Aide humanitaire

Pour certaines ONG, sanctionner les états homophobes est une mauvaise idée

Yannick LeClerc
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La menace émise par plusieurs États occidentaux, dont la Grande-Bretagne et le Canada de réduire l'aide au développement met en danger la population LGBT, avertit un groupe d'ONG. Plusieurs organisations et des personnalités gais et lesbiennes du continent africain ont fait part de leurs craintes concernant les appels européens de conditionner leur aide au développement au respect des minorités sexuelles, via un communiqué envoyé à plusieurs médias dont Fugues.

Ils redoutent que cette politique ne se retournent contre eux et, plus généralement, qu'elle ne complique les conditions de travail des organisations de défense des droits humains. Elle serait aussi susceptible de remettre en cause des programmes cruciaux dans le domaine de la santé. «L'imposition de sanctions de la part des donateurs est, dans sa nature même, coercitive et elle renforce les dynamiques de déséquilibre des pouvoirs à l'œuvre entre pays donateurs et bénéficiaires», soutient-on dans le communiqué qui est envoyé quelques jours après que le Premier ministre britannique David Cameron a durci le ton contre les gouvernements homophobes lors d'une réunion des chefs d'État du Commonwealth. Il avait déjà apporté son soutien à l'initiative Kaleidoscope, il y a deux mois, visant à l'abrogation des lois discriminant les homosexuels.

Dans le cadre de cette stratégie diplomatique, le Malawi a déjà subi une réduction de son aide en provenance du Royaume-Uni et de l'Allemagne. Une mesure qui a mené à une stigmatisation encore plus forte des lesbiennes, gays, bi et trans dans ce pays d'Afrique australe, selon les signataires.

Les mesures préconisées ne feraient que désigner les LGBT comme boucs-émissaires, voire les isoler au sein même de la société civile africaine. Une opinion que ne partage bien des militants de la lutte contre l’homophobie dont l’avocate et militante Alice Nkom qui lance régulièrement des appels à la solidarité internationale pour faire pression sur le président du Cameroun,