Du port d’Amsterdam à la prison de Londres

Éric Bergeron
Commentaires

Je me souvenais des derniers jeux de Sydney en 2002 et de la déprime qui nous avait envahis, moi et mes amis, après notre retour à Montréal. Je m’étais donc promis de ne pas me faire prendre après les Outgames et de me changer les idées d’une manière ou d’une autre. Alors, quoi de mieux qu’un petit voyage de quelques jours pour se remettre des fortes émotions vécues et retomber doucement dans la vraie vie.

L’occasion se présentant, je décide donc d’aller passer quelques jours à Amsterdam chez des amis… que je ne verrai jamais! Malchance ou hasard, il n’en demeure pas moins que je me trouvais en transit à l’aéroport de Heathrow, à Londres, à 7 heures le matin du 10 août, en pleine alerte rouge déclenchée par le démantèlement d’un complot visant à faire exploser des bombes dans les avions reliant cette ville à des destinations américaines!

Dès mon arrivée, je pouvais constater que quelque chose ne tournait pas rond. Il y avait des policiers partout et il était impossible aux passagers en transit de prendre les corridors. Heathrow étant une plaque tournante européenne d’importance, vous pouvez imaginer facilement la scène à la douane. Des milliers de personnes qui attendent, ne sachant trop ce qui se passe, dans une pièce trop petite et certainement pas organisée pour accueillir un tel débordement.

L’attente commence donc ici. Les serpentins n’en finissent plus, mais finalement, j’obtiens le tampon d’entrée en Grande-Bretagne. Je me dirige donc vers le terminal 4 pour mon vol qui devait me conduire aux Pays-Bas. Quelle horreur! Le terminal est plein à craquer, rien ne bouge et le personnel au sol, si bien intentionné soit-il, donne des réponses à mes questions qui varient d’une personne à l’autre. Je ne verrai pas Amsterdam le 10 août comme prévu. Je le saurai après huit heures d’attente, une dizaine d’appels téléphoniques à la compagnie aérienne et lorsque après avoir retardé mon vol à quatre reprises, cette compagnie décidera de l’annuler. Après être retourné à ce même terminal deux jours plus tard, constatant la désolation qui y règne toujours, la présence de policiers armés, la foule massée à l’extérieur sous la pluie et le vent, je devrai me résigner à oublier mon escapade à Amsterdam et à profiter de mon séjour à Londres. Mais, mieux vaut être pris à Londres, Angleterre, qu’à London, Ontario!

Il ne me restait plus beaucoup de temps pour découvrir les charmes cachés de la capitale britannique si proche de notre histoire. Le circuit touristique traditionnel me semblait donc une bonne façon de me remémorer quelques fresques de mon histoire et de maximiser mon séjour.

En traversant le pont de Londres, qui relie les deux berges de la Tamise mais qui n’a rien à voir avec le «Towerbrige», on peut admirer les deux rives de Londres avec ses merveilles architecturales et historiques. En marchant doucement dans les rues animées et en s’arrêtant pour contempler et sentir les empreintes locales, un doux frisson peut facilement s’emparer de nous. En fermant les yeux quelques instants, on peut presque entendre les cris des reines et rois assassinés ou gardés prisonniers dans la tour blanche. Malgré les guerres, les feux et l’œuvre du temps, Londres a réussi à conserver une partie importante de son patrimoine.

Pas très loin de là, à l’extérieur du territoire que l’on nomme la cité de Londres, se trouvent les terres et biens de sa Majesté et, il ne faut pas l’oublier, du chef de l’Église anglicane. Le palais de Buckingham avec ses jardins, l’abbaye de Westminster, la cathédrale Saint-Paul et le parlement de Grande-Bretagne avec son Big Ben sont tous des endroits qui valent le détour.

Mais la vie à Londres, c’est beaucoup plus que des monuments à voir et à visiter. Riches d’une culture vieille de plusieurs siècles, plusieurs théâtres que l’on retrouve près de Piccadilly Circus et de Trafalgar Square, présentent des comédies musicales souvent de façon permanente. Ainsi, si le temps me l’avait permis, j’aurais pu voir ou revoir Les Misérables, Evita, Billy Elliot, Mamma Mia, Chicago ou Cabaret, pour n’en nommer que quelques-unes.

Même si en théorie mon évasion de quelques jours avait pour but de me reposer, je me devais d’aller visiter quelques bars et clubs pour me faire une meilleure idée de la vie gaie anglaise. J’ai d’ailleurs noté quelques caractéristiques intéressantes propres à cette ville. Une grande partie des bars, pubs et restaurants gais se regroupent dans un secteur que l’on nomme So-Ho. Entre deux averses, on peut facilement aller de l’un à l’autre. Avant d’entrer dans ces établissements, il faudra cependant vous prêter à une fouille minutieuse et à une inspection de vos sacs. Quelques gardiens de sécurité que j’ai interrogés à ce sujet justifient leur boulot en prévenant des attentats terroristes potentiels, mais surtout, en prévenant des coups armés ou des batailles dues aux habitudes de consommation d’alcool des Anglais.

Les bars ouvrent et ferment également à des heures différentes. Vos sorties doivent donc prévoir quelques déplacements. La majorité des boîtes de So-Ho ferment aux alentours de 23 h. Si les autres possibilités ne vous satisfont pas, il faut vous rendre dans un secteur nommé Vauxhaull pour retrouver des discothèques ouvertes jusqu’à 3 h du matin et des after-hours à l’ambiance chaude et déchaînée. Il faut souligner que les transports en commun de Londres sont tellement bien organisés et performants que tous les déplacements deviennent faciles. On ne peut d’ailleurs pas aller à Londres sans utiliser au moins une fois le métro local, gentiment baptisé « The tube » en l’honneur de ses étroits tunnels à sens unique. La nuit, le réseau d’autobus rouges à deux étages peut vous conduire facilement vers tous les points cardinaux de la ville en moins de deux.

J’espère sincèrement pouvoir retourner à Londres avant un autre 15 ans et avant les Olympiques de 2012. J’ai l’impression de n’avoir qu’effleuré les nombreuses possibilités de cette ville. Mais ce sera pour une autre fois…