solidairement vôtre!

De petits gestes pour changer le monde

Hector Fabio Duque Gomez
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Le Québec reçoit environ 45 000 immigrants par année. Si l’on s’en tient au chiffre de 10 % qui correspondrait aux minorités sexuelles (LGBT), on arrive à un nombre de 4 500 personnes par année. Ce chiffre est certainement conservateur, étant donné qu’un nombre de plus en plus important de personnes les-biennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles ou transgenres s’installent au Québec avec l’espoir de pouvoir vivre librement leur orientation sexuelle et leur identité de genre. Elles fuient ainsi la violence subie dans leur patrie, voire les poursuites judiciaires associées à l’expression de leur identité. Je suis l’une de ces personnes qui ont quitté leur pays (dans mon cas, la Colombie) pour cette terre d’accueil pour les immigrés LGBT qu’est le Québec. Si mon arrivée en sol québécois date du début des années 2000, alors que je franchissais le cap de la qua-rantaine, mon histoire, semblable à beaucoup d’autres, débute quant à elle à l’époque où j’étais adolescent. Déjà à cet âge je vivais de l’exclusion et du rejet, parce que j’étais différent de mes frères et de mes camarades de classe.

En Colombie, il y a beaucoup d’injustices sociales, de préjugés et de machisme, qui sont dus principalement à la religion catholique encore omniprésente. Les femmes doivent encore servir les hommes comme si elles étaient des esclaves, ma mère et mes sœurs ne faisant pas exception et s’exécutant auprès de mes frères et de mon père. Je n’acceptais pas que les femmes soient maltraitées physiquement et psychologiquement, et cela me révoltait. Ainsi, j’étais le seul à appuyer ma mère dans ses travaux domestiques.

À l’âge de 20 ans, mon père m’a jeté à la rue en raison de mon homosexualité. Je suis donc allé vivre à Bogotá pour pouvoir étudier à l’université, en travail social. Mais comme c’est un métier qui rapporte très peu d’argent en Colombie, j’ai dû opter pour l’architecture afin que ma mère accepte de financer mes études. Durant toutes ces années passées dans la capitale, j’ai été victime de discrimination et du rejet, ne retrouvant du réconfort que parmi les autres victimes.

À l’été 2000, à cause de mon statut d’architecte, j’ai été victime d’un enlèvement par la FARC, qui exigeait une rançon pour ma libération. Par un heureux hasard, j’ai réussi à m’enfuir et j’ai trouvé refuge dans l’ambassade canadienne. J’ai demandé l’asile et, rapidement, je me suis retrouvé au Québec, sans contact, ni famille, ni ami, ni maison, ni argent.

Si je vous raconte mon histoire, c’est pour vous donner une idée de ce que vivent les immigrants LGBT dans leur pays et un aperçu du contexte dans lequel un groupe comme ADA (Au-delà de l’arc-en-ciel), que j’ai fondé en 2009, les accueille une fois arrivés au Québec. Comme vous le constaterez, bien que le pire soit derrière eux, l’adaptation aux réalités québécoises et aux réalités de communautés culturelles implantées leur réserve encore bien des péripéties.

Mes premières années en sol québécois ont été plutôt difficiles, mais tranquillement, j’ai réussi à sortir de mon isolement en m’associant à d’autres personnes qui vivaient une situation semblable à la mienne. J’ai rencontré d’autres latinos homosexuels qui étaient, eux aussi, rejetés par leur communauté culturelle vivant au Québec en raison de leur orientation sexuelle et, peu à peu, je me suis mieux intégré à la société québécoise. C’est ainsi que j’ai commencé à m’impliquer bénévolement pour faciliter l’arrivée des immigrants LGBT et leur insertion dans la société, d’abord par la mise en ondes, à Radio Centre-ville, d’une émission de radio en espagnol, puis par l’animation de groupes de discussion en espagnol pour hommes gais et, finalement, par la création du groupe ADA.

Chaque semaine, je reçois des appels de gens de tous âges qui ont quitté leur pays ou qui souhaitent le faire afin de fuir les problèmes graves reliés à leur orientation sexuelle ou à leur identité de genre. Chaque semaine, c’est la même histoire qui se répète; seuls les acteurs sont différents. La personne quitte son pays natal pour fuir l’intolérance et pense être accueillie à bras ouverts par la communauté culturelle québécoise issue de ce même pays. Malheureusement, la réalité est qu’elle doit composer avec la même intolérance que celle dans son pays d’origine. Si elle veut rester à vivre en lien avec sa communauté d’origine, elle doit souvent cacher sa vraie identité. Si elle tente de s’intégrer directement à la société d’accueil québécoise, elle vit souvent sans ressource et sans soutien, incomprise, isolée par la langue, par ses différences culturelles. Elle vit, seule, ces doubles isolements et discriminations, car il existe peu de ressources destinées à ces communautés.

Dans une telle situation, chaque main tendue devient extrêmement importante. Chaque activité, chaque projet, chaque outil, chaque recherche scientifique facilitant l’intégration des immigrants LGBT deviennent hautement importants. Chacun de ces gestes permet de réduire la rage impuissante qu’ils ont vécue dans leur pays. Chacun de ces gestes permet à ces personnes d’être plus positives, créatrices, fonceuses et productrices. La solidarité permet de former un monde meilleur où chacun a sa place pour s’épanouir. Ce monde, je vous invite à le construire tous ensemble.

 
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Anciens commentaires

  • Bonjour j'ai lu votre histoire, et l'immigration ,et la réaction de vos parents , mais je vous dirai que savoir s'affirmer est tout simplement la clef pour vous et vivre ce que vous désirez... lorsque j'ai appris à ma famille il y a de celà 45 ans que j'étais Gay et que je voulais entendre vous m'accepter comme je suis ... c'étais à prendre ou à laisser, Savoir s'imposer et se faire respecter ,c'est ce qui vous mène à coup certain à votre désir de vivre votre vie... Après tout c'est votre vie, à l'âge de 20 ans , c'est a vous de vous prendre en main , et de prendre votre place... Maintenant a 67 ans , je vis très bien mon homosexualité , et bien malheureux celui ou celle qui vas s'interposer a ce que je vis , il y a des lois et je suis en position de force pour vivre ma vie et me faire respecter, simplement oser et savoir s'affirmer... Publié le 01/11/2012
  • Bonjour j'ai lu votre histoire, et l'immigration ,et la réaction de vos parents , mais je vous dirai que savoir s'affirmer est tout simplement la clef pour vous et vivre ce que vous désirez... lorsque j'ai appris à ma famille il y a de celà 45 ans que j'étais Gay et que je voulais entendre vous m'accepter comme je suis ... c'étais à prendre ou à laisser, Savoir s'imposer et se faire respecter ,c'est ce qui vous mène à coup certain à votre désir de vivre votre vie... Après tout c'est votre vie, à l'âge de 20 ans , c'est a vous de vous prendre en main , et de prendre votre place... Maintenant a 67 ans , je vis très bien mon homosexualité , et bien malheureux celui ou celle qui vas s'interposer a ce que je vis , il y a des lois et je suis en position de force pour vivre ma vie et me faire respecter, simplement oser et savoir s'affirmer... Publié le 01/11/2012
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  • Bonjour j'ai lu votre histoire, et l'immigration ,et la réaction de vos parents , mais je vous dirai que savoir s'affirmer est tout simplement la clef pour vous et vivre ce que vous désirez... lorsque j'ai appris à ma famille il y a de celà 45 ans que j'étais Gay et que je voulais entendre vous m'accepter comme je suis ... c'étais à prendre ou à laisser, Savoir s'imposer et se faire respecter ,c'est ce qui vous mène à coup certain à votre désir de vivre votre vie... Après tout c'est votre vie, à l'âge de 20 ans , c'est a vous de vous prendre en main , et de prendre votre place... Maintenant a 67 ans , je vis très bien mon homosexualité , et bien malheureux celui ou celle qui vas s'interposer a ce que je vis , il y a des lois et je suis en position de force pour vivre ma vie et me faire respecter, simplement oser et savoir s'affirmer... Publié le 01/11/2012
  • Bonjour j'ai lu votre histoire, et l'immigration ,et la réaction de vos parents , mais je vous dirai que savoir s'affirmer est tout simplement la clef pour vous et vivre ce que vous désirez... lorsque j'ai appris à ma famille il y a de celà 45 ans que j'étais Gay et que je voulais entendre vous m'accepter comme je suis ... c'étais à prendre ou à laisser, Savoir s'imposer et se faire respecter ,c'est ce qui vous mène à coup certain à votre désir de vivre votre vie... Après tout c'est votre vie, à l'âge de 20 ans , c'est a vous de vous prendre en main , et de prendre votre place... Maintenant a 67 ans , je vis très bien mon homosexualité , et bien malheureux celui ou celle qui vas s'interposer a ce que je vis , il y a des lois et je suis en position de force pour vivre ma vie et me faire respecter, simplement oser et savoir s'affirmer... Publié le 01/11/2012