Prague puis la France avec les enfants

Entre détente et découvertes

Éric Bergeron
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En me rendant à Utrecht pour les Eurogames, j’ai fait un petit détour par Prague en République Tchèque. Je ne m’attarderai pas trop longtemps sur le romantisme de cette ville reconnue pour ses concerts de musique classique, son architecture impressionnante et sa riche histoire. Par contre, j’aimerais bien vous souligner à quel point le passage du communisme au capitalisme a laissé des marques. L’emprise américaine sur l’économie ne laisse aucun doute. Jamais je n’aurai vu autant de PFK et de McDo concentrés dans un même secteur. Les Tchèques sont exposés de tous côtés aux tentations de la consommation, mais les revenus ne suffisent pas. Le réseau de transport public reste cependant des plus performants, car posséder une voiture demeure un luxe que bien peu d’habitants peuvent se permettre. Il manque encore à cette ville la joie de vivre de ses résidants marqués par des années difficiles. Il y a plusieurs bars gais, mais aucun ne s’annonce de l’extérieur. Pour y entrer, il faut sonner, se faire ouvrir et déverrouiller une deuxième porte. On vous remet un petit billet à l’entrée et vous acquittez vos consommations à la sortie. En fait, vous pouvez à peu près tout consommer… C’est ce que l’on m’a gentiment expliqué quelques minutes après mon arrivée. Mais on passe toujours à la caisse après coup! Attention aux consommations obligatoires, car vous pourriez bien terminer votre nuit à laver les verres! Le coût de la vie est très abordable pour un Occidental mais, pour la population locale, il est démesuré! On comprend mieux pourquoi les plombiers de l’Est veulent aller travailler en France!

Parlant de la France, j’y étais avec mes trois enfants pour les vacances d’été. J’ai donc vu Paris sous un œil différent. Oubliez le Dépôt, le Queen et les chasses dans le Marais et pensez plutôt au plaisir de redécouvrir la tour Eiffel, le musée du Louvre, l’intarissable beauté de Notre-Dame, Montmartre, l’opéra et, enfants obligent, le musée Grévin. Le seul endroit de Paris où tout le monde peut devenir star le temps d’une visite. J’y ai d’ailleurs fait des rencontres intéressantes!
Quelques semaines auparavant, j’assistais au «NON» de la France à la Constitution européenne. Cette fois-ci, bien assis sur le parvis de l’hôtel de ville, nous assistions au «NON» du CIO à la candidature de Paris pour les Jeux olympiques de 2012. Tellement d’efforts avaient été déployés que tous pensaient que c’était dans la poche! Il faisait froid à Paris, la pluie avait commencé et le rejet de la Ville lumière a été reçu comme une douche froide. Pas un mot, un silence de mort et des visages dont je vous passerai le descriptif! Douce vengeance, diront certains!

Grâce à une bonne copine qui nous a accueillis chez elle, j’ai pu constater qu’il y avait des appartements plus grands que des 11/2 à Paris! Bien campés sur l’avenue Charles-de-Gaulle, nous pouvions admirer la beauté scintillante de la tour Eiffel et ressentir l’héroïsme du passé que nous rappelle l’Arc de Triomphe. Cette ville a vraiment une saveur exceptionnelle.

Avant de la quitter pour le Sud où la température était plus clémente, nous nous sommes offert une escapade à Euro Disney! Différent de ce qu’on l’on retrouve en Floride ou en Californie par sa taille, l’enchantement demeure toutefois le même! Un retour en enfance, le temps d’un rêve et une occasion de savourer pleinement l’excitation que crée, chez les enfants, ce royaume de l’imaginaire.

La descente vers la chaleur m’a enfin permis de monter à bord du TGV, fierté nationale. Bon, j’avais déjà voyagé avec le Thalys, mais ce n’est pas la même chose pour les Français. Quelle sensation, quel confort de roulement, quelle vitesse! Paris-Marseille en trois heures. Pour bien marquer le coup et impressionner un peu plus les enfants, j’avais réservé des billets en première classe. Ce qu’on ne ferait pas pour les enfants!
En descendant à Marseille, c’est l’effervescence de la ville et la chaleur qui prennent la relève. Gentiment rebaptisé «petit Alger», la ville fait voir et entendre sa différence culturelle assez rapidement! Quel bonheur de vivre pareil dépaysement. Mais nous devions continuer notre route vers une petite ville nommée Cassis au bord de la Méditerranée pour les derniers jours de notre voyage.

La Méditerranée avait eu le temps de se réchauffer un peu depuis mon dernier passage. Quel bonheur de flotter dans cette mer salée sans se les geler complètement. La brise du bord de mer rend la chaleur plus tolérable et le mistral, vent caractéristique de la Méditerranée, réussit à rafraîchir ses habitants. Ici, on parle du mistral comme on parle de la neige au Québec. Toujours un peu trop fort, un peu trop froid, un peu trop long!

Nous étions donc à Cassis pour les célébrations du 14 juillet, journée de Fête nationale où les Français ont pu oublier pour quelques heures leurs déboires des derniers mois. Procession aux flambeaux, cérémonies officielles, feux d’artifice et parade des officiers! S’il y a une chose que j’envie à la France, ce sont ses pompiers. AVIS IMPORTANT : j’offre une prime à qui me trouve une paire de ces pantalons qui leur font des fesses à mourir de jalousie ou de désir et qui leur donnent une allure si sexy!

La Provence renferme beaucoup de belles surprises à découvrir. On peut se rendre dans les différentes calanques en bateau ou à pied et y passer des moments agréables. Par temps perdu, les innombrables vignobles vous attirent et vous font déguster leur récolte, les aventuriers tenteront la plongée sous-marine et les plus paresseux se feront dorer sur une roche sous un soleil de plomb. Pour bien profiter de la journée, n’oubliez surtout pas le pastis et les succulents vins blancs et rosés qui font la renommée de cette région.
Je me dirige maintenant au pays des 12 Dieux pour vérifier si la mythologie et la réalité se confondent après tous ces siècles. Je dois aussi vérifier si le dicton «beau comme un Dieu» est fondé! Comptez sur moi pour mettre à jour vos fantasmes!