Toronto - Ontario

Toronto : La rivale à (re)découvrir

Yves Lafontaine
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Au premier regard, Toronto est toujours Toronto, la métropole du Canada au profil nettement américain où trône la fameuse tour du CN, toujours le plus haut édifice au monde, solidement planté aux abords du lac Ontario. Les pittoresques street-cars électriques sillonnent encore les rues comme à San Francisco. Mais si votre séjour dans la capitale ontarienne remonte à 5 ans ou même à 10 ans, il y a fort à parier que vous serez très surpris. Toronto a changé et le changement est pour le mieux.

Toronto ne mérite plus sa réputation de ville-dortoir et la vie continue désormais bien après la fermeture des bureaux. Une rafraîchissante pluie de cafés, restaurants, boutiques, théâtres, bars et discothèques s’est abattue sur la Ville Reine au cours de la dernière décennie, et les Torontois et Torontoises sont les premiers à vouloir en profiter… jusqu’au last call. Il y a même, comme à Montréal, pour les oiseaux de nuit qui ne veulent pas rentrer au nid avant l’aurore, des afterhours, comme le Fly, un bar gai branché qui ne ferme qu’à 7h du matin, les week-ends.

Mais, le «nouveau Toronto» doit son origine à une donnée démographique exceptionnelle : la ville compte maintenant plus d’immigrants que de gens qui y sont nés. Européens de l’Est et de l’Ouest, Africains, Sud-Américains et de nombreux Asiatiques : plus de 80 groupes ethniques se sont constitués des quartiers ou des secteurs. Des quartiers entiers ont les couleurs et les odeurs de lointaines contrées. Et la communauté gaie ne fait pas exception.

Le quartier gai
Les établissements gais sont principalement situés sur Church Street, à proximité de Wellesley, où l’activité commerciale — à l’instar de la rue Sainte-Catherine à Montréal — s’est développée à un rythme effarant. Les rues avoisinantes, résidentielles pour la plupart, sont un mélange d’élégantes town houses restaurées, de tours à appartements en voie de rénovation et de condos luxueux récemment construits. Le centre communautaire (le "519") profite du soutien de la ville de Toronto et du milieu des affaires. Il occupe un édifice très bien situé sur Church et est entouré d’un très beau parc où l’on a aménagé le mémorial dédié aux personnes décédées des suites du sida : un oasis de calme, bien que très fréquenté à toutes les heures du jour et de la nuit. De chaque côté du 519, quelques bars avec pistes de danse, mais surtout des bars-rencontres, quelques saunas, plusieurs boutiques spécialisées (dont Priape) et un grand nombre de restaurants, dont le Wilde Oscar et le Zelda à l’incomparable décor kitsch, où Zelda elle-même et ses drag vous servent avec humour.


Encore cette année, du 15 au 24 juin, la Semaine de la fierté gaie attirera des centaines de milliers de LGBT dans les rues du centre-ville. Pour une 4e saison, PRISM revient avec d’autres partys qui accompagneront les célébrations de la fierté. Cette année, PRISM accueillera le Arctic Babylon Tour et ses performeurs des plus sexy. Enfin, FFN 5, en juillet, comblera les amateurs de fétichisme et de plaisirs…


La semaine de la fierté gaie / Toronto Gay Pride
C'est sous le thème «Unstoppable!» (Pas arrêtable) que se déroulera cette 27e édition de la fierté LGBT dans la Ville Reine. Marchands, artisans, groupes communautaires, animation, terrasses et plusieurs scènes avec des chanteurs, danseurs, des groupes musicaux et des DJs, entre autres, occuperont les journées et les soirées des visiteurs qui se rendront au Pride Toronto.

Si, le 15 juin, un cocktail de lancement réunira, à Woody's, politiciens locaux, représentants d'or­ga­­nismes, drag queens, etc., le 18 juin sera le lancement protocolaire alors que le maire David Miller hissera le drapeau arc-en-ciel à l'Hôtel de ville. Cette année, pas moins de 650 artistes et artisans participeront à ce festival. On aura droit aussi au spectacle True Colors, avec Cyndi Lauper et Deb­bie Harry, entre autres, un événement bénéfice pour le comité organisateur et qui ne laissera personne indifférent, puisque le spectacle prône l'égalité et l'arrêt de la discrimination à l'égard des LGBT. Cela se passera au Molson Amphitheater (www.hob.ca ou www.ticketmaster. ca). Autre activité qui prend de plus en plus d'ampleur, le Gala annuel (le 20 juin) et la remise des prix à des gens qui se sont distingués pour la communauté ou les droits. L'an dernier, le médaillé olympique Mark Tewksbury s'était vu ainsi honoré. Bien entendu, le clou de ces festivités est le défilé qui s'ébranle vers 14h, au coin de Bloor et Church, le dimanche, et qui met en scène groupes communautaires et chars allégoriques, le tout dans une ambiance des plus festives qui attire plus de 700 000 spectateurs ! La veille, la Dyke March aura rassemblé quelques milliers de lesbiennes.
Pride Toronto www.pridetoronto.com


Prism Toronto
Parallèlement à la Semaine de la fierté, Prism Toronto, du 21 au 24 juin, est une série de partys avec des DJs locaux et internationaux qui se relaient aux tables tournantes pour faire danser une foule composée de jeunes, mais pas uniquement... Vendredi soir, le Boot Camp attirera avec la prestation d’une porn star et la musique des DJs Abel et Hector Fonseca. Le lendemain après-midi, il ne faut pas rater l’Aqua Party, avec DJ Roland Belmares (L.A.), au Docks, où l’on amène son maillot et son pistolet à eau pour bien du plaisir. Le soir même, le Arctic Babylon Tour nous transpose dans le froid avec de la neige et de la glace, les DJs Tony Moran et Manny Lehman y officieront. C'est au Kool Haus. Prism se terminera dimanche par le Revival Party mettant en vedette Peter Rauhofer et un spectacle de Sofonda Cox, l’équivalent torontois de Mado, ça se passe au Guvernment.
PriSM Toronto www.prismtoronto.com


FFN5
Un mois plus tard, du 20 au 22 juillet, le FFN offrira aux amateurs de fétichisme l'occasion de s'amuser, en public... En 2007, ce sera déjà la 5e édition du FFN, un festival cuir et fétichiste qui offre artisans, artistes, performances, démonstrations, DJs, bière et bouffe et, bien entendu, plus de 15 000 hommes tous plus sexy les uns que les autres, et ce, dans l'ambiance détendue des jardins publics Allan Gardens. Cela se déroule le dimanche 22 juillet, dès midi, alors que plus de 75 kiosques exhiberont au public toutes sortes de produits et services. La veille, le party Agitator, au Opera House, mettra déjà la table pour ce qui se passera le lendemain.
Bref, voici trois rendez-vous à ne pas manquer pour faire connaissance avec Toronto, une ville décidément très «rose» !
FFN5 www.ffnto.com.

Hébergement

Comme toutes les grandes villes, Toronto offre un éventail très complet du côté des hôtels. De l’hôtel bon marché à l’hôtel de très grand luxe, comme le Delta Chelsea ou le Metropolitan; vous n’aurez que l’embarras du choix.

Plusieurs leur préfèrent les bed & breakfast qui permettent un contact plus personnalisé et offrent la possibilité d’habiter dans des résidences typiques de la ville.

À mi-chemin entre l’auberge et le bed & breakfast traditionnel, le Ten Cawthra Square (10 Cawthra Square) est située sur une petite rue tranquille, à une centaine de pas de l’animation de la rue Church et à distance de marche des musées, de Yorkville et des salles de spectacles. Une seconde résidence historique de style édouardien, situé sur Jarvis (512 Jarvis Street), à moins de 100 m de la première, conjugue charme et confort. Au total, 16 chambres spacieuses dotées de téléviseurs et téléphones. Info et réservations : 1 800 259-5474 ou le (416) 966-3074 ou sur le net à www.cawthra.com ([email protected]).

La Maison McGill (110 McGill St.) est aussi un choix judicieux pour qui désire résider en plein cœur du village gai. Info et réservations : 1 877 580-5015 ou sur le net à www.interlog.com/~mcgillbb.