Cameroun

Amnesty demande la libération de deux homosexuels emprisonnés

Yannick LeClerc
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Amnesty International a demandé jeudi dans un communiqué que deux jeunes Camerounais condamnés à 5 ans de prison ferme mardi en raison de leur homosexualité soient libérés. «Les autorités camerounaises doivent libérer immédiatement les deux hommes (...) La Cour doit annuler ce verdict choquant, qui condamne trois hommes sur la seule base de leur orientation sexuelle», affirme Amnesty.

Trois Camerounais, arrêtés en juillet, ont été condamnés mardi à la peine maximale, soit cinq ans de prison, pour homosexualité par la justice du Cameroun dont la législation interdit les pratiques homosexuelles à l'instar de la majorité des pays du continent africain. Deux des accusés, âgés de 19 et 20 ans, étaient présents à l'audience et ont été reconduits à la prison tandis qu'un mandat d'arrêt a été émis à l'encontre du troisième, absent, âgé de 22 ans, qui avait bénéficié d'une mesure de liberté provisoire.

«Les personnes accusées de tels crimes au Cameroun (homosexualité) sont souvent confrontés à des abus et à la violence de la part des autres détenus», souligne Amnesty International qui demande aux «autorités» de revoir ces «lois discriminatoires anti-homosexuelles. L'utilisation de lois criminalisant des activités sexuelles privées entre adultes consentants va à l'encontre des lois internationales sur le respect des droits de l'Homme que le Cameroun a ratifié», ajoute Amnesty.

Selon l'organisation, au moins dix personnes ont été arrêtées pour des motifs d'homosexualité depuis le mois de mars à Yaoundé et dans la capitale économique Douala. Un homme a été condamné à trois ans de prison en avril 2011, selon l'ONG. Selon la police, les trois hommes avaient été surpris en juillet alors qu'ils avaient des rapports sexuels à bord d'un véhicule dans le quartier Essos à Yaoundé en juillet.

Trente-huit des 53 Etats africains ont des lois pénalisant l'homosexualité.