Sortez découverts!

Denis-Daniel Boullé
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Avez-vous remarqué que les voitures ont tendance à prendre l’air ces derniers temps? Les cabriolets n’ont jamais été si nombreux. Même les berlines très classiques s’offrent aujourd’hui d’impressionnants toits en verre pour s’ouvrir à de nouveaux plaisirs... Notre chroniqueur automobile vous propose une recension des voitures offertes sur le marché qui vous feront passer un été encore plus beau et chaud : roadsters, cabriolets, les nouveautés, les classiques et les stars montantes. Pour tourner la page sur un hiver froid, les claustrophobes au bord de la crise se prennent à rêver à une vie en plein air. Certains ont hâte de sortir la moto du garage… ou la décapotable. D’autres envisagent l’achat d’un cabriolet pour des virées cheveux au vent. Rien qu'au Québec, plus d'une trentaine de modèles sont offerts, et chaque manufacturier propose dans sa gamme l'indispensable découvrable. S'il fut une époque où le choix se réduisait à une berline conventionnelle, avec le fameux toit ouvrant ou le tout-ouvrable, avec une capote qu’il fallait ajuster et arrimer à deux, les progrès techniques ont multiplié les possibilités d'accéder au grand air pour les passagers. Les systèmes électriques sont venus aider les utilisateurs, le toit des autos s'enlève complètement ou en partie, et les toits rigides (hard top) sont maintenant rétractables pour obtenir un deux-en-un : un coupé ou un cabriolet au choix.

Résurrection
À la fin des années soixante-dix, le cabriolet avait disparu chez la plupart des concessionnaires. Les gouvernements, soucieux de réduire le nombre d'accidents, avaient enjoint les constructeurs à se pencher sur la sécurité de ces autos. Le manque de protection pour les passagers en cas de renversement du cabriolet, qui n'offrait aucune protection pour la tête, l'avait définitivement condamné. Seules quelques grandes marques de luxe conservaient un cabriolet pour flâner les soirs d'été dans les rues des quartiers chics. Volkswagen résistait en gardant à son catalogue une version décapotable de la Golf, affublée d'un arceau de sécurité, pour assurer une meilleure rigidité de la caisse et ainsi protéger la tête des occupants. Porsche, de son côté, avançait sa Targa, dont la partie centrale du toit se démontait pour être logée dans le coffre. Et seule Acura, avec la NSX, surnommée la Ferrari japonaise (142 000 $) utilise le toit façon Targa. Ces deux techniques firent école. Mais elles étaient loin de satisfaire les puristes.

Miata
Ce sympathique petit spyder de Mazda allait relancer l’engouement pour le tout-ouvert. Avec deux arceaux de sécurité logés discrètement derrière les deux sièges et une caisse beaucoup plus rigide, le Miata a fait revivre la mode des roadsters anglais des années soixante : les Austin-Healey, Triumph Spitfire et autres MG. Son prix abordable, en dessous de 30 000 $, pouvait toucher une clientèle plus jeune ou moins fortunée. Strict deux places, doté d'un comportement sportif, le Miata de Mazda a redonné ses lettres de noblesse à un genre trop souvent décrié. Devant un tel succèes, les autres constructeurs n’ont pas tardé à réagir.

2 places ou 2+2
On distingue généralement deux types de cabriolet : les 2 places et les 2+2. Les premiers jouent souvent la carte sportive et sont baptisés roadsters ou spyders. Les 2+2 sont dotés d'une banquette à l'arrière pouvant loger deux autres passagers. Cependant, dans la plupart des cas, ces deux places additionnelles sont symboliques et peuvent accueillir des enfants ou des adultes sur de courts parcours. L'espace réservé au toit replié empiète sur l'habitacle et sur le coffre. Contrairement aux constructeurs européens ou japonais, les nord-américains ne déclinent pas, dès l'entrée de gamme, des cabriolets à prix abordable, comme ce fut le cas ici avec la Géo Metro, une minuscule Suzuki rebadgée par General Motors et qui circule encore dans nos rues. Cadillac n'est pas en reste avec le XLR (100 000 $), élaboré à partir de la nouvelle CTS, remarquable par sa forme cubique aux arètes vives. Quant à Chrysler, elle décline la Sebring en version cabriolet (35 000 $), un classique du genre.

Les irrésistibles 2 places
Excepté le Miata de Mazda, il faut débourser plus de 45 000 $ pour prendre place dans un cabriolet à vocation sportive. Des noms font tout de suite rêver tant ils ont marqué notre imaginaire souvent par le biais du cinéma: James Dean et sa Porsche, James Bond et sa légendaire Aston Martin. Les monstres sacrés de la production américaine ont traversé les années, parfois avec de longues périodes d'oubli. La Corvette Z06 (68 000 $) de Chevrolet, qui fête brillamment ses cinquante ans, n'a pas pris une ride (la chanson, elle, sûrement), ni la Viper de Dodge, une bête de route qui donnera des sueurs froides à votre petit ami et à votre porte-feuille (125 000 $), ni encore la légendaire Thunderbird (56 000 $) de Ford, dont les clins d'œil rétro rendent hommage à son illustre ancêtre. Les trois grandes marques allemandes — Mercedes, BMW et Audi (la filiale luxe et sport de Volkswagen) — se livrent un combat impitoyable sur tous les fronts pour produire les meilleures voitures au monde, avec "être plus" comme seul objectif : plus sécuritaires, plus luxueuses, plus sportives, plus équipées, plus informatisées. Difficile de faire un choix entre la TT (55 000 $) de Audi et son design aguichant, la SLK (56 000 $) de Mercedes, tout simplement pour la marque, et la toute nouvelle Z4 (50 0000 $) de BMW aux lignes acérées. (Peut-on avoir les trois ?) Porsche, le quatrième des trois mousquetaires germaniques, a réussi le tour de force, avec la Boxter S, de lancer un modèle relativement abordable (60 000 $) qui offre — selon mes collègues chroniqueurs automobiles — autant de plaisir de conduite que le modèle 911 cabriolet, deux fois plus cher (120 000 $). Du côté des Japonais, et hormis le Mazda Miata, seul Honda décline un roadster, le S2000 (48 000 $), qui connaît une carrière plus discrète qu’il ne le mérite. Enfin, les collectionneurs et grands amateurs peuvent lorgner du côté de Ferrari, avec la Modena spyder (230 000 $), de Jaguar avec le XK8 (95 000 $); ou d’Aston Martin, avec le DB7 (207 000 $).
2+2
Généralement, les cabriolets 2 + 2 sont moins sportifs et privilégient l'aspect grand-tourisme, un semblant de dolce vita pour se promener le soir avec des amis. À tout seigneur, tout honneur, le Cabrio de Volkwagen s’est donné un nouveau look cette année. Adieu la plateforme de la Golf, bonjour celle de la New Beetle! Pour pousser la demande de la sympathique Coccinelle, dont les ventes stagnaient une fois l'effet de mode passé, les ingénieurs de la voiture du peuple l'ont décapsulée. Rien de spectaculaire, puisque, même si elle est électrique, la capote reste néanmoins en toile et repose, une fois pliée, en extension derrière la banquette arrière, tout comme la Coccinelle décapotable d'après-guerre. Pour l'équivalent de 30 000 $, et en étant pas trop exigeant sur les performances et le confort, surtout pour les passagers à l'arrière, la New Bettle représente un choix intéressant pour des escapades estivales dans les Laurentides ou les Cantons-de-l'Est.

Quant à la Mustang de Ford, elle vit actuellement ses derniers milles. Une remplaçante, prévue pour la fin de l'année, devrait — selon les concepteurs de Ford — renouée avec le prestige et les performances des toutes premières. À partir de 25 000 $, la Mustang reste une icône avec ses aficionados comme ses détracteurs. Dans le même ordre de prix, même si elles sont moins auréolées d'histoire que les deux modèles précédents, Toyota et Mitsubishi proposent respectivement la Camry Solara et l'Eclipse spyder, la seconde ayant une vocation plus sportive que la première. Pour finir, les trois marques allemandes occupent ce segment : Audi avec la A4, BMW avec la série 3 et Mercedes avec le CLK, dont les prix d'attaque tournent autour de 60 000 $. Plus discret mais tout aussi aristocratique, le Volvo C 70 s’avére un bon choix.

Un toit rigide en option
Pour la mauvaise saison, il est possible de se procurer un toit rigide qui transforme le cabriolet en coupé. Presque tous les manufacturiers proposent cette option. Cependant, certains utilisateurs trouvent que l'ajout nuit à l'esthétique de leur précieux achat, d'autres trouvent que, même affublée d’un casque, leur auto ne gagne pas assez en étanchéité et en insonorisation. Ces toits de substitution se détaillent à partir de 1500 $ et peuvent atteindre quelques milliers de dollars. Pour remédier à ce problème, Peugeot, en France, a ressorti de ses cartons un procédé utilisé sur la Peugeot 202 des années trente. Un toit rigide rétractable qui se logeait, par la magie de la cinétique et de l'électricité, dans le coffre. La technique a été considérablement améliorée, et, il y a deux ans, une petite Peugeot 206 faisait le bonheur du public. La 206 CC est aujourd’hui en tête des ventes de sa catégorie en Europe et elle a fait des émules parmi la concurrence. Deux manufacturiers ont repris le procédé sur leur cabriolet haut de gamme : Mercedes pour la SL (120 000 $), un chef-d'œuvre d'aboutissement technique et esthétique, et Lexus pour la SC430 (87 000 $), plus bourgeoise mais tout aussi séduisante. Chevrolet devrait sous peu nous donner le SSR, une déclinaison rétro, toute en rondeur, du El Camino des années cinquante, dont la particularité sera de disposer lui aussi d'un toit rigide rétractable électriquement et de doubler la modularité de ce véhicule plus axé sur les loisirs que sur le travail. Le prix n'est pas encore déterminé, mais devrait avoisiner les 50 000 $.

De la lumière, encore de la lumière
Les ingénieurs ne manquent pas d’idée pour améliorer le traditionnel toit ouvrant qui ne profite généralement qu'au conducteur et au passager avant. Le toit en verre panoramique s'ouvrant électriquement en partie ou totalement a vu le jour sur certains modèles. Teinté et avec anti-effet de serre dans l'habitacle, il se retrouve aujoud'hui sur la Porsche 911 Targa (119 000 $), les Mercedes coupés Classe C et la berline Classe E. Le toit panoramique préfigure le toit rigide rétractable tout en verre.

Cheveux dans le vent et face pleine de boue
Pour les amoureux du grand air qui préfèrent les sentiers et le parfum des sous-bois, quelques tout-terrains ont conservé les vertus spartiates de leurs origines. Le Jeep TJ, indémodable, est livrable avec capote mais aussi toit rigide (20 000 $); le Land Rover Freelander (35 000 $) débarque sur nos routes en trois portes et toit mou, alors que Suzuki, qui s'est taillé une solide réputation dans les petits 4X4, n'est pas en reste avec le Vitara 3 portes (20 000 $). Ces trois modèles sont équipés d'arceau de sécurité.

À l'ère des véhicules génétiquement modifiés qui se doivent d'offrir une modularité sans cesse croissante pour se transformer aussi en outil de travail, en seconde maison pour la famille ou encore accessoire indispensable de loisirs, il se peut qu'un jour, toutes nos voitures se transforment, sous la simple pression d'un bouton, en somptueux cabriolets. Parlant de bouton, la Maybach 62, de la toute nouvelle division hyper luxueuse de Mercedes, en possède un qui permet de rendre opaque ou transparent le toit panoramique composé de cristaux liquides. Ce palace roulant, dont le confort égale celui d'un jet privé, déplace ses 6,20 m et ses trois tonnes grâce à un V12 développant 550 chevaux. Il faut débourser 700 000 $ pour pouvoir être propriétaire du bouton qui permet de jouer sur l’éclairage naturel de l’habitacle.