Droits humains

L’Onusida veut aborder la question de l'homophobie

André-Constantin Passiour
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Le sida peut constituer une «occasion» formidable pour changer la société, assure le nouveau responsable du dossier sida de l'ONU, le Malien Michel Sidibé, en entrevue avec l’AFP : «Une occasion politique pour provoquer des changements profonds dans la société, pour parler des questions difficiles, comme l'éducation sexuelle, les questions de l'homophobie et en général, des droits humains, comme la place de la femme dans la société.» Selon lui, le sida peut constituer «un point d'entrée pour discuter de ces questions et faire en sorte que les lois changent. Les ressources financières dont dispose la lutte anti-sida doivent produire des résultats pour l'ensemble des autres secteurs et renforcer la capacité des systèmes de santé», notamment en Afrique, continent le plus pauvre du monde. «Je vois l'Onusida comme un agent politique, qui doit demander le changement. Je ne vois pas l'Onusida comme l'Unicef ou l'OMS avec des programmes bien précis. L'Onusida doit être la voix des sans-voix, doit avoir un courage politique», plaide-t-il. L'organisation a ainsi critiqué les récents propos du pape sur le préservatif. «L'accès universel aux soins, aux traitements et à la prévention est ma priorité numéro un», et «l'argent est indispensable: il faut continuer à mobiliser les ressources, faire en sorte qu'on redouble d'efforts pour que le Fonds mondial soit totalement financé. Il n'y a aucun doute pour cela.»