Bombardier en remet encore

Denise Bombardier se dit victime des "fondamentalistes" homosexuels

Caroline Lavigne
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Accusée d'homophobie par des partisans québécois du mariage homosexuel, privée d'émission à Radio-Canada, Denise Bombardier se pose en France en victime des «fondamentalistes» gais. «J'ai été traînée dans la boue par des militants qui sont en fait des fondamentalistes», a-t-elle lancé la semaine dernière à Paris au cours d'un débat télévisé opposant des auteurs favorables et opposés à l'union entre conjoints du même sexe. Venue faire en France la promotion de son dernier roman Et quoi encore! publié chez Albin Michel, la journaliste y a été rattrapée par l'actualité.

"Je ne suis pas dépaysée", a-t-elle dit au Figaro, en évoquant le premier mariage gai français célébré en fin de semaine, sur fond de polémique, par le maire de Bègles, près de Bordeaux, le "vert" Noël Mamère.

Quelques jours plus tard, le gouvernement Raffarin dévoilait un projet de loi "contre les discriminations liées au sexe ou à l'orientation sexuelle", pour contrer la multiplication en France des agressions contre les homosexuels.

Denise Bombardier n'a pas manqué pas de souligner qu'elle avait elle-même été traitée d'homophobe en raison de son opposition au mariage gai. L'accusation est sans fondement, a-t-elle répété, ce qui n'a pas empêché ceux qui la colportent d'avoir sa tête, selon elle.

À l'évidence, Mme Bombardier ne doute pas en effet que son congédiement de Radio-Canada, après le virulent débat qui l'a opposé, à l'émission Le Point, à Louis Godbout, militant gai et actuel président des Archives Gaies du Québec, soit la conséquence de ses prises positions.

"Les mariages gais lui coûtent sa place après trente années de collaboration", a d'ailleurs titré Le Figaro dans un court article sur la journaliste, remerciée par la télévision publique.

"Quelques jours plus tard, j'ai appris par un simple courriel que mes émissions ne seraient pas reconduites la saison prochaine, a raconté Denise Bombardier au quotidien conservateur. On ne m'a même pas reçue pour me signifier officiellement mon congé. Que s'est-il passé? Je l'ignore. Ai-je été la victime d'un groupe suffisamment puissant pour exiger et obtenir ma tête?"

Mercredi soir, sur le plateau de l'émission culturelle Cuisine et dépendances, présentée par Franz-Olivier Giesbert sur France 2, la romancière a elle-même répondu à sa question, en montrant du doigt, dans une allusion aux intégristes religieux, les "militants fondamentalistes" de la cause gaie.

Pourtant, selon Denise Bombardier, on peut-être contre le mariage homosexuel sans être homophobe pour autant. Pour le reste, elle demeure sur ses positions: le mariage, c'est l'union d'une femme et d'un homme, a-t-elle réaffirmé, après avoir rappelé que le Québec était une terre d'égalité pour les homosexuels.

"L'union civile est plus moderne que la loi du mariage", a expliqué la romancière au cours d'un débat passablement animé mais courtois. Autour de la table prenaient place notamment l'écrivain Pierre Bergé, fondateur du groupe Yves Saint-Laurent, le journaliste François Reynaert, auteur de Nos amis les hétéros, la romancière Nina Bouraoui, un théologien lyonnais et un psychanalyste.