cheval sur sa moto

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«On reconnaît un motard heureux au nombre de moucherons collés sur ces dents, dit la blague. Souriez, vous êtes motorisés... Heureusement que le casque intégral existe, pour pouvoir exprimer cette joie sans servir de tue-mouches ambulant. Liberté est le mot qui revient le plus souvent quand on parle de moto: cette sensation d’air flottant autour du corps, caressant ou bousculant, invitant à ne plus faire qu’un avec lui ou à le combattre aussi parfois. On fait de la moto pour apprécier la nature, diriez-vous? Oui! À cheval sur la machine, on sent sous le sexe et dans la colonne dorsale les vibrations parfois sensuelles, parfois inquiétantes du moteur dont on doit rester maître quoi qu’il arrive. Ce n’est donc pas une question de puissance et de pouvoir. Ce serait même tout le contraire. Il faut savoir garder raison. Garder le sens du réel ambiant, rester présent, vigilant, attentif à un environnement mouvant, rapide, comme un piège.

Ou un jeu... Dominer sa monture – le parallèle avec l’équitation est souvent pertinent – consiste, avec une moto, à se dominer soi-même, à ne pas céder à l’émotion ou alors à suivre la bonne. La moto réagit à votre doigt, à votre oeil, à votre impulsion, uniquement. L’étalon, c’est différent, car il a lui aussi, comme nous autres ses humeurs. Mais, en moto, nos humeurs sont un autre nous-mêmes, un traître parfois, mais un jouisseur la plupart du temps. Face à ce miroir excitant qu’est la machine, saurais-je ne pas avoir peur de mes gestes, rester moi-même, sans danger pour les autres, pour le grand plaisir? Bref, la moto est une école de plaisir pour apprendre à se connaître soi-même, à jauger ses capacités, à accepter ses limites et à avoir confiance en soi. C’est une question de survie...