Inde

L'Église catholique et des groupes hindous refusent que Goa devienne une destination gaie

Logan Cartier
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L'Église catholique et des groupes hindous de droite à Goa ne souhaitent pas que que cet État touristique indien soit une destination où les homosexuels sont les bienvenus, ont-ils annoncé après une annonce du gouvernement selon laquelle il n'y était pas opposé. Le responsable du tourisme au sein du gouvernement local, Swapnil Naik, a déclaré cette semaine que même s'il ne courtisait pas activement les touristes homosexuels, Goa ne pouvait ignorer ce «marché» car il s'agissait d'une tendance émergente.

Ses commentaires ont provoqué la colère de conservateurs religieux et l'un d'eux a déposé une plainte auprès de la police pour empêcher que le sujet soit évoqué lors d'un prochain salon du tourisme.

Dattaram Sawant, membre de l'organisation radicale hindoue Janajagruti Samiti, a estimé que l'image de l'ancienne colonie portugaise avait déjà souffert dans le passé d'une réputation de «sexe et drogues» et qu'il ne voulait pas lui voir coller «une autre étiquette».

Janajagruti Samiti est connue pour s'être opposée en 2008 à la projection d'un film du peintre indien aujourd'hui décédé M.F Husain au motif qu'on y voyait des divinités indiennes nues.

Le groupe Bharat Swabhiman Trust, lié au gourou populiste Baba Ramdev qui avait un jour déclaré que l'homosexualité pouvait «se guérir», a également condamné le gouvernement. «Goa a déjà autorisé le trafic de drogues, les casinos et la prostitution. Maintenant la communauté gaie, lesbienne et transgenre. Qui d'autre reste-t-il à inviter ici ?», s'est insurgé son porte-parole, Kamlesh Bandekar.

Le père Francisco Caldeira, porte-parole de l'archevêché catholique de Goa et Daman, a lui déclaré qu'«on ne pouvait empêcher les gens de venir ici en vacances» mais que «les campagnes touristiques ne devraient pas spécialement les inviter», en faisant référence aux homosexuels.

Goa attire chaque année quelque 400000 touristes étrangers. Les attitudes plus relâchées des vacanciers dans cet État contrastent parfois avec le conservatisme social qui prévaut dans le reste de l'Inde.