Montréal 2006

Lettre ouvertes aux participants sportifs et culturels et aux équipes sportives GLBT et aux partenaires

L'équipe de rédaction
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C’est à regret que le Comité organisateur Rendez-Vous Montréal 2006 se voit obligé de revenir sur les faits finaux liés à l’échec définitif des négociations avec la FGG. C’est par souci de transparence et de compréhension des postions des deux parties que nous publions cette lettre ouverte. Toutefois, soyons clairs : nous souhaitons que ce soit la dernière fois que nous parlons de la FGG et du passé. L’essence du dialogue que la FGG a lancé dans les médias ne peut engendrer que division et n’est utile à personne. Les vrais objectifs de leadership et de viabilité du mouvement sportif GLBT mondial, dont assez ironiquement la FGG se proclame maintenant, sont ignorés au profit des ragots lancés aux médias sur le processus de négociations des VIIes Jeux Gais. Une position intransigeante et un déni de faire faces aux vrais problèmes ont conduit à la situation actuelle. Ce que Montréal a essentiellement essayé d’obtenir durant des mois de négociations ardues avec les membres du comité de négociation de la FGG, c’est le droit de se faire entendre devant l’ensemble des membres de la Fédération, soit les mêmes personnes qui avaient voté en faveur de notre projet il y a deux ans à Johannesburg. Les dirigeants de la FGG nous ont refusé cette possibilité. Au lieu de nous donner ce droit reconnu par n’importe quelle assemblée délibérante, la FGG a choisi la scène publique comme forum pour faire entendre les deux parties. Montréal 2006, une fois encore, regrette profondément cette décision. Nous croyons que la communauté mondiale du sport GLBT mérite mieux que cela. Il est grand temps que nous retournions toutes et tous à notre première tâche qui est de présenter le meilleur événement sportif et culturel mondial à la communauté sportive gaie.

LA LONGUE ROUTE DES NÉGOCIATIONS

Le 25 octobre 2001, la FGG, lors de son assemblée annuelle à Johannesburg, a choisi Montréal comme ville hôte des VIIes Jeux Gais. Deux ans et treize versions de contrats plus tard, sans contrat de licence signé, Montréal 2006 a constaté un problème évident. Nous avons donc fait tout ce que nous pouvions pour arriver à un accord qui satisfasse les deux parties et, devant l’impasse qui perdurait, nous avons formellement demandé une médiation puis un arbitrage, puis d’être entendus devant l’ensemble des membres de la FGG. Toutes ces demandes nous furent totalement refusées par les dirigeants de la FGG. Notre nouvelle équipe de négociation, envoyée à Chicago pour une session finale de négociations, a dû déclarer forfait au petit matin du dimanche 9 novembre 2003 après 15 heures d’intense débats et annoncer le refus d’un nouveau contrat révisé présenté par la FGG, celui-ci ne répondant aucunement à l’impasse. Personne n’a claqué la porte. Nous étions simplement arrivés à la conclusion, malgré tous les espoirs de dernière minute, qu’un accord satisfaisant pour les deux parties n’était pas possible.


Le lundi suivant, soit le 10 novembre, les membres de l’assemblée annuelle de la FGG eurent droit, pendant une séance à huis clos, à une " présentation de la FGG" sur toute la situation sans qu’Équipe Montréal, membre de la FGG depuis dix ans, et Montréal 2006 ne puissent y participer. Cela nous est apparu déplorable venant d’une organisation qui prétend dans sa mission que : " Un de nos principe fondamentaux est que toutes les activités de la Fédération doivent être inclusive dans leur nature même et que nul individu ne doit se voir nier sa participation.. "

Après six heures de débats à huis clos, le coprésident de Montréal 2006, monsieur Mark Tewksbury fut convoqué devant l’assemblée. Il n’eut pas le droit de faire une seule déclaration ni de poser aucune question. Son seul droit fut de répondre, en 12 minutes, à neuf questions émanant de l’assistance mais lues par l’un des directeurs de la FGG. M. Tewksbury a par la suite dû quitter la salle.

Dans ses réponses M. Tewksbury a clairement déclaré que, même si les négociations avaient été rompues la veille, Montréal 2006 remettait de l’avant comme offre finale le projet de contrat de licence version 13, le plan révisé de sa candidature. Si celle-ci n’était pas acceptée avant 17 h 30 le même jour, Montréal 2006 et la FGG devraient choisir des voies différentes. Il fut aussi clairement établi, comme les négociations étaient terminées, que Montréal 2006 n’accepterait aucune nouvelle proposition, y compris la version 13.5 qui avait été déposée dans la nuit de samedi à dimanche, celle là même qui avait entraîné la fin des négociations.

À 17 h 45, les dirigeants de la Fédération ont fait voter par leur assemblée, une motion portant sur la version 13.5 du contrat donnant à Montréal un ultimatum d’accepter cette offre finale avant mercredi le 12 novembre à 13 h. Montréal 2006 fut extrêmement déçue. En toute bonne foi, Montréal 2006 avait formulé une offre finale à la FGG et cette dernière a choisi de présenter à ses membres une offre qui avait déjà été déclinée par Montréal 2006. Après avoir fait tout en son pouvoir pour arriver à une entente, Montréal 2006 a dû constater que les mécanismes de contrôles financiers menaient définitivement à une rupture. Après toute la bonne volonté et les efforts déployés, les négociations ont achoppées.


UNE CRISE D’UNE AUTRE ÉPOQUE

À la lumière de notre expérience avec la FGG, il nous est clairement apparu que l’avenir du mouvement sportif GLBT dépendrait des difficiles décisions que nous avions à prendre. Toutes les villes hôtes qui nous ont précédé nous ont expliqué que la façon d’agir des dirigeants de la FGG avait été une cause majeure de l’échec de leurs Jeux. Les contrats avec Amsterdam et Sydney, les deux dernières villes hôtes des Jeux Gais, avaient aussi failli ne pas se signer. Le problème majeur auquel Montréal 2006 à dû faire face dans ces négociations a été le perpétuel disfonctionnement à l’intérieur même de la FGG. Cette dernière a présidé à quatre faillites consécutives. Montréal 2006 a ainsi été coincée entre le passé et le futur, tels qu’envisagés et décrit dans le Plan Stratégique de la FGG déposé à Chicago et qui exige encore plus de contrôles sur la ville hôte. Avant d’accepter un tel plan d’une telle rigidité bureaucratique, nous devions, en notre âme et conscience, nous poser quelques questions.


Qui est la Fédération des Jeux Gais ?

Lorsqu’on se réfère à elle comme une fédération internationale, on pourrait à tort conclure qu’il s’agit d’un organisme qui sanctionne les épreuves sportives, qui offre des services, et organise des événements afin de soutenir le développement du sport gai durant les quatre années qui se déroulent entre les Jeux. Or, la FGG n’est ni un organisme international, ni une fédération sportive, ni une organisatrice d’événements car telles n’est pas sa mission. Une fédération internationale développe et sanctionne le sport sur la planète. La FGG n’est pas une fédération sportive comme telle car elle ne sanctionne pas les sports qu’elle prétend réglementer. Elle n’est pas une organisatrice d’événements car cette mission revient aux villes hôtes.

Au fond, la FGG n’est que la fondatrice et la détentrice d’une marque de commerce appelée GAY GAMES. Les dirigeants de la FGG ont développé une préoccupation plus grande pour la marque de commerce que pour l’événement lui-même. À titre d’exemple, il faut lire les recommandations proposées cette année à l’assemblée annuelle. Avec des droits très élevés, la FGG octroi à une ville d’organiser les Jeux. La FGG prétend représenter l’ensemble du mouvement sportif GLBT sur la planète et en particulier ses athlètes. Elle affirme aussi être guidée par les valeurs de l’inclusion, de la participation et du dépassement de soi. Or, nous constatons qu’elle n’est guidée que par une seule motivation : contrôler l’événement, et tel que précisé dans son Plan stratégique de développement, n’a aucune vision des services aux athlètes ou du développement sportif GLBT à travers le monde. La FGG est une organisation anti-démocratique, empêtrer dans de nombreux règlements et règles de procédures et est dirigée par une poignée d’individus obsédée par la sauvegarde de leur vision des Jeux Gais. Il n’est pas possible d’y exprimer des vues divergentes.


DERRIÈRE LES PORTES CLOSES DE CHICAGO

Le leadership, la confiance et le respect sont des choses qui se méritent. Pendant deux ans, Montréal 2006 a démontré à la direction de la FGG combien elle s’était engagée sérieusement à livrer au mouvement sportif GLBT le meilleur événement sportif et culturel possible. Comme nous le déclarait un membre du comité organisateur des Jeux précédents " avec toutes les énergies que vous avez mis dans ce dossier, avec tous les appuis que vous avez eus, avec un si solide soutien financier, toutes choses que n’avaient pas réussi à bâtir les villes précédentes, comment la FGG a-t-elle pu vous traiter de la sorte ? "

C’est une bonne question à laquelle Montréal 2006 ne peut répondre qu’en examinant les faits et gestes de la FGG, et ce n’est qu’ainsi que l’on peut saisir la profondeur de la crise que traverse cette organisation.

Par exemple, lors de la session d’ouverture de l’assemblée annuelle à Chicago (10 au 14 novembre 2003) en début de semaine, la présidente de la séance eut une crise de colère lorsqu’un observateur prit le micro. Elle l’a apostrophé en lui demandant s’il connaissait l’histoire des trois singes – le singe qui regarde, le singe qui écoute et le singe qui parle – en lui indiquant bien par sa gestuelle que les observateurs étaient confinés au rôle des singes qui " écoutent mais ne parlent pas " ! Il est difficile d’accepter ce genre de comportement de la part d’une personne qui prétend représenter un nombre important d’athlètes GLBT de la planète ! Et quelle fut la réponse de ces observateurs qui ont acquittés les frais nécessaires pour assister à l’assemblée et qui représentent des organisations qui souhaitent travailler au sein de la FGG dans l’avenir ? La réponse de l’ensemble des observateurs fut claire lors de la session suivante : ils arrivèrent tous avec une banane dans leurs mains démontrant ce qu’ils pensent de la FGG.


Malheureusement, ce genre d’attitude fut chose courante de la part de la FGG durant les derniers mois. Montréal 2006 fut en état de choc lorsqu’un membre de l’équipe de négociation de la FGG, fit des menaces verbales et écrites à l’un de nos employés et à un de nos commanditaires majeurs. La FGG, qui se prétend démocratique, n’a eu aucune hésitation à interdire à Équipe Montréal, non seulement de voter, mais aussi de s’exprimer et de participer aux débats sur Montréal 2006. La FGG impose à ses membres de ne rien révéler des sujets qui pourraient ternir l’image de la FGG, lorsque ces derniers retournent à la maison et font rapport à leurs propres membres. L’absence de considération de la part de la FGG de ses propres principes fondateurs a mené tout droit à la situation de crise vécue à Chicago.

Difficilement, Montréal 2006 est arrivée à la conclusion qu’un partenariat avec la FGG risquerait sérieusement de nuire à la réalisation des VIIes Jeux Gais. L’incapacité des dirigeants de la FGG de soutenir leurs propres idéaux, leur manque de professionnalisme au sein de l’organisation combiné au manque de respect et de confiance pour leurs partenaires nous a amené à cette difficile conclusion.

Les Jeux Gais existent, mais le défi d’organiser des Jeux sans dépassements budgétaires depuis les seize dernières années a été un échec. Montréal, malgré tous ses efforts, n’a pas réussi à convaincre la FGG que son plan proposé serait un succès. Comme nous le soulignait un délégué international " Il est probablement temps que la FGG évolue et cesse contrôler l’organisation des Jeux Gais et que la ville hôte, en l’occurrence Montréal, soient l‘unique responsable devant ses partenaires et ses participants ".


L’AVENIR DU MOUVEMENT SPORTIF GLBT

Il y aura, peut-être à l’avenir, des Jeux Gais sous la férule de la FGG. Le fait qu’il puisse y avoir deux événements concurrents n’est pas dramatique en soi et ne divisera pas nécessairement le mouvement sportif. Il existe déjà plusieurs événements sportifs pour la communauté GBLT dont, notamment les EuroGames, qui sont financièrement viables et qui accueillent 5 000 athlètes. Le monde du sport traditionnel est sollicité par de multiples événements entre chacun des Jeux Olympiques. Ce qui divisera le mouvement, serait de tenir deux événements exactement au même moment. Il revient à la FGG de prendre cette responsabilité et non à Montréal 2006.

Malgré les difficultés des dernier mois, Montréal 2006 tourne la page et se projette vers l’avenir : Rendez-vous Montréal 2006 – le festival sportif et culturel de la communauté gaie et lesbienne – se tiendra, comme prévu, du 29 juillet au 5 août 2006.

Nous avons déjà investi plus d’un 1, 5 million $ CAD dans la préparation du meilleur événement jamais vu dans le monde du sport et de la culture GBLT. En 2006, grâce aux efforts de notre équipe professionnelle et de bénévoles dévoués conjugués à de solides appuis financiers, nous permettront de présenter aux athlètes les meilleurs Jeux Gais. Il y aura trente et un sports sanctionnés qui bénéficieront d’infrastructures de grande qualité, dont de nombreuses installations olympiques. Montréal 2006 bénéficie aussi du soutien total des gouvernements du Canada, du Québec et de la Ville de Montréal. La Société Radio Canada, télédiffuseur national, sera le premier réseau au monde qui couvrira quotidiennement l’événement. En venant à Montréal en 2006, les participants pourront constater qu’il y a ici, au Québec, au Canada et à Montréal, une société ouverte qui embrasse la différence et où les GLBT disposent des mêmes droits que tous.


Des athlètes du monde entier nous ont contacté pour partager leur inquiétude face à la perte possible d’un événement qui a changé leur vie. Les valeurs d’inclusion, de participation et de dépassement de soi ne sont pas une marque de commerce, mais des valeurs universelles qui nous appartiennent tous. Montréal 2006 s’engage à offrir un événement sportif sans discrimination, où les participants pourront vivre une expérience mémorable et où la présence des communautés gaies, lesbiennes, bisexuelles et transgenres sera célébrée à travers le sport et la culture. Pour Montréal 2006, les athlètes et les participants culturels sont notre priorité.

Au-delà de tout cela, Montréal 2006 doit prendre acte de la crise que traverse la FGG. Le manque de vision et de leadership de la FGG a créé un vide dans le mouvement sportif GLBT international. À cause de ses position fermes et des vraies questions soulevée sur l’avenir du mouvement sportifs gai, Montréal 2006 est interpellée par des athlètes, des équipes et des leaders de la communauté sportives GLBT internationale, et encouragée à participer à la création d’un avenir meilleur. Nous sommes engagés à poursuivre ce questionnement et à trouver des solutions viables. Quel est le futur du mouvement sportif GLBT international ? Comment un organisme international s’y prend-il pour maintenir et supporter la croissance naturelle à laquelle fait présentement face le mouvement sportif GLBT international ? De quelle façon peut-elle soutenir adéquatement les sports et les athlètes GLBT ?

En janvier 2004, Montréal 2006 accueillera des personnalités réputées du milieu GBLT international. Montréal 2006 s’engage à assumer le leadership qui mènera à la création d’une organisation internationale qui sera démocratique, représentative et dynamique et qui apportera finalement le support aux athlètes et participants culturels du monde. De plus, Montréal 2006 s’engage à vous informer de tous le développements à venir. Si vous souhaiter participer ou suivre les développements, nous vous invitons à visiter notre site au www.montreal2006.org et de devenir membre du Club Montréal 2006 ou nous faire parvenir vos commentaires à [email protected]

Montréal 2006 vous invite à bâtir cette nouvelle vision d’avenir. Dès maintenant, Montréal 2006 va de l’avant. Les nouveaux Jeux sont là.