Entrevue avec le réalisation Evgeny Afineesky

Oy Vey! My son is gay! au FFM

Julie Vaillancourt
Commentaires
Présentée en première mondiale au Festival des Films du Monde de Montréal 2009, la comédie romantique Oy Vey! My son is gay! relate l’histoire de la famille Hirsch vivant dans le Long Island. Tous les vendredis soir, Shirley et Martin Hirsch (Lainie Kazan & Saul Rubinek) invitent une jeune femme pour le souper du Sabbat, dans l’espoir que leur fils Nelson (John Lloyd Young) trouve la candidate idéale… jusqu’au jour où Nelson annonce qu’il a rencontré quelqu’un… Angelo! (Jai Rodriguez) Ce sera le début de la négation de l’homosexualité par les familles respectives des deux hommes. Mais à travers diverses situations humoristiques et tribulations (notons l’apparition de la «plantureuse» Carmen Electra), les familles en viendront à accepter l’homosexualité de leurs fils respectifs, voire à lutter pour leurs droits. Oy Vey! My son is gay! est le premier long-métrage de fiction du réalisateur Evgeny Afineevsky. Le jeune réalisateur russe n’a pourtant pas chômé depuis qu’il a reçu le premier prix pour le meilleur documentaire de la Grande République de Russie dans les années 90, alors qu’il n’était qu’un adolescent. Si ce court-métrage l’a propulsé sur le circuit des festivals internationaux, il a depuis roulé sa bosse en dirigeant plusieurs comédies musicales en Israël et produit une myriade de films et d’émissions de télévision. Vivant aujourd’hui à Los Angeles, Evgeny Afineevsky m’a téléphoné pour discuter de Oy Vey! My son is gay!, film qu’il a réalisé, produit et co-écrit.

Il aura fallu 7 ans pour que Oy Vey! My son is gay! se retrouve enfin sur le grand écran. Pourquoi le processus a-t-il été aussi long?

Je crois qu’en général, c’est toujours un long processus pour les films indépendants. Par exemple, ce fut le cas pour Brokeback Mountain. Aux États-Unis, le cinéma est une industrie très commerciale et, en période de crise économique, ce n’est pas toujours évident. Il n’y a pas beaucoup de soutien gouvernemental, excepté les crédits sur la taxe. Alors il faut trouver l’argent, l’équipe, les bonnes personnes, et ça prend du temps, particulièrement pour les films indépendants.

Quelles sont les principales thématiques abordées dans le film?

Oy Vey! My son is gay! est un film à thématique gaie, mais il y a un message dans ce film. Un bon ami à moi, qui est critique de cinéma, a dit que le film traite d’un sujet qui a été maintes fois exploité, mais dans une perspective différente, et c’est ce qui en fait un film intéressant et facile à regarder, un divertissement pour toute la famille. C’est aussi un film sur la famille, qui est présenté du point de vue de la famille, par le biais de la comédie.

À la base, quelle était votre vision du film?

Ma vision du film était de le rendre accessible pour le grand public, tant pour les hétérosexuels que pour les homosexuels. Je crois qu’il est important de rapprocher et de rejoindre à la fois ces deux types de publics, particulièrement ces jours-ci aux États-Unis, avec les combats pour l’égalité des droits homosexuels (et particulièrement le débat entourant la Proposition 8). Pour un film comme Oy Vey! My son is gay!, qui finalement démontre que l’amour c’est l’amour, il est important que le film soit accessible à tous les publics (homos, hétéros, etc.) Lors du grand visionnement du film, présenté aux familles, les enfants de 11-12 ans ont regardé le film avec un grand plaisir et ils ont beaucoup aimé. Je crois que c’est la grande réussite du film, c’est un divertissement pour toute la famille. L’idée n’est pas de tenir un discours militant, mais on arrive à faire réfléchir le spectateur sur ces questions et à livrer ce message d’égalité dans l’esprit des gens, par le biais du langage, de l’humour et de la mise en scène. En présentant le sujet d’un point de vue disons plus «hétérosexuel», cela rend le message plus compréhensible et accessible à l’ensemble de la population.

Y a-t-il une raison particulière pour laquelle vous avez choisi de présenter le film en première mondiale au Festival des Films du Monde de Montréal plutôt qu’ailleurs?

Nous avons voulu privilégier un festival de films qui ne sépare pas les films selon les créneaux «commercial ou artistique», mais qui examine le film dans son ensemble. Le FFM est plus ouvert aux divers types de cinéma, et c’est aussi un des plus grands et des plus vieux festivals de cinéma en Amérique du Nord. Vu la renommée du festival à travers le monde, c’est très prestigieux pour Oy Vey! My son is gay! et cela nous aidera aussi, par la suite, à véhiculer le message du film aux États-Unis (où le sujet est encore très politisé en ce moment). Aussi, le FFM possède un large public et le rêve de tout cinéaste est de présenter son film au grand public.

Est-ce plus difficile de produire un film à thématique gaie ?

Je ne crois pas que ce soit plus difficile de produire un film à thématique gaie, mais ce qui est plus difficile, c’est de le présenter à un large public de tous âges, à un public général,sans restrictions de visionnement. Mon but n’était pas de faire un film qui allait être présenté à un public restreint et spécifique, mais de faire un film unique qui sera vu par un public de tous âges et de toutes générations, même si le sujet présente d’autres visions du monde.

Aurons-nous le plaisir de vous voir à Montréal lors de la première au Festival des films du Monde?

Oui et j’attends le tout avec impatience, car ce sera ma première visite à Montréal, et la direction du festival a été très sympathique.

Oy Vey! My son is gay! sera présenté au Festival des Films du Monde de Montréal, en présence du réalisateur, aux dates suivantes : le 29 août, à 19h, au Cinéma Impérial, et au Quartier Latin, le 30 août, à 14h, le 1er septembre, à 19h, et le 2 septembre, à 14h. Pour plus d’infos : www.oyveymysonisgay.com