Escape de Ford

Escapade

Denis-Daniel Boullé
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Disons-le tout de suite, parmi De tous les Véhicules Sport Utilitaires compacts (VUS) essayés, le Ford Escape représente le meilleur compromis entre la voiture conventionnelle et le tout-terrain. Aussi maniable que la première, il propose tous les avantages du second. Sa forme cubique ramassée et les imposants renforts des pare-chocs lui donnent un indéniable caractère sportif. L'espace intérieur est vaste et confortable, le tout combiné à un V6 équipé d'une boîte automatique à quatre vitesses qui le rend parfaitement à l'aise sur route comme en ville, sur autoroute comme sur les chemins de montagne. Il est vrai que l'Escape est l'un des plus gros de sa catégorie avec le Honda CR-V, et surtout le plus large. Un avantage certain, qui limite considérablement la sensibibilité aux vents latéraux, à grande vitesse, et aux appels d'air, lors de dépassement de camions, ce dont souffrent la plupart des VUS. Le système de quatre roues motrices est automatique ou manuel. Quand la chaussée se dégrade, le système appelé Control Track choisit les roues qui deviendront motrices, ou le conducteur peut tourner le bouton à on pour bénéficier de la traction intégrale quand la situation le requiert. Du deux en un, en somme. La suspension indépendante McPherson aux quatre roues assure un confort au-dessus de la moyenne pour un véhicule de ce type, surtout compte tenu de l'état des routes. Les passagers arrière ne tressauteront pas au moindre nid-de-poule, l'Escape les leur ferait presque oublier. Puissant, le V6 est à la hauteur dans toutes les situations et réagit rapidement à la moindre sollicitation.

L'Escape est haut sur pattes. Les marchepieds, comme ceux qui équipent le XLT, facilitent l'accès, surtout aux places arrière. Même si, depuis sa sortie en 2001, les designers de Ford ont apporté quelques modifications esthétiques à l'intérieur de l'Escape, celui-ci reste austère, voire triste. Seul le fond blanc des cadrans du tableau de bord apporte un peu de gaieté au plastique noir rehaussé d'entourage gris acier. Le système de son avec chargeur pour six disques compacts se révèle performant et fait oublier le bruit de l'air sur la carrosserie dès que l'on dépasse les 100 km/h. La visibilité pour le conducteur comme pour le passager est excellente. Le XLT essayé propose une automatisation de la plupart des commandes essentielles: les quatre vitres et le toit ouvrant électriques, le réglage des rétroviseurs électriques et un puissant système d'aération. Si les rangements ne sont pas nombreux, on peut se rabattre sur l'espace, qui ne manque pas. Le coffre, même avec la banquette arrière en place, accueillera facilement le nécessaire pour quatre personnes. La vitre du hayon s'ouvre séparément et se déverrouille automatiquement avec la télécommande. La banquette se replie deux tiers/un tiers pour former un plancher plat et doubler le volume de chargement.

À ce titre, l'Escape ne cesse de démontrer toutes ses qualités. Polyvalent, spacieux, confortable et amusant à conduire. Presque assez généreux pour faire oublier sa gourmandise à la pompe. Il faut se rappeler que les VUS n'ont pas la cote auprès des écologistes pour leur consommation élevée d'essence. Sachez toutefois que Ford prévoit sortir, d'ici la fin de l'année, un Escape hybride. On ajoutera au moteur conventionnel un moteur électrique à substituer au premier en conduite à basse vitesse, c'est-à-dire le plus souvent en ville. Moins énergivore, l'Escape sera aussi moins polluant. Si l'innovation fait recette, nul doute que tous les VUS de Ford, mais aussi ceux de la concurrence, emboîteront rapidement le pas. Déjà testée sur la Honda Civic Hybride, cette nouvelle technologie, qui ne cesse de s'améliorer, semble être la voie de l'avenir dans la réduction des émissions de gaz carbonique. General Motors aurait aussi dans ses tiroirs un système équivalent pour ses prochains VUS.
L'Escape se décline en de nombreuses versions selon la variété des équipements choisis : XLS, XLT, Limited; quatre cylindres à boîte manuelle ou six cylindres à boîte automatique; et à deux (traction avant) ou quatre roues motrices. On peut aussi choisir le clone de l'Escape avec le Mazda Tribute qui, par quelques détails — dont une présentation intérieure différente —, se donne des allures un peu plus sages et bourgeoises que son frère américain, et ce, à un prix équivalent, puisque les deux se détaillent à partir 21 000 $ pour atteindre jusqu’à 35 000 $ dans les versions les plus luxueuses.

L’Escape essayé était une gracieuseté de Ford Canada.