Daniel Pellerin, président de Bétonel

L’exemple, une force de persuasion

Michel Joanny-Furtin
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Président du conseil d’administration de Bétonel, Daniel Pellerin a 46 ans. Seul fils d’une famille de trois enfants, il est également le seul qui ait suivi les traces paternelles : «Mon père a ouvert ce commerce en 1959. J’y suis entré en 1975 et j’ai pris la direction de l’entreprise en 1976». Rencontre. Passionné de gestion et de marketing, Daniel aura réussi la transformation de cette manufacture en un réseau maître de sa production et de ses ventes: «Nous avons toujours fait de la peinture et, à part quelques franchises, nous n’avons que des magasins corporatifs Bétonel, c’est-à-dire que nous vendons notre production dans nos propres magasins : 44 enseignes partout au Québec, d’Ottawa à Chicoutimi. Bétonel emploie ainsi plus de 200 personnes!»
Du fait qu’il est l’unique garçon, Daniel Pellerin dit n’avoir jamais ressenti le besoin de faire un coming-out : «La transition s’est faite en douceur, avec le temps, tranquillement. Ils ont eu le temps de s’habituer. J’étais depuis deux ans avec le même garçon quand j’ai commencé à en parler. Ça n’a pas eu l’air de surprendre quelqu’un!»
On pourrait croire qu’être gai et patron est un double défi. Or, selon Daniel Pellerin, «tout est question d’attitude personnelle. En tant que gai, je n’ai jamais eu de problèmes avec les professionnels et le personnel de l’entreprise. Si on se sent bien dans sa peau, ça se traduit bien dans vos relations, qu’elles soient familiales, individuelles ou professionnelles.
De toute façon, la fonction de patron oblige à des devoirs comme le respect de l’heure ou l’écoute pour mériter le respect de ses employés. Peu importe alors votre orientation sexuelle qui reste de l’ordre du privé. Jamais les conflits, et toute entreprise en connaît, n’ont dégénéré en attaques personnelles ou privées.»
«Mais je ne suis pas arrivé dans l’entreprise avec le statut du «fils du boss», car j’ai commencé au bas de l’échelle et j’ai travaillé dans tous les départements de Bétonel. Mon bac en gestion aux HEC, je l’ai obtenu grâce à des cours du soir et pendant les fins de semaine. Et puis, j’ai acheté l’entreprise à mon père afin de conserver une certaine équité envers les autres membres de la famille. Une telle démarche vous donne, par ailleurs, une éthique auprès du personnel...»
S’il n’est plus propriétaire de l’entreprise, Daniel Pellerin reste néanmoins président du conseil d’administration de Bétonel et veille désormais aux destinées de Mills Paint à Vancouver, acheté par Bétonel en octobre 2005.
Homme d’affaires très présent auprès de la communauté gaie, Daniel Pellerin cumule plusieurs postes décisionnels : président des CA de la Chambre de commerce gaie du Québec (CCGQ), de Tangente (danse contemporaine) et d’Éco-Peinture (récupération des résidus de peinture). Daniel Pellerin est également membre du CA de la Chaire des éco-conseillers auprès de l’UQAC à Saguenay. Et il était jusqu'à tout récemment président de la Fondation de l’hôpital Louis-H. Lafontaine : «On est venu me chercher, et j’ai accepté parce que je voulais remettre un peu de ce que la vie m’a offert...