Campagne annuelle de financement GRIS-Montréal

Disons-le encore : «L’homophobie, pas dans ma cour!»

Sébastien Thibert
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Les comédiens Mireille Deyglun et Gilles Renaud unissent à nouveau leurs voix cet automne pour appuyer la campagne annuelle de financement GRIS-Montréal. Cet appel à la générosité a aussi été l’occasion pour l’orga­nisme de publier une nouvelle recherche exclusive menée en 2006-2007 auprès de plus de 1000 élèves québécois pour évaluer la présence d’homophobie à l’école et les façons dont elle se manifeste. Ainsi, parmi les élèves interrogés, 80% ont entendu des insultes homophobes durant l’année scolaire alors que 31% disent en avoir été victimes. Après les insultes viennent souvent les menaces, les humiliations et la violence physique, comme l’ont décrit plusieurs jeunes (voir encadré). Bien qu’une grande partie de ces
jeunes trouvent ces gestes répréhensibles, peu d’entre eux osent dénoncer ce qu’ils voient et la très grande majorité des victimes gardent le silence. Une situation qui contribue à banaliser l’homophobie et qui favorise autant sa présence que son enracinement dans le milieu scolaire.

Intervenir à l’école pour éliminer l’ignorance et les préjugés
Fondé en 1994, le GRIS-Montréal est un organisme sans but lucratif dont l’action principale consiste à démystifier l’homosexualité en milieu scolaire. Ses interventions se font majoritairement auprès des jeunes de niveau secondaire et collégial et sont données sous forme de témoignages. Quelque 125 intervenants-bénévoles vont en classe pour parler de ce qu’ils ont vécu et de ce qu’ils vivent encore aujourd’hui comme gais ou lesbiennes. Grâce aux dons recueillis l’an dernier, les bénévoles du GRIS-Montréal ont rencontré au-delà de 20 000 élèves en 2006-2007 dans plus de 900 classes. Le GRIS-Montréal est aujourd’hui le plus important organisme québécois à visiter les écoles pour parler d’homosexualité. Sa mission est de favoriser une meilleure connaissance des réalités homosexuelles et de faciliter l’intégration des gais et lesbiennes dans la société. En outre, le GRIS-Montréal effectue des travaux de recherche sur l’homophobie en milieu scolaire, évalue la portée de ses interventions et oriente les personnes qui en manifestent le besoin vers d’autres ressources pertinentes de la communauté gaie et lesbienne.

Objectif de 50 000 $
Afin de poursuivre sa mission et de répondre à la demande toujours croissante des écoles, le GRIS-Montréal tient à nouveau cet automne sa campagne annuelle de financement. « Disons-le encore : L’homophobie, pas dans ma cour! » est une invitation à dénoncer l’intolérance et un encouragement collectif envers une plus grande ouverture et acceptation de l’homosexualité. « Nous faisons particulièrement appel au soutien et à la générosité des gais et lesbiennes, car c’est en nous aidant que l’on pourra continuer à les aider. Le but du GRIS-Montréal est très simple : voir un monde ouvert, sans homophobie ni préjugés face à l’homosexualité », déclare Robert Pilon, président du GRIS-Montréal. Appuyé par une douzaine d’hommes et de femmes œuvrant dans différents milieux, le cabinet de campagne du GRIS-Montréal est présidé par David Platts, avocat associé chez McCarthy Tétrault, et regroupe Sylvain Bellavance, directeur des affaires juridiques à la Fédération des médecins spécialistes du Québec; Martin Bernard, avocat associé chez Fraser Milner Casgrain; l’écrivain Michel Marc Bouchard; le docteur Pierre Côté, cofondateur de la Clinique du Quartier latin; Isabelle Hudon, présidente et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain; Seth Kursman, vice-président aux communications et affaires gouvernementales chez Abitibi Consolidated; Normand Laprise, chef et copropriétaire du restaurant Toqué!; Yves Lévesque, président de Dansereau traiteur; Robert Pilon, président du GRIS-Montréal; Louis-Philippe Rochon, directeur série dramatiques et producteur chez Novem; la gestionnaire Anie Rouleau; et Paul Trottier, commissaire et vice-président de la Commission scolaire de Montréal.

Témoignages

« Un de mes amis a avoué devant toute l’école qu’il était gai et il s’est fait rire de lui tout le reste de l’année, il s’est aussi [fait] battre et tasser. » - Garçon, 12 ans

« Tout le monde bousculait la personne, d’autres poussaient des cris du genre « ta gueule le fif » et « t’es juste un fif » et moi, je restais à l’écart. Je sais que j’aurais dû intervenir, mais sinon ils auraient pensé que je serais gai moi aussi… ». - Garçon, 14 ans

« Dans l’école, il y a un gai et l’année passée, il se faisait lancer de la nourriture sur lui et il se faisait battre. » - Fille, 14 ans

« J’ai une de mes amies qui est attirée par les filles. Elle l’a dit à une personne et tout le monde l’a su. Les gens croyaient qu’elle n’était pas normale ou bien c’était un problème mental!!! » - Fille, 15 ans

« J’ai déjà vu un garçon qui se faisait toujours écœurer parce qu’il était gai. Il se faisait dire des mots comme esti d’fif… etc… Pis j’avais le goût d’aller l’aider, mais je ne pouvais pas parce qu’il y avait une grosse gang qui le niaisait et j’étais toute seule. » - Fille, 15 ans

« Dans une chambre de hockey, un joueur s’est fait sortir de l’équipe à cause qu’il était gai. » - Garçon, 17 ans

Les personnes qui désirent soutenir la mission de l’organisme peuvent faire parvenir leur don au bureau du GRIS-Montréal ou en se rendant au www.gris.ca.