Droits au Canada

Les gais et les lesbiennes bientôt protégés par le Code criminel

Caroline Lavigne
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La propagande haineuse contre les gais et lesbiennes ne sera plus seulement dénoncée, au Canada, mais bien passible d'accusations criminelles, en vertu d'un projet de loi adoptée par 143 voix contre 110 aux Communes, mercredi. Tous les alliancistes se sont prononcés contre, en plus de 41 députés libéraux et quelques conservateurs. Le projet de loi amendera le Code criminel pour que la protection qu'obtiennent les personnes en fonction de leur race, couleur, religion et origine ethnique, s'étende également à leur orientation sexuelle.

Le projet de loi avait été déposé à l'initiative du député néo-démocrate de Colombie-Britannique, Svend Robinson.

Le texte prévoit une sanction maximale de cinq ans de prison pour les contrevenants. Avant de devenir loi, le texte devra obtenir l'assentiment du Sénat.

Ouvertement gai, Svend Robinson a dû lutter contre une vaste campagne menée par l'Alliance canadienne, qui considère la mesure comme "dangereuse" pour la liberté d'expression, et par des groupes tels la Conférence des évêques catholiques, inquièts que l'amendement ne criminalise les textes religieux qui prêchent contre tout comportement sexuel entre personnes de même sexe.

"J'espère que ce projet de loi va envoyer un message que les vies des personnes gaies et lesbiennes sont aussi valables que les vies et la sécurité de tous les autres Canadiens", a déclaré M. Robinson à l'issue du vote.
Il s'agissait du second débat houleux en deux jours sur la question des droits des homosexuels aux Communes. Mais mardi, le vote sur une motion de l'Alliance canadienne défendant la définition traditionnelle du mariage avait été beaucoup plus serré. Le texte avait été rejeté par 137 voix contre 132, à cause de la défection de plusieurs députés libéraux.