Queer for Fear : Exploring gay and lesbian subtext

Les monstres sortent du placard!

Johanne Cadorette
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Cette année, les films d’horreur occupent un espace important au festival image + nation. D’ailleurs, Hellbent, le film d’ouverture est le premier film slasher gai. C’est dans le cadre de cette incursion du cinéma gai dans le film de genre que les organisatrices du festival ont invité l’auteur Harry Benshoff à Montréal pour donner sa conférence sur les sous-textes gais et lesbiens dans les films d’horreur américains. Benshoff enseigne l’histoire du cinéma (souvent dans une perspective lgbt) à l’Université du Nord Texas. Passionné des films d’horreur depuis l’enfance, il est également l’auteur du livre Monsters in the Closet: Homosexuality in the Horror Film Genre.

Présenté récemment au festival de cinéma gai de Los Angeles OutFest, Queer for Fear est une exploration des sous-textes gais et lesbiens dans les films d’horreur à travers les différentes périodes du cinéma (classique Hollywood, la Deuxième Guerre mondiale, les années 60 et 70, la période postmoderne, etc.). Les commentaires de Benshoff sont accompagnés d’extraits tirés de films tels que The Bride of Frankenstein, Dracula’s Daughter, The Hunger, Silence of the Lambs, Cat People, A Nightmare on Elm Street, Fright Night, The Rocky Horror Picture Show, ainsi que des films de réalisateurs ouvertement gais comme The Brotherhood et Hellbent. «Les films d’horreur reflètent toujours les peurs plus profondes d’une société à un certain moment dans l’histoire, explique-t-il. Il y a souvent un sous-texte homophobe ou lesbophobe dans ces films. Dans les films de vampires lesbiens, par exemple, la sexualité féminine est présentée comme étant quelque chose de très séduisant mais également de très monstrueux.» Selon l’auteur, les spectateurs queer, pour leur part, ont pris l’habitude de s’identifier aux monstres. «Pour nous, il y a une identification avec le monstre, le personnage ostracisé. C’est quelque chose que nous avons souvent ressenti.» Aujourd’hui, plusieurs réalisateurs issus des communautés lgbt sont attirés par le genre du film d’horreur justement à cause de sa potentialité d’expression homo-érotique. Mais ces réalisateurs essaient plutôt de retravailler le genre afin de pouvoir se l’approprier et lui donner une perspective lgbt qui n’est pas homophobe. C’est le cas notamment de Hellbent. «On verra de plus en plus de films d’horreur gais, selon Benshoff. L’éternelle popularité du genre, surtout chez les ados, qui sont particulièrement obsédés par tout ce qui touche la sexualité, assurera sa survie.»

HELLBENT : jeudi 23 octobre,20h. / QUEER FOR FEAR : samedi 2 octobre, à 17h, parisien 6