Sida

Quand et comment débuter les traitements ?

Yves Lafontaine
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Pour les personnes nouvellement contaminées, c’est une question complexe. Si certains médecins préconisent de traiter systématiquement les primo-infections symptomatiques — c’est-à-dire celles ou la séroconversion s’accompagne de nombreux signes cliniques (forte fièvre, douleurs abdominales, diarrhées…) —, de plus en plus de médecins s’accordent pour retarder le traitement dans les autres cas. Après 1996, beaucoup de médecins se sont lancés dans cette stratégie thérapeutique en espérant qu’elle permettrait de retarder l’apparition de la maladie. On pensait même que les patients traités très tôt et fort pourraient se passer de médicaments au bout de quelques mois. Sept ans après, quelques essais ont certes montré que les patients traités au moment de la primo-infection obtiennent de très bons résultats, mais, dès que le traitement est interrompu, la charge virale rebondit. Personne ne peut dire si le traitement précoce est bénéfique à long terme pour le patient.

Parmi les médecins, beaucoup doutent de plus en plus de son intérêt. Résultat : depuis plus d’un an, les prescriptions de traitement sont en baisse chez les patients récemment contaminés. Il n’y a pas urgence à prendre un traitement si le système immunitaire est correct (des CD4 au dessus de 350) et la charge virale basse (mois de quelques milliers de copies). Aujourd’hui, ce qui détermine le plus la décision de commencer un traitement, c’est l’observation d’une baisse régulière des CD4. Il faut aussi prendre en compte l’existence de souches virales résistant aux antirétroviraux, qui sont en augmentation. Un test de résistance peut permettre de sélectionner les antirétroviraux les mieux adaptés. Enfin, le désir du patient doit être pris en considération. Certains ont envie d’agir vite. Pour eux, prendre des médicaments est un moyen de faire face à la maladie. Mais le traitement est synonyme d’effets secondaires. Certaines études semblent démontrer que près de 20 % des patients développent des lipodystrophies au bout d’un an seulement. Non, la décision de débuter la prise de médicaments n’est pas simple.