capitale de l’Argentine

Il n’y a pas que du tango à Buenos Aires

Sébastien Thibert
Commentaires

N’ayant décidemment plus rien à envier aux métropoles nord-américaines et européennes, la capitale argentine réserve à ses visiteurs son lot d’émotions fortes et de surprises, entre milonga gai et chasse au bear dans la Pampa.

«Buenos Aires est sans doute la ville la plus gay-friendly d’Amérique du Sud!» me lâche Carlos, beau trentenaire porteño (le nom des habitants de la capitale) rencontré sur un chat et qui a accepté de me servir de guide pendant mon séjour. «Le contrat d’union civile existe ici depuis 2003 et le mariage gai est maintenant possible partout au pays depuis le mois de juillet. On voit de plus en plus de couples de même sexe qui se baladent en pleine rue, main dans la main!» Franck, un ami de longue date et pilote d’avion pour une ligne aérienne américaine, amoureux de Buenos Aires, s’est acheté un petit appartement en plein Palermo : «J’ai toujours eu un faible pour les latinos. Et ici les gars sont virils, sensuels et sexy, avoue-t-il…Ce sont des mecs pas du tout complexés!»


De plus en plus branchée

Ce n’est évidemment pas le seul point fort de Buenos Aires, immense mégalopole dont la région métropolitaine dépasse les 13 millions d’habitants. À la fois moderne et traditionnelle, la ville a de multiples atraits. Palermo, le quartier artistique et bohémien qui aligne une multitude d’énormes maisons du début du siècle, transformées en restaurants branchés à la décoration soignée, ou en boutiques de mode dignes des quartiers les plus «hype» de Londres. San Telmo, l’un des plus vieux quartiers, avec ses rues pavées, ses antiquaires et ses bars à tango. La Recoleta, quartier chic dont l’architecture, rappelant le style architectural de la Ville Lumière, vaut à la capitale de l’Argentine le surnom de «Paris d’Amérique latine». Ou encore Puerto Madero, le quartier du port, avec ses bâtiments industriels qui abritent désormais les appartements et les hôtels les plus chers du pays.

Côté gai, la large palette d’option de sorties que propose la capitale argentine n’a rien à envier aux métropoles européennes et nord-américaines. Et il y en a pour tous les goûts : clubs techno et branchés où les gars se déhanchent torse-nu sur la musique house, soirées pop et punk festives où s’éclate la jeunesse porteña, salons de tango gai… et même une boîte perdue en pleine Pampa, rendez-vous des gais ruraux, où une soirée bear réunit plus de 500 personnes chaque semaine. Pour les moins timides, plusieurs «sex clubs» ont vu le jour, sont venus s’ajouter attirant une clientèle jeune qui aime expérimenter.

espace de mixité
Avant de revenir vivre à Buenos Aires, Carlos a vécu aux États-Unis. «J’ai adoré New York. Mais paradoxalement, dans une société aussi ouverte, j’ai trouvé que les gens s’enfermaient dans un ghetto. Dans le milieu gai, tout y est très cloisonné : les gars de cuir ici, les latino là, et ailleurs les filles. Ici, c’est tout le contraire. La nuit gaie est mixte. Il n’y a d’ailleurs pas de quartier spécifiquement gai.» Une mixité qui va parfois plus loin. «La bisexualité est ici plus visible. Et les hétéros sont assez ouverts à de nouvelles expériences», considère Franck... Autre caractéristique de la ville, l’humour des porteños. Au pays de Mafalda, c’est une composante nécessaire à toute relation sociale. «Malgré les difficultés économiques et politiques récurrentes que notre pays connaît, on essaye de garder notre joie de vivre et notre énergie. L’Argentin est souvent cynique, mais jamais blasé!» nous explique Carlos.

Quelques arrêts du Buenos Aires nocturne

Ne manquez pas le rendez-vous des fans de tangos à la Marshall, première milonga gai et lesbienne de Buenos Aires. Tous les mercredis, un public d’aficionados argentins et de touristes novices se retrouvent pour danser au son du bandonéon. Vous verrez évoluer d’excellents couples sur la piste et, qui sait, vousprendrez peut-être votre premier cours de tango. Si vous ne passez pas votre temps à regarder vos pieds ou ceux de votre partenaires, vous pourrez même croiser les regards charmants de gars et filles prêts à pardonner votre style très approximatif. La drague y est douce et légère.

La Marshall. www.lamarshall.com.ar

Si la chasse aux bears vous intéresse...
À 90 minutes de route de Buenos Aires, le village de Suipacha est situé en pleine Pampa est le point de rencontre des «gauchos» (ranchers) gais. La boite, Zona X, est une grange aménagée où se réunit chaque semaine une faune surréaliste: ranchers, ouvriers agricoles, camionneurs de passage, travestis, jeunes agriculteurs mariés… L’ambiance est conviviale et authentique. «Ici, tout peut arriver!» résume Facundo, l’un des propriétaires. Sur la piste de danse, sur le bar, dans la backroom (qui n’a pas désempli de la soirée) et même dans les champs voisins.

Zona X. www.xzonax.com.ar

Pourquoi pas du Pop ?
Deux soirées, un seul concept: de la pop, de la pop et encore de la pop. Lors des soirées Fiesta Plop et Ambar la Fox, on s’éclate sur de la pop commerciale, latino et américaine. Sur scène, des spectacles rétro avec chanteuses ou drags décadentes succèdent aux chorégraphies punk délirantes. Deux soirées qui sentent la liberté et le défoulement. L’entrée et les boissons sont très bon marché, en adéquation avec le budget de la clientèle jeune et très diversifiée Armez-vous de patience, la queue à l’entrée est souvent très, très longue.


Fiesta Plop, El Teatro. Ambar la Fox, The Roxy.