L’art de la rue dans la rue

la 4e biennale de Montréal — Du 24 septembre au 31 octobre

Denis-Daniel Boullé
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C’est un rendez-vous que l’on attend toujours avec impatience. Du 24 septembre au 31 octobre, le Centre international d’art contemporain de Montréal installe son décor dans la ville pour une exposition presque à ciel ouvert et surtout publique puisque le thème voulu par les organisateurs tournera autour du domaine public. En somme, comment penser la ville dans son rapport avec ses habitants ? Les artistes sollicités tenteront d’apporter leur vision singulière à travers des expositions temporaires et des réalisations d’œuvres permanentes. En marge de la Biennale se tiendra un programme de films sur les villes et un colloque autour de la thématique. Les espaces publics des villes sont de plus en plus des lieux de commercialisation, de consommation ou de loisirs organisés, avec les festivals, notamment, mais de moins en moins des lieux de rencontre, de socialisation. Il suffira de se promener dans la ville pour rencontrer des installations qui se retrouveront aussi bien au Palais des Congrès qu’au bâtiment entourant l’église Saint-James ou sur le toit du Belgo, dans l’ancien édifice du journal The Gazette, autour du bassin de l’esplanade de la Place des Arts, mais aussi à la place Émilie-Gamelin, au Square Victoria, à la Place-d’Armes et au parc Viger.

Parmi les artistes invités se retrouvent des architectes de renom comme Will Alsop. Lui et un collègue sont les réalisateurs-concepteurs de la Pekham Library de Londres et, en collaboration avec des architectes de Toronto, ils terminent l’extension du Ontario College of Art Design de Toronto.

Bien entendu, nous retrouverons des artistes en art visuel qui jouent de différents matériaux pour proposer leurs univers. À ne pas manquer, entre autres, Gabriel Orosco, qui touche aussi bien la sculpture, la photographie et le dessin, sur la frontière entre le naturel et l’artificiel. À voir aussi : Didier Fiuza Faustino, qui mèle à l’architecture ses talents de vidéaste et d’écrivain. Voués au départ à la réalisation d’édifices à vocation culturelle, Gilles Saucier et André Perrote, des architectes montréalais, se sont donné comme objectif la meilleure intégration du bâtiment dans l’environnement d’accueil. Ils ont, entre autres, à leur actif le Collège Gérald-Godin de Montréal et le jardin de Montréal à Shanghai en Chine.

Armand Vaillancourt, dont les sculptures gigantesques sont mondialement connues, apportera sa note personnelle. Ses œuvres qui ornent des lieux publics de nombreuses métropoles, ne manqueront pas de témoigner de son engagement social.

Avec C’est ma place, seize participants reconnus pour leur implication en aménagement urbain se lanceront aussi dans la réalisation d’œuvres et d’installations, posant ainsi un regard critique sur la place publique qui a perdu depuis longtemps son rôle d’agora.

La Biennale représente une autre facette de la vitalité culturelle de Montréal qui, comme pour d’autres arts, tient à donner un espace et une vitrine aux artistes d’ici et d’ailleurs, jeunes ou confirmés. Avec les rencontres et les conférences, la Biennale retrouve l’essence de la place au sein de la ville, qui est avant tout la rencontre et le partage.

La biennale de Montréal 2004, du 24 septembre au 31 octobre