Présence étrangère

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Voici la deuxième partie de mon rapport sur la visite de Vinexpo. Si ce salon international est une grande fête du vin français, naturellement le plus représenté à la foire, c’est aussi l’occasion pour les étrangers de se faire valoir. Un plaisir chauvin
Commençons par un petit velours pour les Québécois. Le Salon avait organisé un colloque intitulé Mieux manger, mieux boire : même démarche, même responsabilité dans le cadre du 7e événement Savoir boire, Savoir vivre. Y présentaient des communications, Nicole Leymarie, directrice de l’Institut de recherches scientifiques sur les boissons (France), Annemarie Huiberts, chercheure à l’Institut Néerlandais pour la promotion de la santé et la prévention des maladies (Pays-Bas), et Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool (Québec). Jean-Guy Dubuc (président d’Éduc’alcool) coprésidait le colloque.
Les principes qui gouvernent l’approche d’Éduc’alcool sont positifs : l’alcool est un produit à nul autre pareil, il existe un niveau de consommation sécuritaire, l’alcool fait partie de nos vies, il n’y a rien de mal à en produire et à en consommer, l’alcool est un psychotrope et il faut en connaître les effets. Il s’agit donc de promouvoir une culture de dégustation plutôt qu’une culture de l’ivresse.
En conclusion, il suffit de boire moins à chaque occasion, de boire pour la bonne raison, de boire dans le bon contexte autour d’une autre activité principale, de boire des produits de meilleure qualité et de respecter ceux qui ne boivent pas. Pimenté d’exemples concrets, d’anecdotes et d’un bon sens de l’humour, l’exposé de M. Sacy a été le plus apprécié. Ça fait chaud au cœur et ça donne soif!

Un plaisir portugais
Neuf des plus grandes maisons de porto ont profité de Vinexpo pour présenter une dégustation de Vintage (les meilleurs portos millésimés) où se compaient les mêmes produits à 40 ans d’intervalle (1963 et 2003). Comme d’habitude dans ce genre de dégustations, j’ai noté de manière très sévère. Plusieurs de ces portos (les 2003 surtout) sont disponibles au Québec. Le Vintage Port de la Quinta don Noval, Vintage Nacional, était en 2003 d’un beau pourpre foncé. Il sentait le raisin macéré, le bonbon poivré et offrait d’une belle souplesse malgré des tanins plutôt secs. B Son ancêtre de 1963 était d’une couleur de brique. Le nez était de vin poivré et boisé. En bouche, il est très rond, d’un caramel fin et léger, d’un délicat poivré avec de jolis tanins qui survivent encore. A
Le Taylor Vintage de 2003 est pourpre foncé. Son nez est d’alcool et de raisins macérés. Sa bouche souple révèle des tanins chocolatés enrobés d’un sucre moelleux. B+ Son grand-père de 1963 est d’un bel ambre roux. Le nez de butterscotch au thé et au miel est charmant. En bouche, le tanin est encore sec et on goûte un bon caramel beurré. A-

Le Vintage 2003 de la maison Dow’s a un costume grenat à reflets pourpres. Son nez est prégnant et alcoolisé. Très tannique en bouche, il évoque le chocolat poivré. B++

Le 1963 se vêt d’ambre brun. Il sent les épices et le caramel. On goûte une belle rondeur de caramel épicé, gras avec des tanins encore présents. A-

Le Vintage 2003 de Fonseca se présente en pourpre très foncé. Son nez est ample et très raisin. C’est un beau vin aux tanins encore très raides. B L’aïeul de 1963 est d’un ambre foncé. Il sent le butterscotch et le poivre. Sur la langue se révèle un bel équilibre entre le poivre, la glycérine et l’alcool. Souple et charmant. A.

Des plaisirs antipodéens
Je vous avais promis des nouvelles du petit frère blanc du Little Penguin rouge. Le Little Penguin chardonnay 2004 a une frimousse jaune à reflets verts. Son nez minéral envoie des effluves de fruits exotiques, de vanille et d’amande. En bouche, une belle complexité où se marient gras, fruité, boisé, vanille, ananas, muscade et toast. (No 012354010031; 13,95 $) B-

D’Argentine, vous apprécierez (surtout toi, oncle Charles) le Malbec-Merlot 2003 de Tierra Salvaje. Beaux habits rubis foncé à reflets pourpres, nez de laine mouillée, de thé et de chocolat. Bouche ronde de cerise chocolatée. Cordial avec ses 13 % d’alcool. (No 806004799137; 9,95 $) B-

Même si on peut être fier du Québec, n’écoutez pas toujours votre maman et laissez-vous aussi séduire par les étrangers!

Le chouchou du mois
Le Domaine du Ridge est une maison québécoise qui, à Saint-Armand dans la vallée du Champlain, produit du blanc, du rouge et du rosé. Mon préféré, le blanc, s’appelle Vent d’Ouest. D’une teinte paille blanche, il a un nez bien minéral où se mêlent le poivre et la carambole. En bouche, le fruit est bon, l’acidité fort intéressante et la minéralité très présente. Il est un peu court, mais assez cordial avec un taux d’alcool raisonnable de 12 %. Vous le trouverez en succursales SAQ. (No 928523; 14,80 $) B-

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