Pour le plein air et la convivialité

Tout ce qu’il faut savoir sur les campings gais

Logan Cartier
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Longtemps perçu comme une activité typiquement "straight", le camping est devenu de plus en plus populaire chez les gais.

Loin du cliché du célèbre rassemblement un peu western du camping de Sainte-Madeleine, véritable phénomène socio-culturel, cette mode est parallèle à la vogue du plein air, un retour à la nature qui connaît une certaine ampleur. Il n’y a qu’à voir les milliers de visiteurs aux différents salons du plein air pour s’en convaincre. Il y a, au Québec, plus de 800 terrains de camping de différents calibres, sans compter tous les parcs de maisons mobiles et de véhicules récréatifs. Plus souvent urbains, les gais ont découvert sur le tard les charmes des bosquets (autres que ceux du parc Lafontaine…), des forêts et des champs. Pas moins de cinq terrains de camping offrent ce produit aux gais, certains très similaires aux campings straights, d’autres fort différents.
Or, c’est moins le fait de coucher dehors qui attire les gais dans ces sites que de se retrouver ailleurs que dans l’atmosphère enfumée des bars ou l’univers restreint du Village… Mais, avant d’aller coucher "les fesses à l’air", comme disent les aînés, avant d’investir des centaines de dollars en équipement ou près de mille dollars pour louer un terrain saisonnier, mieux vaut savoir dans quoi on s’embarque.

La différence
Certrains sites de camping sont fréquentés par une clientèle plus âgée, pour qui la vie nocturne n’a plus l’attrait des belles années.

D’autres gais veulent retrouver un type de relation plus authentique, dans un cadre plus champêtre et relaxant. Il y a aussi les gais qui ne veulent pas renoncer au confort moderne; ils iront vers des terrains leur offrant tous les services: égoûts, eau courante et électricité. Le désavantage : ils seront collés les uns sur les autres, et il est possible, dans certains sites, d’entendre les conversations des voisins à l’heure du barbecue et même de participer à leurs échanges verbaux… sans se faire tirer l’oreille.

Certains terrains sont un assemblage de roulottes et de maisons mobiles hétéroclites sur une terre sablonneuse où le soleil tape dur et qui se transforme en bourbier les jours de pluie.

D’autres sont installés sur une terre, en plein champ et sans cours d’eau, et où les campeurs se regroupent autour d’une piscine en béton, comme dans les parcs de la ville. En revanche, la vie sociale y est animée, et beaucoup apprécient les activités et les partys, qui recréent un peu l’atmosphère des clubs…

Il y en a un sur le bord de l’autoroute, parfait pour qui veut aller visiter la ville voisine et se retrouver avec d’autres gais, sans payer de coûteuses chambres d’hôtel en pleine saison touristique.

Il y a un petit dernier, avec son petit lac et ses cascades débridées qui, après moult péripéties de départ, connaît un véritable boum. Blotti au fond des bois, sans services (sauf à l’accueil), ce camping attire une clientèle plus jeune et plus aventureuse, pour qui monter sa tente dans les bois et dormir au son de la rivière devient une véritable thérapie, et où les rapports humains prennent une autre dimension. Les terrains y sont suffisamment grands pour ne pas sentir le dessous de bras des voisins ni entendre leurs cris et chuchotements intimes…
Si l’on peut croiser de bien belles bêtes dans les sentiers, il est loisible de méditer ou de lire en paix près des cascades, de se faire bronzer sur les rochers en plein milieu de la rivière ou de se livrer à de belles promenades contemplatives…

Ceux qui préfèrent la compagnie peuvent s’étendre près du lac, sur une plage de sable fin, en attendant l’activité sociale de la soirée ou peuvent prendre un vrai sauna construit à même le bois de la forêt, suivi d’un bain de minuit dans une eau d’une fraîcheur et d’une pureté irréprochables...

Bref, puisque cette année quantité de gais éviteront de prendre la route des États-Unis (attention si vous avez un dossier oublié pour une ancienne infraction concernant le pot ou l’indécence) ou de voyager en Europe, à cause de la guerre et des risques d’épidémie dans l’air recyclé des avions; ils opteront plutôt pour un séjour dans les différents terrains de camping gais.

Qu’ils offrent des facilités d’hébergement ou non, une chose est sûre, il est bienfaisant de respirer l’air pur à pleins poumons et de s’endormir au son de la rivière avec le seul chant des oiseaux comme réveille-matin.