La Grèce - Les Cyclades

Les Cyclades : Le tour des îles

Éric Bergeron
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Nul ne peut aller en Grèce sans en visiter les joyaux c’est-à-dire ces magnifiques îles désignées sous le nom de Cyclades. Mais, en allant au lit ce soir-là, je ne pouvais prédire si je me rendrais à ma destination le lendemain. Ces îles ont ceci de particulier que de par leur petite taille au milieu de la mer Égée, les vents y soufflent souvent très fort empêchant parfois bateaux et avions de s’y rendre. Les Dieux m’ont aimé ce jour-là, car je me suis rendu sans problème sur l’île dont vous avez probablement tous entendu parler et qui en fait sans doute rêver plusieurs: Mykonos. Mais, en fait, Mykonos n’est qu’une grosse roche au milieu de l’eau. Les nombreux touristes qui envahissent ses rues blanches et étroites lui donnent vie d’avril à novembre, mais elle s’endort ensuite sous la brise hivernale.

Mykonos est réputée pour sa vie nocturne, ses belles plages et les nombreux visiteurs gays. Le nombre de bars et de clubs confirme sa réputation d’île jet-set où il y a toujours un peu d’action quelque part. Lors de mon passage, un bateau de croisière gay s’amarrait au port. Inutile de vous dire que ces joyeux matelots ont rapidement rempli les rues étroites du village et ajouté un peu de couleur au paysage. Les autres se retrouvaient bien assis au bord de l’eau, sirotant un cocktail, nudité optionnelle, histoire de remettre leur cœur au rythme du plancher des vaches.

Mykonos est l’île des grands vents. Nombreux moulins décorent encore son paysage et le plus pieux de tous les pénitents y trouvera également facilement le lieu de culte qu’il recherche. Pour s’y promener, sortez vos jambes. Si vous prévoyez vous déplacer, ce qui est obligatoire pour aller aux principales plages, vous devez, soit prendre soit le bateau taxi, faire la file au cœur du village pour une voiture taxi, attendre une navette, ou bien, si vous avez bon cœur, louer un scooter et partir à l’aventure.

Si vous choisissez cette dernière option, attachez bien vos tuques, car, comme je vous le disais, les vents sont forts et le petit grain de sable que vous êtes pourrait facilement être projeté par terre sur ces routes exposées, étroites, sinueuses et, ma foi, parmi les plus à pic que j’aie vues. Mais le risque en vaut le prix, car la vue, du haut de cet immense rocher vous coupe le souffle.

Je dois par contre avouer que j’ai été déçu par Mykonos. À trop vouloir, elle devient très commerciale. Les prix y sont exorbitants pour la Grèce et nous n’en n’avons certainement pas pour nos Euros. Ces ruelles intrinsèquement romantiques apparaissent comme un marché public. Toutes les enseignes abritent un commerce, une bijouterie, un resto, un artisan ou une «trappe à touristes». Vraiment dommage, car le charme s’y perdra un jour.

J’ai donc continué ma tournée des îles en me dirigeant à quelques milles marins de Mykonos en utilisant un catamaran ultra rapide vers Paros, voisine de Naxos. Bien que touristiques également, ces îlots terrestres ont conservé un peu plus leur cachet original et les côtés moins exposés aux vents permettent à la végétation de colorer un peu le paysage. Les plages y sont naturellement belles et la température de l’eau toujours invitante. C’est d’ailleurs à Paros que j’ai dégusté les meilleurs mets traditionnels grecs de mon voyage. J’en garde encore quelques kilos de souvenirs!

Mais les vents allaient m’emmener un peu plus loin dans ce paysage enchanteur et, à quelques miles nautiques au sud, j’allais découvrir ce que je considère comme la plus belle île des Cyclades, soit Santorini, communément appelée Tira par les Grecs. Santorini semble émerger de l’eau tant sa côte coupée au couteau est abrupte et élevée. Les villages qui poussent sur sa surface plane ressemblent à des points blancs, vus de la mer. Elle a comme voisin un volcan inactif qui a donné à quelques-unes de ses plages un sable noir dont la vue impressionne vraiment. Inutile de vous préciser qu’avec le soleil qui plombe, les pieds nus en prennent également pour leur compte.

Santorini étant une île relativement grande, on y retrouve une végétation plus abondante de même que des plages de sable blanc, rouge et noir. Il y a sans doute quelques gais dispersés dans la foule de touristes hétérogène composée d’Allemands, d’Américains et d’Européens, mais leur présence est très discrète. Déjà, en partant du port, un gros défi s’offre à vous : atteindre la surface de l’île. Car, si le degré de la pente s’approche du 100%, la route qui mène à la surface est sinueuse et étroite. Cœurs fragiles s’abstenir.
En faisant un petit détour par la Crète, je me suis rendu à Rhodes. Cette parcelle de terre a toujours suscité la convoitise de par sa situation géographique stratégique à la jonction de 3 continents. Romains, Turques, Italiens l’ont convertie tour à tour et nous y retrouvons aujourd’hui des vestiges musulmans et chrétiens. Mais la surprise d’y trouver une ville fortifiée de style médiéval encore vivante fut une grande joie. En fermant les yeux quelques secondes et en faisant quelques pas, on peut facilement imaginer les chevaliers avec leur armure défilant entre les rues de galets et les passerelles de pierres. Une pure merveille.

Comme la Turquie ne se trouve qu’à une heure de bateau de Rhodes, je n’ai pu résister à la tentation d’aller marchander un peu avec les Turques. Je me demande encore si j’ai fait un si bon marché avec le tapis que j’ai acheté, mais, au moins, j’ai le souvenir d’avoir fait une escale éclair au pays des bains et des marchands sans gêne.

Un grand défi pour le voyageur en Grèce consiste à se confronter à une langue et à un alphabet différents. Si le centre d’Athènes a su se mettre à jour avec les normes de l’Europe, il en est tout autrement des régions plus éloignées. L’anglais sert de langue commune, mais encore faut-il trouver la personne qui le parle.

Voyager ainsi à travers l’Europe m’aura apporté beaucoup. La découverte de différentes cultures, le plaisir de découvrir de merveilleux paysages, le temps de décrocher complètement de la routine quotidienne et presque le sentiment de vivre sur une autre planète. Le retour à la réalité s’est fait relativement facilement, et retrouver le confort de son chez-soi est toujours un plaisir. Montréal reste une ville exceptionnelle malgré tous les défauts que l’on peut y trouver. Je ne sais pas encore où je serai dans les prochains mois, mais l’Afrique semble une terre remplie de promesses. Vous recevrez donc peut-être des cartes postales d’Afrique, et j’essaierai de vous transmettre ses saveurs de mon mieux.