Vins, bières et spiritueux

Blanc sur rouge/rouge sur blanc

Francis Lagacé
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Blanc sur rouge, rien ne bouge; rouge sur blanc, tout fout le camp, dit le proverbe. On entend par là que le rouge vient après le blanc, mais que le blanc après le rouge cause la catastrophe. Mes bien chers frères et sœurs, le concile des experts ne croit plus en ce dogme et a promulgué un décret qui libéralise les mœurs à cet égard. Peut-on faire n’importe quoi?

Il y avait une raison pour justifier le vieil adage. C’est le bon vieux principe selon lequel le vin qui suit ne doit jamais faire regretter le vin qui précède. Comme les blancs sont en général plus légers, moins corsés et, par définition, moins tanniques que les rouges, si on consomme un blanc immédiatement après un rouge, on risque de ne pas être en mesure de bien l’apprécier.

Il convient de ne pas engourdir sa langue par trop de tannins ou trop d’alcool avant de passer à n’importe quel vin, a fortiori à un blanc. Le simple bon sens vous dit que, si vous avez bu trois madirans d’affilée, un petit vin vert ne goûtera pas grand-chose ensuite.

Pourtant, vous connaissez déjà des blancs qui arrivent très bien en fin de repas : les vins liquoreux, les portos blancs, et les champagnes sont des vins qui peuvent clore les agapes. De plus, comme on sait aujourd’hui que l’important n’est pas d’enfiler des hectolitres de vin, mais bien d’apprécier chacun de ceux que l’on boit, il suffit de ne pas faire exprès pour choisir des vins trop faibles après des vins trop forts. Il convient de bien se rincer la bouche (en mangeant un peu de pain et en buvant de l’eau) pour être en mesure d’apprécier le vin blanc qui suivra un vin rouge.

Ne passez pas d’un vin à 15 degrés d’alcool à un autre à 8 degrés. Ne faites pas suivre un vin hyper tannique (genre madiran) par un vin très léger (genre vin vert ou beaujolais). Sachez enfin qu’il ne faut pas s’égarer dans ces excès. Vous pouvez maintenant profiter de la possibilité de boire le bon vin qui vous plaît et qui convient au plat choisi, dans l’ordre que vous préférez.

Les joies de l’apéro

On espère bien qu’il fera chaud et qu’on aura envie d’un apéro rafraîchissant cet été. À cet effet, les vins verts (raisins récoltés tôt), et particulièrement les vinho verde portugais, sont tout désignés. En voici deux :
Le Vinha Verde (c’est sa marque) 2002 de la maison Quinta do Minho est un vinho verde (c’est son appellation) à la robe presque incolore et aux bulles infimes (on dit qu’il est perlant). Au nez, il rappelle la limette. En bouche, il est un peu salé, offre une belle acidité, mais son fruit est un peu court. Agréable en apéritif avec de petites bouchées légères (genre pétoncles). À servir très frais. Il ne fait que 9,5 % en alcool. (No 597542; 10, 15 $) C+
Le Quinta de Tarrio 2001 de la maison Taipagro est d’un beau jaune clair et agréablement perlant. Du melon et du bonbon à la limette chatouilleront vos narines. La langue frémira doucement sur le perlant, et vous aurez l’impression agréable de la limette avec une touche d’amande crue en finale. Servir comme le précédent. (No 892612; 11,05 $) C+

Le Labriole Côtes de Saint-Mont 2001 VDQS (vin délimité de qualité supérieure, appellation qui vient juste avant l’appellation contrôlée) ne déçoit jamais et offre un rapport qualité-prix exceptionnel. La cuvée 2001 est très corsée avec ses 13 % d’alcool. Son nez d’agrume, de bonbon anglais et de touche minérale est bien complété par une bouche fraîche où se mêlent limette et citron avec de petites notes minérales et poivrées. Bouchées d’apéro, poisson en sauce ou volaille s’y marieront. (No 516773; 10,90 $) B-

Séduction espagnole : l’Antea Gran vino blanco 2001 de la maison Marqués de Cáceres est une appellation rioja au volume costaud: 13,5 %. Sous sa belle robe de paille, il offre des parfums d’amande grillée et d’agrume. On ne résiste pas à tâter de sa rondeur, de sa vanille et de son fruit exotique. Les amuse-gueule pourront être des bruschettas bien aillées. Prévoir une suite solide. (No 865527; 18,15 $) B+

Une petite laine?

Pour ces crépuscules frais ou pour se réconforter par un jour pluvieux, le rouge est imbattable. Le Château Clos des Mûres 2000 des domaines Paul Mas sera votre petite laine. Ce côteaux du Languedoc impressionne avec ses habits sang de bœuf. Narine de laine mouillée, de fruits noirs et de minéralité. Pénètrent en l’organe buccal des sensations de rondeur et de souplesse malgré des tannins costauds; un fruit ample mâtiné de vanille et équilibré par une belle acidité satisfait pleinement la bouche. Jouissance garantie avec fromages, pâtés, charcuteries, etc. (No 913186; 17,80 $) B+
Été chaud, été froid, vous êtes prêts!

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