présence des femmes dans l’espace public ultra-orthodoxe se durcit, ce prix nous rappelle (...) que la révolution entamée par les militantes de Bat Kol se poursuit», s'est félicitée Bat Ami Neumeir Potashnik, une dirigeante de Bat Kol.
Le Prix des droits de l’Homme a été institué en 1988 par la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme, qui relève du bureau du Premier Ministre afin de récompenser des défenseurs des droits de l’homme du monde entier pour leur action sur le terrain.
Sur les centaines de candidatures présentées chaque année, dix associations sont sélectionnées.

Malgré l'hostilité que les homosexuels, surtout masculins, suscitent dans les cercles religieux en Israël, l'homosexualité n'est plus pénalisée depuis 1988 et certains droits des couples gais ou lesbiens sont depuis lors reconnus par les tribunaux.

En août 2009, des dizaines de milliers de personnes avaient exprimé leur solidarité avec la communauté homosexuelle, endeuillée par une attaque à l'arme automatique qui a fait deux morts dans un centre pour jeunes, dont l'auteur n'a toujours pas été retrouvé.

Le prix sera remis jeudi soir aux deux associations à Tel-Aviv par l’ambassadeur de France en Israël, Christophe Bigot.