Les CHICAS MALAS

vers une griffe 100% bio et lesbienne!

Julie Vaillancourt
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Lors d’une soirée bien arrosée, cinq amies de longue date discutent, échangent leurs idées et font des projets. Si les bouteilles se vident, les idées ne s’embrouillent pas pour autant : elles grandissent. Deux ans plus tard, ces «vilaines filles» concrétisent leur projet d’entreprise : les Chicas Malas sont nées et imprimées sur T-shirt. Rencontre avec Bianca Durand, responsable des ventes et de la promotion. Arborant fièrement son T-shirt à l’effigie des Chicas Malas, Bianca Durand m’explique d’entrée de jeu le début de cette grande aventure : «Il y a 2 ans, Ana [Serrano] nous a montré les dessins qu’elle faisait et tout de suite nous avons été passionnées. Ses petits personnages sont charmants, naïfs et très expressifs! Ana aurait aimé débuter par la confection de bijoux, mais nous avons finalement décidé d’y aller avec les T-shirts. Au départ, l’idée nous passionnait beaucoup et on en discutait chaque fois que l’on se voyait. On fabulait, jusqu’au jour où on a décidé de se lancer : le 18 juin 2010, nous avons fait notre première commande, proposant 3 modèles de toutes les grandeurs. Le lendemain de notre passage à l’émission de radio Lesbo-sons, il y a même des filles qui sont venues chercher des T-shirts chez nous, alors qu’ils étaient encore dans les boîtes!» Si le début de l’aventure des Chicas Malas est plus que prometteur, se lancer en affaire est une autre paire de manches! Ana Serrano, qui s’occupe de la conception, des dessins et de la promotion, ainsi que Geneviève Arsicaud, qui tient la comptabilité, ont toutes deux suivi une formation de coaching en affaires pour les femmes qui veulent lancer leur propre compagnie et «elles ont passé un bon six mois à monter le projet», souligne Bianca. Le «quintet» se compose aussi d’Andrée Charland à la distribution et de Domini-que Jobin à la conception du site web (Gillian Ropper a collaboré par la suite).

«À travers nos démarches nous avons choisi de travailler avec un sérigraphe artisanal qui utilise des peintures à base d’eau; comme nous sommes toutes sensibles à l’environnement, nous avons choisi cette mé-thode d’impression à l’eau, 100% écologique, m’explique Bianca. CME est le seul sérigraphe à Montréal qui utilise des produits non toxiques. Finalement, le chandail nous coûte cher à produire (alors qu’il se vend 30$ l’unité), mais c’est aussi parce que l’on transporte les valeurs qui l’accompagnent. Et comme on voulait du 100% bio et équitable….» Et Bianca de rajouter : «En plus, ils sont beaux, ils ont une coupe et un style. Ce sont des chandails pour sortir et pas juste pour dormir!»
Les T-shirts proposent des dessins naïfs de filles se tenant la main, esquissant un bisou, etc.…Cette esthétique plus naïve et enfantine, apposée à des personnages dont l’action évoque le lesbianisme, propose un contraste intéressant, voire provocant: «On est consciente que c’est provocant! Et c’est ce que l’on veut être: charmantes et provocantes!» appuie Bianca. Dans la tradition sociale du lesbianisme, le mot «vilaine» est historiquement chargé de sens… et comme le confirme Bianca, le choix de ce mot n’est pas vain : «En fait, la traduction précise de Chicas Malas serait mauvaise ou méchante fille, mais nous on préférait vilaine. Ça fait longtemps, qu’entre nous, on se traite de «vilaines» pour rire, donc c’est un peu un clin d’œil que l’on se fait à nous…»
«On a tout financé cela ensemble, de notre poche, mais c’est un investissement qui nous passionne beaucoup! On découvre aussi tout un monde, le marché, l’industrie biologique, la vente, etc. Comme nous n’avons pas de pouvoir d’achat, on ne peut pas directement faire affaire avec les fournisseurs. Et comme on veut absolument travailler avec un support bio, c’est plus difficile d’avoir les coupes et couleurs que l’on voudrait. Aussi, il faut être patientes, car ça ne va pas aussi vite que l’on voudrait. On veut aussi faire une gamme d’accessoires pour tous les budgets.» D’ici à ce que les Chicas se retrouvent dans les boutiques du Québec, les T-shirts sont exclusivement en vente sur le site web. Et via les réseaux sociaux comme Facebook, les Chicas se font désormais connaître à l’étranger : « L'accueil est vraiment bon jusqu'à maintenant!». Et qui dit Europe, dit plusieurs langues….Et les Chicas sont déjà polyglottes : «C’était important pour nous au départ les trois langues (français, espagnol, anglais), car Ana est espagnole et le reste des filles sont francophones donc pour un départ à Montréal, c’était important. Mais moi, j’aimerais qu’on traduise en Allemand, en Chinois, en Ita-lien et dans toutes les langues. D’ailleurs, on envisage un jour, de les traduire! Car nos personnages ont le charme pour se rendre jusque là, elles sont universelles, nos petites Chicas! Elles sont faites pour désamorcer les jugements, elles changent le regard des gens. Elles sont attachantes et font sourire tout l'monde, on les aime au premier coup d'œil. De cette façon, elles démystifient le lesbianisme. Un commando de vilaines filles défiant les monstrueux préjugés! Et pour celles qui ne sont pas prêtes à dévoiler leur secret, il y aura bientôt les petites culottes Chicas Malas...»


Pour plus d’informations et pour commander en ligne, consulter le site web www.chicasmalas.ca. Pour les gens de la région de Montréal, vous pouvez aussi passer votre commande à [email protected] et la récupérer en personne par la suite. Les Chicas Malas se retrouvent régulièrement au Drugstore le vendredi; consultez leur page Facebook. Les Chicas Malas seront présentes à la Fête arc-en-ciel de Québec le samedi 4 septembre (kiosque rue St-Jean entre Sutherland et Ste-Claire) et le dimanche 5 septembre à la place d'Youville.

 
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Anciens commentaires

  • L'initiative est interessante, mais je doute de la qualité 100% bio de la matiere des t-shirts. D'ailleurs, il n'en ai aucunement fait mention dans cet article. Ce que je trouve pas très honnete. Elle en pense quoi Julie Vaillancourt? Publié le 31/08/2010
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  • L'initiative est interessante, mais je doute de la qualité 100% bio de la matiere des t-shirts. D'ailleurs, il n'en ai aucunement fait mention dans cet article. Ce que je trouve pas très honnete. Elle en pense quoi Julie Vaillancourt? Publié le 31/08/2010