Montréal - 26 au 29 janvier - Danse

La danse urbaine au féminin

Denis-Daniel Boullé
Commentaires
Ceux qui croient que les danses issues des quartiers chauds de certaines villes sont réservées aux hommes seront véritablement surpris. Quant aux femmes, elles constateront que l’univers de la danse n’a pas de champ réservé en fonction du sexe. Solid State en est l’illustration parfaite. Dix femmes, d’origines diverses, mais avec une formation commune en danse se sont réunies, dès 1998, pour s’initier à cette forme d’art. Et quoi de plus naturel alors de former une troupe et de monter des spectacles. Il ne faut pas oublier que, dans le nom de la compagnie, le mot Collective n’est pas une concession à la mode mais qu’il témoigne réellement de la recherche menée par ces femmes pour laisser place à la démarche artistique de chacune et pour dégager enfin une esthétique commune au groupe dans laquelle chacune d’elles se retrouverait. Le breakdance a fait sa réputation autour des exploits physiques des danseurs et de sa forme outrancière, sortant des sentiers battus de la danse classique ou contemporaine. Il est intrinsèquement lié à différents genres musicaux urbains qui lui confèrent l’énergie et le souffle nécessaires. Les B.girls, à l’image de B.Boys pour les gars, ont fait appel à la DJ Mini, bien connue de la scène électronique de Montréal, pour envelopper, par ses choix musicaux, les danseuses de Solid State sous les éclairages de Yan Lee Chan, le seul gars de cette production. Le breakdance, né dans la rue au milieu de bandes de jeunes désoeuvrés, et pour lequel chacun rivalisait en audace et en exploit physique pour être le meilleur, devient avec ces femmes une métaphore de l’univers urbain, de sa géographie, de son espace contrôlé et de ceux et celles qui y vivent. Le Breakdance ne rejoint plus alors seulement les adolescents, mais tout le monde.

Solid State Breakdance Collective, Tangente., 26, 27 janvier 2006
à 20h30, 28 janvier au 2006 à 14h30 et 20h30, 29 janvier 2006
à 16h. Billetterie (514) 525-1500.