Le GGUL : Rencontre avec le président Olivier Poulin

"25 ans à être toujours nous-mêmes"

Commentaires
Le GGUL est le regroupement homosexuel universitaire le plus ancien et encore actif, vingt-cinq ans plus tard, avec sa centaine de membres. Pendant toute l’année, de nombreuses activités marqueront cet anniversaire. Nous avons rencontré le président actuel, Olivier Poulin, pour faire le point sur cet organisme, ses débuts, son évolution et ses projets. Quels ont été les débuts du Groupe gai de l’Université Laval (GGUL)?
Un petit carton jaune datant de 1978 porte fièrement les coordonnées d’un certain Jacques Benoît voulant entrer en contact avec d’autres homosexuels pour former une association à Laval. Il fallait être courageux pour ce faire à l’époque. C’était le point de départ de la formation du GGUL. En 1979, les buts, qui sont toujours les mêmes (regrouper la population homosexuelle du campus, intéresser la population à la réalité homosexuelle et l’informer, conseiller et guider les homosexuels(les) en difficulté et défendre leurs droits), étaient énoncés. De 1980 à 1984, l’Association a dû effectuer de nombreuses pressions pour être reconnue et obtenir un premier local sur le campus (qu’elle obtint), tout cela à travers une crise existentielle qui a menacé son existence en 1982 puis en 1985, ce qui ne l’a pas empêché de publier des ouvrages importants. Ces mêmes années, elle est intervenue publiquement pour défendre la communauté (dont la demande en 1980 d’une enquête publique sur le harcèlement policier).

À partir de ce moment, est-ce que la vie du GGUL a été celle d’un "long fleuve tranquille"?

Sûrement pas. Il a fallu attendre en 1984 pour que le GGUL obtienne ses lettres patentes d’incorporation. Puis, pendant presque sept ans, elle connaît des hauts et des bas qui vont jusqu’à retarder la tenue de plusieurs activités (en 1987 par exemple), alors qu’une certaine léthargie frappe les membres à certains moments. En 1991, le GGUL perd son local sans compensation, et l’absence de lieu de rencontres et de réunions durera deux ans jusqu’au moment où la CADEUL (Confédération des Associations d’étudiants et d’étudiantes de l’Université Laval) lui accorde en 1993 un local et inclut dans ses règlements généraux que ce groupe s’adresse aussi aux personnes bisexuelles.

Quels sont donc les faits marquants de ces vingt-cinq années ?
Outre les publications d’ouvrages importants, le GGUL s’est fortement impliqué (mémoires, manifestations, etc.) dans les législations et des événements majeurs concernant les homosexuels comme la loi sur les conjoints de fait, la politique sur l’immigration, la diversité sexuelle et l’union civile, en plus de dénoncer les entorses aux droits des homosexuels un peu partout. Le GGUL a organisé une première semaine gaie en 1982, qui devint nationale en 1984, la journée gaie à l’Université, l’exposition Images pour la lutte contre le sida (1994), des campagnes de sensibilisation sur l’homosexualité dans les polyvalentes et les cégeps; établi des liens avec ses homologues de l’Université McGill, les cégeps de Limoilou et Sainte-Foy, les mouvements Suicide-Action et Gris-Québec. Il devient membre fondateur en 2002 du Regroupement d’Entraide pour la Jeunesse Allosexuelle du Québec (REJAQ).

Il me semble aussi que le GGUL accorde une importance particulière à l’information, à la sensibilisation et à la conservation d’archives depuis toutes ces années.
En effet. D’abord, il faut noter que le Groupe possède une bibliothèque foisonnant d’informations (local 2223, au Pavillon Desjardins-Pollack) : ouvrages de références, coupures de journaux, bandes dessinées, des périodiques, une liste d’organismes oeuvrant auprès des homosexuels mise à jour régulièrement. Il participe à de nombreux projets de recherche d’étudiants et de chercheurs dans divers domaines et leur permet aussi de diffuser leur savoir. Il invite des scientifiques, des intervenants et des praticiens à tenir des conférences ou à discuter avec ses membres. De plus, il les informe par le biais de divers médias, dont Fugues, de son site internet, de sa ligne téléphonique. Bref, son plus grand mérite est d’exister et d’avoir poursuivi les mêmes objectifs, ce qui fait que nous continuons après "25 ans à être toujours nous-mêmes", sans concessions.

T. (418) 656-2131, poste 8950, [email protected]
http://www.algi.qc.ca/asso/ggul/index.html