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«VIH, des bombes ambulantes!»

Dr Pierre Coté
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«Le virus est dix fois plus virulent chez les personnes nouvellement infectées». C’est ce que titraient en première page les journaux nationaux en mars 2007. Un titre de mauvais goût à mon avis, sensationnaliste et cho- quant. Il n’en demeure pas moins que le sujet était très impressionnant. On présentait les résultats d’une étude québécoise qui démontrait qu’une importante proportion des personnes qui avaient contracté récemment le VIH, l’avaient contracté alors que leur partenaire sexuel était en période de primo-infection. La primo-infection est la phase où l’orga-nisme réagit à l’entrée du VIH dans le sang. Elle survient en général après quelques semaines suivant l’infection. Le plus souvent, cette phase passe inaperçue ou donne très peu de symptômes. Par contre, certaines personnes peuvent être très malades. Elles peuvent présenter de la fièvre, de la fatigue, des sueurs nocturnes et une augmentation du volume des ganglions, un peu comme si elles avaient une mononucléose. Par la suite, tout rentre habituellement dans l’ordre après quelques semaines. Un test de dépistage du VIH effectué durant cette période peut même se révéler négatif. Mais, pendant la primo-infection, la concentration du virus dans l’organisme est extrêmement élevée et, par conséquent, le risque de transmettre le VIH est beaucoup plus important. Cela veut dire que même une très petite quantité de sperme ou de liquide pré-éjaculatoire peut suffire pour infecter son partenaire. Si vous présentez des symptômes, même légers, qui pourraient ressembler à une primo-infection, soyez vigilant. Doublez de prudence lors de vos rapports sexuels et consulter un médecin rapidement. La bombe pourrait peut-être être désamorcée…