France

Concernant le mariage homosexuel, le débat n'est pas terminé...

Logan Cartier
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Sans surprise, la France n’instituera pas l'égalité entre tous les couples sur le plan légal. Mais le vote d'hier a lancé le débat sur l'après-PACS dans la perspective des présidentielles de 2012. C'était plutôt prévisible: les débats à l'Assemblée nationale française n'ont pas volé bien haut. Profitant de cette tribune médiatique providentielle pour se profiler en défenseur de l'«ordre naturel», le député du Nord Christian Vanneste a qualifié les couples homosexuels d'«aberration anthropologique».

D'autres ont dénoncé la tentation de «céder à une mode» ou aux désirs «d'une minorité dans la minorité». Comme le ministre du budget François Barouin, qui y est allé de son petit sondage personnel. Verdict: «J'ai dans mon entourage des amis qui sont gais, je n'en connais pas un qui veut se marier.»

L’assemblée a finalement rejeté la proposition du Parti Socilaliste (PS) d'ouvrir le mariage aux personnes du même sexe par 293 voix contre 222.

Pour les observateurs de la politique française, ce vote n'est toutefois pas sans conséquences positives. Ils notent que 12 ans après l'institution mouvementée du PACS, le thème de l'ouverture du mariage fait une percée dans la campagne pour 2012.

Ainsi, même si elle a été balayée, la proposition socialiste a récolté le soutien de neuf députés, et celui de ténors de la majorité que sont Roselyne Bachelot, Jean-Louis Borloo ou Yves Jégo. Dans ces conditions, la droite préparerait une union civile élargie, excluant (comme en Suisse) l'adoption et l'insémination artificielle.

Quant au PS, il a d'ores et déjà fait savoir que le «mariage pour tous» figurerait parmi les premières mesures adoptées par un futur gouvernement de gauche, en cas de victoire à la présidentielle de l'an prochain.