La route verte du Québec

Le rêve achevé de Vélo-Québec

Denis-Daniel Boullé
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Alors que l’on se plaint continuellement du manque de pistes cyclables à l’intérieur de la métropole, une nouvelle ravira ceux qui s’adonnent au cylo-tourisme, ou plutôt à l’éco-cyclo-tourisme au Québec. À partir de juin, et ce, jusqu’en août, sera inauguré le plus long itinéraire cyclable en Amérique du Nord, 4300 kilomètres traversant 16 régions et 320 municipalités. Des événements, des randonnées, des fêtes populaires, mais aussi des colloques vont ponctuer ces deux mois et demi d’inauguration pour vanter les charmes et les plaisirs de ce vaste réseau pour les cyclistes. La Route verte s'inspire aussi des grands sentiers de marche de l'Amérique, la célèbre Appalachian Trail, qui va du Maine à la Georgie ou son pendant du Pacifique, le Pacific Crest Trail, de la frontière de la Colombie-Britannique jusqu'au Mexique. On parcourt la Route verte d'un seul trait ou par sections. On la roule près de chez soi ou l'on y retourne quelques fois par année. Elle peut offrir un défi personnel, le défi de son existence, que l'on relève seul, en famille, avec des amis. Des groupes organisés la parcourrent chaque année, des agences de voyage en feront une promotion internationalement. Sur le plan de la santé et de l'environnement, la Route verte apporte une plus-value incontestable.
Imaginez : partir de Témiscamingue et finir votre randonnée en Gaspésie, à moins que vous ne préféreriez partir du Nord et descendre de l’Abitibi en passant par le Lac St-Jean, jusqu’au centre de l’Estrie en n’empruntant que des sentiers spécialement aménagés pour votre confort et votre sécurité, en sachant que tout au long de ce périple vous trouverez des hébergements et des campings, certifiés Bienvenue cyclistes!, pour vous accueillir si vous décidez de partir plusieurs jours et de dormir en chemin.
Un projet fou qui a commencé en 1995 et qui a dû mobiliser bien évidemment le gouvernement à travers le Ministère des transports, mais qui n’aurait jamais pu aboutir sans l’enga­gement des municipalités, des acteurs régionaux comme Vélo-Québec, à l’origine du projet.
Bien évidemment, avant de construire de nouvelles pistes, les créateurs ont cherché à utiliser les réseaux déjà construits mais aujourd’hui désaffectés comme d’anciennes voies ferrées, chemins de halage, ou encore ceux utilisés par Hydro-Québec. Certains conserveront aussi leur fonction d’origine l’hiver, comme les sentiers pour le ski ou la motoneige, ou seront mixtes, comme les portions de pistes qui se retrouveront en parallèle avec les sentiers piétonniers ou encore sur des routes à très faible circulation.
D’ailleurs, Vélo-Québec reste ouvert à toutes propositions puisqu’on tenterait de combler quelques segments manquants. Donc, avis aux intéressés. Mais autour de ce projet, et durant tout l’été, de nombreux événements permettront aux amoureux de la bicyclette de se retrouver, de se rassembler, de fêter ensemble, et puis, surtout, de pédaler… histoire de vérifier la qualité de cette grande entreprise. D’ailleurs, un groupe d’experts du développement de ce que l’on appelle aujourd’hui les véloroutes fera la première évaluation de cette réalisation. Un projet récréatif mais aussi extrêmement sérieux pour offrir le maximum de sécurité aux cyclistes et dans le respect de l’environnement.
Pour plus d’informations : www.routeverte.com ou www.velo.qc.ca