C’est en revenant de Bordeaux...

Francis Lagacé
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Je sors de Bordeaux... Non pas la prison, mais bien la capitale mondiale du vin, où se tenait le Vinexpo. Bien que le salon Vinexpo ait perdu quelques plumes ces récentes années, certains producteurs préférant se présenter au salon londonien (la business est naturellement attirée par l’anglais), il reste que cette rencontre biennale créée en 1981 est toujours le lieu où se retrouvent les plus grandes sociétés de production et de commercialisation de vins et de spiritueux, avec plus de 30 000 produits présentés aux visiteurs, lesquels sont tous des professionnels du domaine. Vous imaginez que je n’ai pas pu rencontrer les 2400 exposants qui venaient de 43 pays différents. Ça commence bien
Jour 1. Je me présente à l’entrée pour faire imprimer mon badge. Qu’est-ce que je découvre? Il a déjà été imprimé pour quelqu’un d’autre. Et voilà que nous serons deux Francis Lagacé (le vrai et un faux) à parcourir les kilomètres de couloirs où se répartissent les 41 000 m2 de stands. Debout dans la canicule pour les kiosques extérieurs (les plus prestigieux), debout dans la climatisation pour les stands intérieurs, c’est un marathon de rencontres de toutes sortes et de dégustations dans la cohue. Ce n’est pas la situation idéale pour exercer le métier de goûteur rigoureux. J’en ai pour quelques chroniques à vous présenter des résultats de dégustation.

Où l’on retrouve de la famille
Je ne pouvais manquer le stand du Château d’Agassac, le vin agaçant, où nous avons pu comparer les millésimes 2002 et 2003. Le producteur a adopté le bouchon à vis à partir du millésime 2003 (le 2002 est disponible au Québec, le 2003 devrait apparaître d’ici les fêtes). Le 2003 est d’un beau pourpre à reflets grenat. Le nez est fruité avec une légère touche d’épice. En bouche, il est rond, minéral et souple. Fort agréable : B+
Le millésime 2002 était encore bouché par du liège. Le premier que nous fait goûter le producteur est bouchonné. Était-ce calculé? On ouvre donc une nouvelle bouteille et on découvre un beau liquide pourpre à reflets grenat. Le nez est un peu vert avec des touches d’origan. Le bouche est fruitée et minérale, souple avec des notes vanillées. B (À la SAQ en spécialité, mais un peu cher : No 10250927; No 03388111470019; 36,25 $.)
Puis, il a été fort agréable de rencontrer brièvement Pascal Marchand, ce winemaker d’origine québécoise qui s’occupe du Domaine de la Vougeraie en Bourgogne. Mais, plus importante a été la rencontre avec ses vins de qualité. Le Savigny-Les-Beaune Premier Cru Les Marconnets 2003 est d’une belle couleur rubis. Son nez étonne avec des arômes viandés où pointe une minéralité de pierre à fusil alliée à de petites touches de rhubarbe. Souple et plein de belles fraises cuites en bouche, il est complété par des notes poivrées et une finale un peu chocolatée. A- On retrouve le millésime 2001 à la SAQ.
Le Vougeot premier cru Le Clos Blanc 2002 est d’une belle couleur miel clair. Il fleure bon les amandes et les fruits blancs. Doté d’une belle acidité, d’une belle rondeur, d’un gras réconfortant et d’une amande fine, il s’agit d’un vin très bien équilibré avec quelques soupçons de vanille. Vous trouverez le millésime 2001 au coût de 137 $. Pour le millésime goûté, j’ai été extrêmement sévère en n’accordant que B+, mais la journée commençait à être longue et la fatigue rend de plus en plus difficile.
Il fut aussi agréable de tâter des produits de la maison Ropiteau, qui nous offre des Meursault, accordés au goût international. Le Meursault blanc 2003 est de couleur paille claire. Son nez est très minéral et rappelle la carambole. La bouche est ronde, souple et tout de même dotée d’une belle acidité. La touche de vanille vient de l’utilisation de 15 à 20 % de fûts de chêne neuf. J’ai noté B+.

Pour se dépayser
À ne pas manquer, la visite virtuelle du château d’Arsac, que le propriétaire a décidé de compléter par des œuvres d’art contemporain (www.chateau-arsac.com) tant à l’intérieur que dans le vignoble. L’immense pot de fleurs qui trône devant le château mérite l’attention. J’ai eu l’occasion, avec une dizaine de confrères, d’y savourer un repas gastronomique. Était offert entre autres le château d’Arsac 2002, une appellation Margaux, dont la robe est grenat à reflets violets et dont la saveur est très profonde et très minérale. Tannique et bien vanillé, il correspond aux goûts de ceux qui aiment les vins jeunes. Il a un fort potentiel de vieillissement et sera excellent d’ici quatre ou cinq ans. A-
Aussi dégusté lors de ce repas, le champagne de Castellane Commodore 1998, dont les bulles fines sont charmantes à souhait. Bien sec, avec une évanescente rondeur, il serait un concurrent de qualité aux grands champagnes qui nous coûtent si cher. B+ Autrefois disponible au Québec, il est à souhaiter qu’il nous revienne.

Pour l’apéro
Un plaisir d’apéro rafraîchissant et sans façon, le charmant Vinha Verde du producteur Quinta do Minho. De couleur avoine mûre avec de très fines bulles, il sent la limette fraîche. En bouche, c’est une gentille surette qui se boit avec plaisir. À prendre bien frais pour accompagner les hors-d’œuvre. (No 597542; No 0560142205 0021; 10,20 $) C+


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