Juin à Toronto

Parures de reine...

André-Constantin Passiour
Commentaires

Si votre séjour dans la capitale ontarienne remonte à 5 ans ou même à 10 ans, il y a fort à parier que vous serez très surpris. Toronto a changé et le changement est pour le mieux. La Ville Reine ne mérite plus sa réputation de ville-dortoir et la vie continue désormais bien après la fermeture des bureaux. Une rafraîchissante pluie de cafés, restaurants, boutiques, théâtres, bars et discothèques s’est abattue sur la Ville Reine au cours de la dernière décennie, et les Torontois et Torontoises sont les premiers à vouloir en profiter… jusqu’au last call. Il y a même, comme à Montréal, pour les oiseaux de nuit qui ne veulent pas rentrer au nid avant l’aurore, des afterhours, comme le Fly, un bar gai branché qui ne ferme qu’à 7h du matin, les week-ends.

Mais le «nouveau Toronto» doit son origine à une donnée démographique exceptionnelle : la ville compte maintenant plus d’immigrants que de gens qui y sont nés. Européens de l’Est et de l’Ouest, Africains, Sud-Américains et de nombreux Asiatiques : plus de 80 groupes ethniques se sont constitué des quartiers ou des secteurs. Des quartiers entiers ont les couleurs et les odeurs de lointaines contrées. Et la communauté gaie ne fait pas exception.
Sur Church Street, à proximité de Wellesley, l’activité commerciale — à l’instar de la rue Sainte-Catherine à Montréal — s’est développée à un rythme effarant. Les rues avoisinantes, résidentielles pour la plupart, sont un mélange d’élégantes town houses restaurées, de tours à appartements rénovées ou en voie de rénovation et de condos luxueux. Le centre communautaire (le «519») profite du soutien de la ville de Toronto et du milieu des affaires. Il occupe un édifice très bien situé sur Church et est entouré d’un très beau parc où l’on a aménagé le mémorial dédié aux personnes décédées des suites du sida : une oasis de calme, bien que très fréquenté à toutes les heures du jour et de la nuit. De chaque côté du 519, quelques bars avec pistes de danse, mais surtout des bars-rencontres, quelques saunas, plusieurs boutiques spécialisées (dont Priape) et un grand nombre de restaurants, dont le Wilde Oscar et le Zelda à l’incomparable décor kitsch, où Zelda elle-même et ses drag vous servent avec humour.

Toronto Gay Pride
En 2007, encore près d’un million de personnes s’étaient ras­semblées lors des événements de cette Semaine de la Fierté. On assistera donc, du 20 au 29 juin, à la 28e édition de cet événement qui est devenu l’un des plus gros en Amérique du Nord. Le 22 juin, la reine de la comédie satirique, Sandra Bernhard, offrira un spectacle à la fois drôle et cinglant, dès 20h, au Massey Hall (60, rue Simcoe, pour billets : www.masseyhall.com). Si les festivités sont lancées officiellement le 23 juin, avec la cérémonie du drapeau à l’Hôtel de ville, et le 24 juin, lors du gala de la remise des prix de la Fierté, on sentira véritablement la fête avec les spectacles de divers artistes, du vendredi au dimanche soir. La rue Church, au coin de Wellesley Est, se transformera en foire marchande et communautaire, les samedi et dimanche, et accueillera des milliers de visiteurs. Le samedi 28 juin, comme de tradition, des centaines de lesbiennes se rencontreront lors de la Dyke March. Encore cette année, le défilé de la fierté, le dimanche, réunira plusieurs centaines de milliers de personnes alors que la «super mannequin» Enza Anderson et les gens du rallye cycliste Friends for Life ouvriront la parade, tandis que Gareth Henry sera le Grand Marshall international. Beaucoup de plaisir en perspective cette journée-là, alors que jeunes et moins jeunes, hommes, femmes et familles s’amu­se­ront ferme et que des di­zaines de chars et de grou­pes défileront sous les acclamations de la foule. Un événement sans doute encore très coloré et spectaculaire.

www.pridetoronto.com


Le party Prism
Pour une 5e année d’affilée, ce grand événement de partys qu’est le Prism Toronto revient du 26 au 29 juin, pour accompagner ainsi la fierté. Le groupe Embrace (producteur du Queer As Folk Babylon Tour, entre autres) qui avait la responsabi-lité du Prism l’an dernier, poursuit en 2008 en tant que seul organisateur. Le 26 juin, on effectuera le lancement de ce week-end au Fly, avec le DJ Ed Bailey (DC) lors du party Madonnarama. Le lendemain, le party militaire Boot Camp, avec les DJs Hector Fonseca (NYC) et Alyson Calagna (Miami), sera au Kool Haus, alors que Lena Love donnera un spectacle. Samedi, on sent que la chaleur monte pour le party Aqua, au Sunnyside Pavilion, avec le DJ montréalais de réputation internationale Stéphan Grondin et Mark Falco, Doman et Pettigrew. Mais, bien entendu, l’événement majeur sera le Babylon Pride, le même soir, avec les DJs de renommée internationale Tony Moran (NYC) et Ana Paula (Brésil). On assistera aussi aux performances de Sofonda Cox, LA drag queen par excellence de Toronto, ainsi que du duo RKM de Miami, de Geoff Kallaway et Jamal. Ce sera au Sound Academy. Cette série se termine par le Revival (au Guvernment), dimanche, avec une pléiade de DJs : Peter Rauhofer (NYC), Cajjmere Wray, Sydney Blu, Shawn Riker, Deko-Ze et Sumation.

www.prismtoronto.com