Cuba - partie 1

Rhumba à La Havane

Logan Cartier
Commentaires

Je sais, ce n’est pas comme cela que "rumba" s’écrit. Mais en ces lieux bénis des dieux où le rhum coûte un peu plus de 3 $ américains la bouteille, il est bien tentant de faire la java. Je dois avouer que Varadero ne me tentait pas vraiment, car j’y ai déjà passé dix jours, il y a quelques années —avant que ce village ne ressemble à Miami —, et que j’avais le goût de quelque chose de plus pittoresque. Alors pourquoi pas La Havane? Cette ville culturellement si riche.... et en même temps si abordable.

Faut dire que depuis que la possession d’argent américain par les Cubains a été décriminalisée par le gouvernement local, le paysage socio-économique de l’île a passablement changé. Par ailleurs, je dois admettre qu’une publicité parue dans l’édition de septembre de Fugues m’a incité à choisir La Havane comme destination exotique. Car contrairement aux politiques habituelles des grossistes, il n’y avait pas de frais supplémentaires pour les personnes seules. C’est donc dans l’île de Fidel, accompagné de deux copains, que j’ai décidé de passer mes vacances.

Après le vol sur les ailes de Cubana Airline (et un incontournable retard), nous sommes arrivés au Club Arenal, un hôtel trois étoiles situé à 27 km du Havane colonial, en formule tout inclus.
L’accueil y est chaleureux et latin, le buffet est convenable et les chambres sont correctes, mais sans plus. Mais comme je ne prévoyais pas passer mes vacances dans ma chambre d’hôtel (enfin pas toutes...), ce n’était pas très grave. Si vous pouvez vous le permettre, prenez une suite plus grande avec petit salon et, of course, boisson locale à volonté. Il est possible d’y inviter votre chico of the day moyennant quelques dollars américains. De nombreuses activités et plusieurs services sont disponibles gratuitement, dont le transport à La Havane, l’utilisation de bicyclettes, le catamaran et l’accès à l’immense piscine. Il y aussi quelques bars, une discothèque et des sourires à profusion.

Vous serez possiblement surpris de voir que plusieurs personnes dans la rue, les commerces, et même certains employés des hôtels, vous offriront des cigares, des repas de langoustes (entre 10 et 25 $/ personne) avec, au dessert (si désiré), une chambre avec une chica ou un chico pour... quelques dollars de plus. Et tout ça, chez la belle-sœur ou le cousin!

En sachant que le salaire moyen mensuel se situe entre 8 $ et 25 $ américains, vous comprendrez qu’il s’agit là d’une question de survie pour les Cubains. Alors, prenez ça comme une contribution à l’essor économique du pays! Sans blague, c’est en général très agréable et pas trop cher (entre 10$ et 20$).

En passant, à Cuba, l’homosexualité est officiellement passible de lourdes peines. Vous ne risquerez rien comme touriste, mais il n’en ira pas forcément de même pour les Cubains que vous rencontrerez. Alors, soyez tout de même discrets pour eux.

Quant à la plage gaie (pour les touristes), elle est située non loin de celle de notre hôtel, à moins de 300 mètres de marche agréable sur le sable chaud. Le mieux est de vous y rendre après 13h. Il y a le changement de quart de travail à cette heure-là et le policier de service est plus tolérant envers les chicos et les touristes qui sont attirés par la chair bien bronzée. La bière, l’alcool et la bouffe y sont vendus à des prix raisonnables. S’il vous plaît, n’oubliez pas un petit cadeau pour l’officier de service (des cigarettes ou un billet de 1 $ par jour). Un autre petit mot sur la plage: il est prudent de s’y promener chaussé de sandales ou de baskets, car les Cubains ne sont pas très portés sur le recyclage du verre ni des canettes.

Saviez-vous qu’il y aurait des raves fiesta gais à la Havane? Eh oui, la nouvelle circule clandestinement parmi la communauté et leurs amis. À telle heure, tel soir, tout ce beau monde se ramasse devant l'Hotel Habana Libre dans le Vieux-Havane. De là, une série de taxis privés vous transporte en un lieu connu d’eux seuls. Dans notre cas, nous nous sommes retrouvés dans une carrière désaffectée, en banlieue, à 20 minutes du centro. Musique de circonstance mêlée de rythmes latins et de cerveza ou mucho rhumcoca, nous voici partis pour une noce inferno.

À La Havane, prenez tout votre temps pour visiter, il y a une multitude de musées, d’édifices superbes datant du 17e siecle et, en plus, les gens y sont très accueillants.

Au fait, j’y retourne en mars, les prix seront de nouveau, comme les Cubains, très alléchants.