Festival Juste pour rire

Pour bien rire

Yves Lafontaine
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Il faudrait prendre ses vacances au moment du Festival tant la programmation est variée. L’humour est une veine intarissable. En anglais et en français, une petite sélection. Denise Filiatrault est-elle devenue la metteure en scène officielle du Festival? Peut-être? Elle s’attaque aux Monologues du vagin qui au-delà du titre volontairement accrocheur a été salué par la critique. Pour laisser parler cette partie du corps que l’on a trop longtemps caché, oublié ou méprisé, Louise Marleau, Geneviève Rioux, Nicole Leblanc et Sandra. Les comiques en provenance du vieux pays seront aussi à l’honneur. Laurent Gerra revient avec une nouvelle galerie de portraits dans un show tout simplement intitulé… Laurent Gerra (Salle Pierre Mercure). L’imitateur à la langue vitriolique tire sur tout ce qui bouge. Dans un autre registre, mais tout aussi mordant, Dieudonné présentera Mes Excuses, spectacle conçu dans la foulée de ses déboires juridiques. Accusé d’antisémitisme dans un de ses sketchs, il nous donne en pâture ses réflexions acides mais souvent justes sur cet épisode de sa vie.

Du côté des femmes, Clémence Desrochers sera de nouveau sur scène pour une soirée. Celle qui a inventé le monologue sociale et qui fut une pionnière dans l’humour au féminin sera un des incontournables de cette année. L’humour n’est pas que dans le verbe. Le geste et le mouvement un peu trop décalés ou exagérés peuvent susciter plus qu’un sourire. En tout cas, les Moitsutoitsous bousculent les genres chorégraphiques pour une proposition éminement parodique voire grotesque de différents tableaux dont émane une grâce toute singulière. François Papineau, Guillaume Chouinard, Stéphane Crête, Fred Teyssier et Jean Boilard se plient aux désirs du chorégraphe-gourou Réal Bossé. Le spectacle comme chaque année sera dans la rue. Ceux qui l’illumineront viennent d’Italie. Le Materiali Resistenti Dance Factory propose le Waterfall, une imposante structure métallique sur laquelle jaillira une énorme cascade d’eau d’où jaillissent des silhouettes athlétiques.

Une étrange chorégraphie acrobatique s’en suit. Une valeur sûre du Festival attendue par beaucoup reste Queer Comics. Animé par Scott Thompson qui avait présenté en 2001 The Lowest Show On Earth, Queer Comics lèvera le rideau sur des humoristes gais et lesbiennes dont entre autres Scott Capurro, Miss Peggy Lee, Eddie Sarfaty et bien d’autres. Scott Thompson également sera en vedette dans Confession It au cours duquel, lui, et d’autres comédiens vous diront tout sur la face cachée de leur vie, plus sombre, parfois scandaleuse et souvent humiliante mais tout aussi drôle que la face visible. Enfin, une comédie musicale s’inspirant des films cultes d’horreur, Evil Dead 1 & 2, mais sur un mode humoristique et qui a aujourd’hui ses aficionados à Toronto fera ses débuts à Montréal. L’humour est une forme de thérapie, un antidépresseur, une cure analytique en concentré, si rire c’est se soigner, le Festival Juste pour Rire est à consommer sans aucune modération.

Monologues du Vagin. Théâtre St-Denis, dès le 29 juin à 20 h / Laurent Gerra. Salle Pierre Mercure, du 13 au 17 et du 20 au 24 juillet à 19 h / Dieudonné Mes excuses. Théâtre du Nouveau Monde, le 17 et du 20 au 24 juillet à 21 h 30 / Les maudits français. Studio du Musée Juste pour Rire, les 9 et 10 juillet à 23 h et le 11 juillet à 17h. / Clémence Desrochers. Théâtre St-Denis, le 19 juillet / Moitsutoitsous. Place des Arts, du 15 au 25 juillet à 20 h / Waterwall, du 15 au 24 jullet à 21 h 45 / Queer Comis. Kola Note, le 25 juillet 19 h et 21h 30 / Confession It. Cabaret Music Hall, le 22 juillet à Minuit / Evil Dead 1& 2 : The Musical. Cabaret du Plateau à partir du 2 juillet.