Politique internationale

Le Commonwealth s'interroge sur sa pertinence

Yannick LeClerc
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La reine Elizabeth II a donné le coup d'envoi vendredi, en Australie, du sommet des 54 chefs de gouvernement du Commonwealth, qui doivent discuter de plusieurs réformes visant à redonner sa pertinence à cette association d'anciennes colonies britanniques. « Le monde a changé et une institution vénérable change également », a souligné la première ministre de l'Australie, Julia Gillard, lors de l'ouverture de la réunion à Perth. « Il est temps d'un renouveau, alors que le Commonwealth se dirige vers son centenaire ».

Il y a deux ans, le Commonwealth avait mandaté un groupe de sages pour étudier la question. Dans le rapport, ils recommandent l'établissement d'une charte du Commonwealth et la nomination d'un commissaire indépendant chargé des droits de l'homme.

Le rapport a été accueilli favorablement par la reine Élisabeth II et par le Stephen Harper, le Canada étant de ceux qui militent pour une réforme en profondeur.

Selon la presse australienne, le projet de nomination d'un commissaire aux droits de la personne risque toutefois de se heurter à l'opposition de plusieurs pays, dont l'Inde et l'Afrique du Sud, qui y voient une forme d'ingérence dans leurs affaires internes. Le premier ministre indien Manmohan Singh a d'ailleurs renoncé au voyage, sans donner de raison. Le Sri Lanka est un des membres souvent dénoncés par les partisans d'une réforme pour la façon dont il traite les combattants rebelles et les réfugiés. Le Canada a indiqué qu'il pourrait boycotter le prochain sommet, qui doit avoir lieu à Colombo, au Sri Lanka.

Les auteurs du rapport recommandent aussi la décriminalisation de l'homosexualité, qui est encore punie dans 41 des 54 pays membres. Deux hommes ont ainsi été récemment condamnés à 14 ans de prison pour sodomie au Malawi. Ils ont été graciés après l'intervention du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon. Une fois n’est pas coutume, le gouvernement Harper a déjà indiqué qu'il mettrait le sujet à l'ordre du jour.

Les 16 pays membres du Commonwealth dont la reine Élisabeth II est la chef de l'État, incluant le Canada et l'Australie, se sont mis d'accord vendredi matin pour mettre fin à la primauté masculine dans la succession au trône. Les nouvelles règles permettront notamment à une fille aînée de devenir reine, même si elle a un jeune frère. Ces changements permettront aussi à l'héritier au trône d'épouser une catholique, sans renoncer à la couronne.