Sida

«Nous finirons par mettre fin à la pandémie», estime le virologue Anthony Fauci

Étienne Dutil
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«Depuis un an et demi nous avons eu plusieurs avancées majeures qui, combinées, tendent très fortement vers l'idée que nous finirons par maîtriser l'infection et mettre fin à la pandémie de sida», estime le chercheur. Outre la circoncision, qui réduit de près de 65% le risque de transmission du VIH, ainsi que l'efficacité des gels microbicides vaginaux et des traitements empêchant une mère enceinte séropositive d'infecter son enfant, le virologue cite les résultats frappants de deux essais cliniques démontrant l'efficacité des antirétroviraux.

Ainsi une étude effectuée de 2007 à 2009 et publiée fin 2010 montre qu'une combinaison de ces médicaments pris oralement par des hommes homosexuels sains abaisse de 44% leur risque d'être infectés.

Ce taux dépasse 70% chez ceux qui les prennent régulièrement, précise le Dr Fauci, notant «avoir été quotidiennement impliqué» dans la lutte contre le sida au cours de sa carrière depuis la première heure.

Les résultats de l'essai clinique mené auprès de couples hétérosexuels dans neuf pays, rendus publics le 12 mai, montrent la quasi-élimination du risque de transmission par l'un des deux partenaires infectés si ce dernier commence un traitement par des antirétroviraux le plus tôt possible.

«Cet essai clinique est extrêmement important car il prouve que le fait de traiter les séropositifs avant que leur maladie ne progresse est non seulement bénéfique pour eux-mêmes mais empêche aussi la transmission du virus à un partenaire sexuel sain», explique le patron du NIAID (National Institute of Allergy and Infectious Diseases).

Cet institut est en pointe au niveau mondial dans le combat contre l'épidémie, depuis son apparition en juin 1981, grâce à ses recherches et aux fonds qui leurs sont alloués.
Quant à la quête d'un vaccin efficace, les chercheurs ont retrouvé l'espoir, après 20 ans d'échec, avec le résultat d'un essai clinique en 2009 mené en Thaïlande.

«Ce vaccin n'a été efficace que dans 31% des cas mais il a au moins prouvé que nous pouvions faire mieux», note l'infectiologue, estimant que «la vaccinologie est entrée dans une nouvelle ère» en terme de conception des vaccins contre un virus qui mute très rapidement.

En 2010, des équipes de chercheurs ont en effet identifié deux anticorps chez un seul individu infecté qui, ensemble, bloquent en laboratoire plus de 90% des souches de VIH connues dans le monde, rappelle-t-il.

La recherche concentre maintenant ses efforts pour déterminer quelle partie spécifique du virus doit être utilisée dans un vaccin, dit le Dr Fauci.