Conférence de Bangkok

La conférence de Bangkok marque un sursaut politique

Caroline Lavigne
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La 15e Conférence internationale sur le sida à Bangkok a rassemblé près de 20 000 participants, un record pour ce type de réunion. Conférence ouverte à la critique, elle a même accueilli quelques autocritiques de certains dirigeants politiques ou de laboratoires. Mais elle a surtout mis en évidence la nécessité d'un sursaut politique pour faire face au défi croissant de la propagation du sida dans les pays pauvres. Nelson Mandela a résumé la situation en appelant à un "engagement renouvelé des dirigeants de tous les secteurs de la société pour mener une action réelle et urgente contre le sida". "Nous savons ce qu'il faut faire ; seule manque la volonté politique", a-t-il ajouté.

Peter Piot, le directeur exécutif de l'Onusida, a cru pouvoir conclure la conférence en indiquant que "pour la première fois, il existe une chance réelle que nous prenions le dessus sur l'épidémie".
Si jamais autant de personnes n'ont vécu avec le virus, jamais autant de moyens financiers n'ont été mobilisés, même s'ils sont scandaleusement inférieurs aux besoins. Ainsi, le Canada et la Grande-Bretagne vont augmenter leur contribution au Fonds international contre le fléau et les Etats-Unis ont été sollicités par l'ONU et par un message critique de Jacques Chirac pour porter à 1 milliard de dollars leur participation.

Bonne nouvelle aussi que l'accord passé entre six grands pays très frappés par la maladie, le Brésil, la Chine, le Nigeria, la Russie, la Thaïlande et l'Ukraine qui ont décidé de constituer un réseau pour la production de médicaments génériques.

La conférence a aussi été l'occasion de pointer la nécessité de développer des politiques d'information et prévention des populations et de non-discrimination.