Barman au Stud

Paul et ses fidèles... clients

Claudine Metcalfe
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Quand les gais sortent dans un club comme le Stud, ils aiment faire des découvertes, mais ils apprécient aussi de retrouver leur barman qui finit par faire un peu partie de la famille. Paul Holley est présent dans la communauté depuis 13 ans. On voit sa bouille dans tous les événements gais, il est présent pour toutes les activités. Robuste, résistant, il ne changerait pas de métier pour tout l’or du monde. "Bien, c’est certain que parfois, après de grosses soirées, je suis fatigué. Surtout durant les longs mois d’hiver rigoureux comme on vient d’en connaître. Mais maintenant, je me promets de prendre des congés, des vacances qui me permettront de me ressourcer", avoue le gaillard. Originaire de Terre-Neuve, il s’est vite senti chez lui au Québec. "Il y a plusieurs similitudes entre les Québécois et les Terre-Neuviens : nous sommes des gens honnêtes, nous aimons la vie rude mais aussi le plaisir et la vie tout court", dit le souriant Paul. Après des études à l’Université Laval et à Montréal, il s’installe dans la métropole. Il travaille dans une cafétéria du centre-ville, au bar Le Mystique (le plus vieux bar gai en ville), puis commence sa carrière à l’ancien K.O.X. comme portier où il a tenu 6 semaines avant de passer une année et demie au vestiaire. Il est devenu barman, a connu les belles années du bar Katacombes. "Oui, je suis un vieux routier, j’en ai vu passer des gens, défiler des styles, entendu des idées et des commentaires… Mais, comme on dit, plus ça change, plus c’est pareil! Depuis toutes ces années, nous voyons arriver une nouvelle vague de beaux jeunes gars qui sont extrêmement timides, qui ne connaissent pas grand-chose aux codes et aux usages du monde gai. Nous sommes là pour les aider", assure Paul…

Avec son expérience et toutes ses connaissances, Paul devient parfois le grand frère qui donne des conseils etdes références, assure le bien-être autant des nouvelles "recrues" que des anciens qui ont besoin d’une oreille, d’un soutien. "Je ne m’ennuie jamais. Bien que j’aie acquis une belle expérience, il n’y a pas un jour qui se ressemble dans ce métier. Comme le Stud est unique, les touristes affluent et les Montréalais apprécient ces rencontres diversifiées. Je rencontre des gens sympathiques. Je me suis lié d’amitié avec des gars du Texas, de la Nouvelle-Angleterre… de partout!" explique Paul. Mais est-ce possible d’avoir une vie sentimentale stable? "Mais oui! J’ai un chum depuis deux ans. Nous magasinons une maison sur la Rive-Sud", dit-il avec un large sourire. Ils se sont connus au travail un soir de réveillon. Ce fut le coup de foudre réciproque. Certes, les clients le taquinent avec sa vie rangée, mais il sait bien que, derrière les plaisanteries, c’est une franche camaraderie qui s’est installée. "La seule chose que je regrette, ce sont les visages disparus, les clients et amis qui sont décédés au fil des ans, à cause du sida", déplore Paul. Mais ce qui le console, c’est de voir que les gais sont plus ouverts et vivent plus librement qu’il y a quelques années. C’est un encouragement pour lui à toujours continuer d’être au service de la communauté gaie.

Le Stud Bar, 1812, rue Sainte-Catherine Est, Montréal. Tél. : (514) 598-8243