Journée nationale de lutte contre l’homophobie

Une majorité de Québécois et de Québécoises considèrent que l’Église catholique est homophobe

Nicolas Lavallée
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Dans le cadre de la seconde édition de la Journée nationale de lutte contre l’homophobie, la Fondation Émergence, initiatrice de cette journée, a dévoilé les résultats d’un sondage Léger Marketing portant sur la perception et l’opinion des Québécois et des Québécoises à l’égard des personnes homosexuelles. Rappelons que ce sondage a été effectué plusieurs mois après les prises de position de l’Église catholique québécoise contre le mariage civil homosexuel et la décision de l’Archevêché de Montréal, en janvier dernier, d’imposer un test de dépistage du VIH à tous les candidats aux études de prêtrise. Le sondage révèle que plus de la moitié des personnes interrogées, soit 56 %, jugent que les déclarations et les prises de position de l’Église catholique sont hostiles envers la communauté homosexuelle, comparativement à 34 % qui sont d’avis contraire. 10 % n’ont pas voulu répondre à la question. " Il est rassurant de constater que la perception de la majorité des Québécoises et des Québécois ne soit pas influencée par l’Église catholique qui tient un discours d’une autre époque " de constater monsieur Laurent McCutcheon, président de la Fondation Émergence.

Les Québécoises et les Québécois ont été invités à se prononcer aussi sur la gravité des comportements homophobes. Une forte majorité, 71 %, pensent que les comportements hostiles envers les personnes homosexuelles sont aussi graves que les comportements xénophobes ou racistes.

Toutefois, pour près du quart des personnes interrogées, soit 22 %, les personnes qui dévoilent leur orientation homosexuelle sont trop visibles. " Il est déplorable de constater qu’en 2004, ici au Québec, un noyau encore aussi important de personnes croient toujours que les personnes homosexuelles devraient restées cachées, et que le placard serait une voie valable pour elles. Cela démontre la nécessité de faire encore évoluer les mentalités, de lutter contre l’homophobie et surtout de s’engager à le faire, comme le suggère le slogan de notre campagne promotionnelle, "Engagez-vous!" " d’ajouter monsieur McCutcheon.

Enfin, mentionnons que l’opinion des répondants est divisée quant à la nécessité de punir, au moyen d’une loi, les insultes et les comportements irrespectueux envers les personnes homosexuelles : 49 % préconisent la punition des insultes et des comportements irrespectueux comparativement à 43 % qui n’en voient pas la nécessité.

Le sondage a été mené auprès de 1002 répondants, entre le 28 avril et le 2 mai; sa marge d’erreur maximale est de ± 3,4 %, 19 fois sur 20. Les résultats complets du sondage sont disponibles sur le site www.homophobie.org.