De plus en plus gaie

Redécouvrir Toronto

Caroline Lavigne
Commentaires
Les spécialistes sont d’accord pour considérer que l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) est sous contrôle à Toronto et qu’il n’y a plus de signe de propagation. La ville recommence à vivre normalement et accueille à nouveau les touristes. Attiré par d’alléchants rabais, rassuré par les déclarations des autorités de la santé du pays, peut-être serez-vous du lot. Et si votre dernier voyage dans la métropole canadienne date de quelques années, sachez que Toronto a changé pour le mieux. Évidemment, au premier regard, Toronto est toujours Toronto, la métropole du Canada au profil nettement américain, où trône la fameuse tour du CN, toujours le plus haut édifice au monde, solidement planté aux abords du lac Ontario. Les pittoresques street-cars électriques sillonnent encore les rues comme à San Francisco. Mais si votre séjour dans la capitale ontarienne remonte à cinq ans ou même à 10 ans, il y a fort à parier que vous serez très surpris. Toronto ne mérite plus sa réputation de ville-dortoir et la vie continue désormais bien après la fermeture des bureaux. Une rafraîchissante pluie de cafés, restaurants, boutiques, théâtres, bars et discothèques s’est abattue sur la Ville Reine au cours de la dernière décennie, et les Torontois et Torontoises sont les premiers à vouloir en profiter… jusqu’au last call, qui est à deux heures du matin. Il y a même, pour les oiseaux de nuit qui ne veulent pas rentrer au nid avant l’aurore, des afterhours, comme le très branché Fly, un bar gai qui ne ferme qu’à 7h du matin, les samedis et dimanches... avant de servir le brunch, dès 11h!

Le quartier gai
Les établissements gais sont principalement situés sur Church Street, à proximité de Wellesley, où l’activité commerciale — à l’instar de la rue Sainte-Catherine à Montréal — s’est développée à un rythme effarant. Les rues avoisinantes, résidentielles pour la plupart, sont un mélange d’élégantes town houses restaurées, de tours à appartements en voie de rénovation et de condos luxueux récemment construits. Le centre communautaire (le "519") profite du soutien de la ville de Toronto. Il occupe un édifice très bien situé sur Church et est entouré d’un très beau parc où l’on a aménagé le mémorial dédié aux personnes décédées des suites du sida : un oasis de calme, bien que très fréquenté à toutes heures du jour et de la nuit... De chaque côté du 519, quelques bars avec pistes de danse (The Barn et Woody’s/Sailor, toujours aussi populaires et bondés), mais surtout des bars-rencontres (Black Eagle, Crews, etc.), quelques saunas, plusieurs boutiques spécialisées (Priape, Body Body, la librairie It Ain’t the Rosedale Library, pour ne nommer que celles-là) et un grand nombre de restaurants, dont le Wilde Oscar (à la fois bar et resto avec terrasse sur la rue) et le Zelda à l’incomparable décor kitsch, où Zelda elle-même et ses drag trash vous servent avec humour.

Magasinage
Pour les adeptes du magasinage, Toronto offre vraiment de tout et pour toutes les bourses. Si votre carte de crédit digère les factures salées, dirigez-vous rue Bloor (entre Yonge et Avenue Road). Les boutiques des grands designers s’y bousculent, séparées çà et là par quelques-unes des meilleures (et surtout des plus chères) tables en ville. Heureusement, ici comme ailleurs, le lèche-vitrine ne coûte rien!
Pour une expérience différente, et plus abordable, la rue Queen est vraiment un must. Mariage hétéroclite de Soho et du boulevard Saint-Laurent, la Queen (à l’ouest de l’édifice de Much Music, jusqu’à Bathurst) a un style bohème qui attire une foule jeune et moins jeune, plutôt branchée. Lush et Planet Earth sont deux boutiques au concept très original, avec leurs produits de beauté entièrement naturels présentés en vrac, vendus au poids et qui se conservent mieux au réfrigérateur. Fluevog, la boutique d’un designer de la côte Ouest, offre d’extravagantes chaussures à faire craquer ceux et celles pour qui marcher se fait nécessairement avec style. Friperies, cafés, antiquaires. meubles exclusifs, bars, foule bigarrée : on peut facilement passer une journée entière à explorer cette avenue unique.

Toronto Gay Pride
Avec les célébrations de la fierté de New York et de San Francisco, le Lesbian and Gay Pride Week de Toronto est l’un des plus importants festivals de la fierté gaie au monde. Comme c’est le cas de Divers/Cité à Montréal, le défilé est évidemment l’apothéose d’une semaine de festivités attirant, lors des meilleures années, un peu plus d’un million de participants et de spectateurs. Chaque année, le maire de Toronto, Mel Lastman, vient montrer son soutien à la communauté homosexuelle en participant au défilé où prennent place tous les groupes gais, lesbiens, bi et trans de Toronto et de l’Ontario, et même quelques-uns de Montréal. Bien que l’on y retrouve un peu moins de chars allégoriques qu’à Divers/Cité, le nombre de participants y est plus grand pour une véritable orgie de paillettes, de musique et de chair. Cette année, la fierté de la culture gaie et lesienne s'affichera dans toute sa splendeur avec force réjouissances, du 23 au 29 juin. En plus du défilé du dimanche 29 juin, un défilé de lesbiennes, le samedi 28 juin — la Dyke March —, des partys dans les bars, des spectacles et des fêtes de quartier, de même qu’une immense foire communautaire et commerciale, après le défilé, feront de cette semaine de célébrations un événement incontournable auquel il faut assister au moins une fois dans sa vie.
Parmi les meilleurs événements parallèles, le party Unified plaira particulièrement aux clubbers. Avec les événements de la Fondation BBCM, le week-end Unified prouve que les événements canadiens du circuit n’ont plus rien à envier aux événements américains du même type, au contraire.

Hébergement
Comme toutes les grandes villes, Toronto offre un éventail très complet du côté des hôtels. De l’hôtel bon marché à l’hôtel de très grand luxe, comme le Kempinsky Sutton Place, le Delta Chelsea ou le Metropolitan; vous n’aurez que l’embarras du choix. Personnellement, je leur préfère les bed & breakfast. Ils permettent un contact plus personnalisé et offrent la possibilité d’habiter dans des résidences typiques de la ville.
À mi-chemin entre l’auberge et le bed & breakfast traditionnel, le Ten Cawthra Square (10 Cawthra Square) est situé sur une petite rue tranquille, à une centaine de pas de l’animation de la rue Church et à distance de marche des musées, de Yorkville et des salles de spectacles. Une seconde résidence historique de style Édouardien, situé sur Jarvis (512 Jarvis Street), à moins de 100 m de la première, conjugue charme et confort. Au total, 16 chambres spacieuses dotées de téléviseurs et téléphones. Info et réservations : 1 800 259-5474 ou le (416) 966-3074 ou sur le net à www.cawthra.com ([email protected]).

La Maison McGill (110 McGill St.) est aussi un choix judicieux pour qui désire résider en plein cœur du village gai. Info et réservations : 1 877 580-5015 ou sur le net à www.interlog.com/~mcgillbb.