Du 19 juillet au 6 août 2006 - Histoire de nos vies à l’Écomusée du fier monde.

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On oublie encore que les gais et les lesbiennes avaient une vie sociale et culturelle, bien que souterraine, avant les années soixante-dix. Les bars, les clubs, les partys privés et autres lieux de rencontre existaient au Québec. Pour en témoigner, les Archives gaies du Québec présentent de nouveau l’exposition Histoire de nos vies, qui témoigne de la vie des gais et des lesbiennes du XVIIe siècle à aujourd’hui, bonifiée de quelques nouveaux tableaux dévoilant les plus récentes découvertes faites dans les journaux de l’époque. Histoire de nos vies avait été présentée pour la première fois en 1992, dans le cadre des événements culturels entourant l’anniversaire du 350e anniversaire de la fondation de Montréal. L’exposition a été remise en forme grâce à l’informatique, les encadrements nouveaux lui redonnent une seconde jeunesse, et la voilà prête pour une nouvelle présentation, cette fois à l’occasion des Outgames et toujours à l’Écomusée du fier monde. Pour le président des Archives gaies du Québec, Louis Godbout, l’exposition est toujours d’actualité. «C’est un devoir de mémoire. Il y a des pans de notre culture que nous n’avons pas encore retrouvés. En s’en donnant la peine, on peut découvrir de petits trésors.» À ce titre, Histoire de nos vies s’enrichit, entre autres, d’un nouveau tableau qui retrace un scandale auquel ont fait écho les quotidiens montréalais en...1908. « Un médecin a été arrêté parce qu’il organisait chez lui des rencontres d’homosexuels, et ceux-ci pouvaient avoir du sexe. Un policier venu de Québec avait infiltré le groupe. Le médecin a été condamné pour trois actes de grossières indécences à 15 ans de prison et un jeune prostitué à trois ans de travaux forcés dans une école de réforme», pouvait-on lire dans l’un d’eux. Comme cela se faisait dans les petites sociétés homosexuelles de l’époque, un journal rapporte que les hommes se parlaient au féminin. Au-delà de l’anecdote, l’exposition est une illustration politique, sociale, culturelle et, bien entendu, historique de la manifestation du fait gai et surtout de la perception du phénomène par la société montréalaise au cours des siècles. Dans un passé plus récent, les descentes policières dans les bars et les saunas entre 1970 et 1980 terminent ce voyage historique. Pour Louis Godbout, nous sommes tous des héritiers de cette mémoire collective et nous devons en prendre soin, non seulement pour des considérations historiques, mais aussi parce qu’en sachant d’où nous venons, nous pourrons mieux construire notre avenir.

Histoire de nos vies du 19 juillet au 6 août 2006, à l’Écomusée du fier monde. T. 514-528-8444 www.ecomusee.qc.ca
www.agq.gc.ca