Pierre Viens, ex-gérant de bar et promoteur devient agent immobilier

Second début

Yves Lafontaine
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"Après vingt-cinq années passées dans les bars de Montréal, après les avoir conçus, dirigés, achetés, et bien maintenant je les ai vendus", annonçait récemment le promoteur et gérant de bars Pierre Viens, qui vient d’épouser une nouvelle carrière dans l’immobilier. Depuis le début des années 1980, Pierre Viens a été associé à plusieurs clubs qui sont devenus des "institutions" à Montréal. Cet ex-étudiant en cinéma à l'UdeM, qui a gravi les échelons de simple busboy à gérant-concepteur ou promoteur de clubs, a définitivement marqué le nightlife gai montréalais, avec des bars tels que le Beat, le Business, le Métropolis, le Sécurité Maximum, le Mékano, et la liste s'allonge. D'octobre 1992 à décembre 1997, Pierre Viens a été le concepteur et le gérant aux commandes du Sky et a piloté son déménagement de la rue Saint-André à la rue Sainte-Catherine, tout en développant le concept de ce complexe. Il fut ensuite directeur et copropriétaire du complexe Unity, qui comprenait un pub et un club. Il a ensuite ouvert le Pub Magnolia pour les femmes et fut pendant près d’un an le directeur du Cabaret Mado, dont il était l'un des copropriétaires. Il y a deux mois, après avoir vendu ses parts dans le Cabaret et dans le Pub Magnolia, il a débuté une nouvelle carrière comme agent d’immeuble.

"J’avais l’impression de me répéter, de ne plus avoir de challenge. J’avais besoin de changement. Et comme j’ai toujours trippé sur l’immobilier, ça m’a semblé la chose la plus naturelle à faire. J’y pensais déjà depuis quelques temps et là, j’ai tout simplement décidé de faire le saut. À 47 ans, si on veut faire une seconde carrière, il ne faut pas attendre trop longtemps", dit-il de son plus beau sourire.

Actuellement, il fait aussi bien du résidentiel que du commercial, de par ses contacts et ses connaissances des commerçants du Village, bien qu’il n’entende pas se limiter à ce quartier. D’ailleurs, son bureau est situé boulevard Saint-Joseph sur le Plateau. "Ma clientèle est très majoritairement gaie, de par les connaissances, les contacts, mais aussi les affinités naturelles. Je trouve stimulant et très gratifiant de savoir que j’aide les gens à trouver un appartement ou une maison à leur goût."

Il apprécie le fait que ce travail le laisse maître de ses heures. "Je travaille autant sinon plus qu’avant, mais je trouve le type de travail que je fais maintenant très dynamique. Il faut évidemment être très disponible."
Son implication à la revitalisation du Village, duquel il a été associé, par les projets qu’il a poussés ou dont il était le promoteur, se fera différemment. "Je me considère maintenant comme un agent de changement de par ce nouveau rôle de consultant, d’intermédiaire." Il se dit très favorable à l’établissement d’une Société de Développement Commercial (SDC) dans le quartier pour remplacer l’actuelle association de commercants. "Partout où une SDC s’est établie, l’essor économique a été fulgurant. On n’a qu’à regarder les exemples de l’avenue Mont-Royal, du boulevard Saint-Laurent, de la terrasse Ontario. Plus récemment, une SDC de Verdun a réussi à revitaliser, en moins de deux ans, une section importante d’une rue commerciale moribonde. Le taux de vacance est passé de plus de 20% à moins de 5%, et l’affluence de la population locale a augmenté grâce aux multiples actions — publicité, activités spéciales et concertation pour susciter l’ouverture de types de commerces inexistants dans le secteur — prises par la nouvelle SDC. J’espère sincèrement que les commerçants vont prendre la bonne décision quand il sera temps de décider de créer ou non une SDC."
Bien qu’il ne veuille aps dire qu’il a tiré définitivement un trait sur le monde des bars, il a toutefois l’impression d’avoir fait le tour du jardin et se voit dans l’immobilier pour bien longtemps. Gageons que cet homme persévérant, très à l’écoute et habile négociateur saura faire rapidement sa place dans ce nouveau milieu.