Frances - Salaires

En France, les hommes gais gagneraient moins en moyenne que les hétéros

Logan Cartier
Commentaires
Selon une étude publiée le 21 août dans le quotidien français Libération, les hommes gais gagneraient en moyenne 6,5 % de moins dans le privé que leurs collègues hétérosexuels, à responsabilité et qualification comparables, et 5,5% de moins dans le public. Cet écart ne serait qu'une moyenne : «si l'on considère que tous (les homosexuels) ne sont pas 'visibles' dans l'entreprise, cela veut dire que ceux qui le sont subissent une discrimination plus importante encore», souligne Thierry Laurent, l'un des deux auteurs de l'étude.

Avec son collègue Ferhat Mihoubi, économiste comme lui au centre d'Etudes des politiques économiques de l'université d'Evry, il a basé sa recherche sur la situation de 904 individus représentatifs, appartenant à un couple de même sexe, dont 788 salariés. «Après avoir éliminé tous les biais qui auraient pu fausser les résultats, nous arrivons à un écart de rémunérations que l'on dit 'inexpliqué'», précise-t-il.



À l'inverse des hommes homosexuels, les lesbiennes ne subiraient aucune différence de traitement et bénéficieraient même d'une légère prime (+2%). Les chiffres de cette étude, présentée comme une première en France, «sont confirmés par des études similaires réalisées à l'étranger», précise le quotidien. Le phénomène confirmerai un constat déjà dressé aux États-Unis récemment, tendant à prouver qu'une meilleure acceptation sociale n’est pas automatiquement synonyme d'égalité salariale.

Selon des deux chercheurs qui se sont basés sur douze années d'enquête emploi (de 1996 à 2007) de l'Insee, les homosexuels sont pourtant souvent plus qualifiés que les hétérosexuels (40 % ont fait des études supérieures contre 24%) et occupent souvent un emploi qualifié.

Dans le public, les gais de moins de 35 ans ne subissent aucune discrimination salariale, le recrutement s'opérant le plus souvent sous forme de concours anonyme, mais au-delà de 45 ans, ils connaissent une différence de salaire encore plus importante (-13%) que dans le privé, indique l'étude. «Comme si la révélation progressive de l'homosexualité, volontaire ou non, produisait son effet discriminant«, écrit le journaliste de Libération.

Le code du travail français stipule qu'aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, «notamment en matière de rémunération (...) en raison de son orientation sexuelle», rappelle le quotidien qui qualifie l'homophobie de «venin coriace».