La ville romantique par excellence

Venise

Yves Lafontaine
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Si vous ne pouvez pas vous passer des boîtes de nuit, des saunas ou de tous les autres aspects de la culture et du commerce gais quand vous voyagez, n’allez surtout pas à Venise. Par contre, si vous rêvez de décrocher du quotidien, d’être ébloui par l’histoire et l’art, un séjour à Venise comblera vos attentes. Dès que l’on y met les pieds, Venise nous engouffre dans son charme et son caractère, ses rues étroites et ses innombrables canaux et petits ponts. On remarque immédiatement l’odeur de la lagune, l’absense de voitures, les édifices magnifiquement grugés par le temps et l’eau, le son des cloches d’églises et le murmure des voix vénitiennes débordant des cafés.

Venise, c’est une centaine d’îlots réunis par des canaux et ponts dans une lagune de la mer Adriatique. Ces îlots, qui ont d’abord servi de refuge contre les invasions des barbares lombards, entre autres, ont été reconnus en tant que duché en 697 de notre ère, avec l’élection du premier doge. Après une époque de gloire qui a commencé par la mise à sac de Constantinople et s’est terminée par la déposition du dernier doge par Napoléon, en 1797, Venise est tombé sous le contrôle de l’Autriche. Elle est donc passée entre les mains de Napoléon pour être ensuite repris par l’Autriche, et ce, jusqu’en 1866, lorsque les Autrichiens ont étés défaits pas la Prusse. Venise se joint finalement à l’Italie, nouvellement réunie.

Aujourd’hui, Venise est la capitale du Veneto, la région nord-est de l’Italie et l’une des destinations touristiques les plus populaires au monde. En effet, on compte en temps normal 200 touristes pour chacun des 60 000 résidants permanents. Son époque glorieuse terminée, Venise vit maintenant du tourisme. Malgré le déluge de touristes que l’on y retrouve, les sites historiques de Venise sont incontournables. On ne peut nier la beauté époustouflante du chef-d’œuvre byzantin qu’est la basilique San Marco, tout comme celle du grandiose Palais des doges ou des chefs-d’œuvre de la galerie Accademia. La vue du pont Rialto des palazzos longeant le Grand Canal est tout à fait spectaculaire.

Naturellement, on retrouve près de ces sites des établissements "attrape-touristes" (restos servant des paninis moches et dispendieux, vendeurs de fausses sacoches Gucci). Mais la véritable beauté de Venise réside dans ce lieu commun : la ville entière est une œuvre d’art. Une promenade dans n’importe quel sistiere (ou quartier; il y en a six) révèle des merveilles : les boutiques gastronomiques près du marché Rialto, le premier ghetto juif européen dans Cannaregio, les magnifiques Tintorets du Scuole Grande di San Rocco dans Santa Croce, les campos remplis de cafés ou l’on vend des petits sandwiches qui se dégustent au comptoir avec un café ou un verre de prossecco. Et les îles plus éloignées de la lagune, telles que Lido avec ses plages, Murano avec ses usines de verre, Torcello et son église du septième siècle, vallent toutes le déplacement. Laissez-vous aller et Venise ne vous decevra jamais!

Venise à la carte
Par le biais de sa compagnie Venise à la carte (www.tourvenice.org), M. Alvise Zanchi offre des tours specilialisés de Venise pour les groupes et les individus. Les tours sont entièrement personnalisés et peuvent inclure des sorties à l’extérieur de la ville. Étant lui-même gai, M. Zanchi est très ouvert en ce qui concerne les besoins de sa clientèle lesbienne et gaie. Son expertise et son amour pour sa ville natale sont sans pareil. Son conjoint, Tom Price ±— en fait, il s’agit d’un Américain d’origine —, est l’un des fabricants de gondoles les plus respectés de Venise!

Culture gaie

Venise n’est pas une ville complètement vide de culture gaie, quoique la vie lesbienne y semble carrément invisible. L’université compte forcément de jeunes gais et lesbiennes parmi ses étudiants; leur présence est visible dans les cafés et bars branchés de Campo San Margherita. Mais en ce qui concerne le nightlife – autant hétéro que gai, faut-il préciser — c’est l’architecture qui pose un empêchement à la prolifération. Les édifices vénitiennes sur pilotis ne sont pas conformes aux normes de sécurité exigées dans les établissements tels que les discothèques et les grands bars. Ceci dit, plusieurs des petits cafés de quartier se transforment en mini bars le soir et selon le quartier, il n’est pas impossible d’y faire des rencontres.

Pour le cruising plus sérieux, il y a une plage gai à Lido (la plage Alberoni) si vous y allez lorsqu’il fait chaud. L’hiver, vaut mieux se déplacer vers les centres urbains tels que Mestre et Padove. Mais préparez-vous à y passer la nuit, car le train ne fonctionne pas toute la nuit.