Sida

La Cohorte Oméga arrive à son terme

Michel Alary
Commentaires
La Cohorte Oméga complétera le recueil des données d’ici l’été 2003, ce qui marquera le terme de ses activités sous leur forme actuelle. En effet, après presque sept ans d’opération, la Cohorte Oméga a rencontré les objectifs que l’équipe de chercheurs s’était fixés. Ces derniers ont accumulé une base de données impressionnante sur près de 1900 hommes ayant des relations affectives et sexuelles avec d’autres hommes à Montréal, tant au niveau épidémiologique (transmission du VIH et facteurs de risque associés) que psychosocial (facteurs personnels et environnementaux en lien avec les comportements à risque pour le VIH et avec d’autres éléments liés à la santé gaie). Même s’il a été possible jusqu’à maintenant de procéder à plusieurs analyses intérimaires de ces données, il devient important de mettre un terme à la collecte de données et de procéder à des analyses finales qui iront plus en profondeur. Par analogie, on pourrait dire que le fruit est mûr et qu’il faut maintenant le cueillir et en extraire tout le jus. C’est la principale raison qui motive la conclusion d’Oméga sous sa forme actuelle. Les analyses approfondies que les chercheurs effectueront au cours de l’année qui suivra la clôture pourraient permettre de générer de nouvelles hypothèses de recherche en lien avec la problématique du VIH chez les hommes ayant des relations affectives et sexuelles avec d’autres hommes. Forts de ces hypothèses de recherche, il pourrait être possible, par la suite, de formuler d’autres demandes de subvention pour des projets de recherche et d’intervention qui seront le plus adaptés à la situation actuelle. Il s’agit donc ici, en termes de programme de recherche visant la communauté gaie, d’une pause pour mieux repartir par la suite.

Toutefois, compte tenu du fait que les chercheurs ont pu observer dans leurs données une légère augmentation récente dans les comportements à risque de transmission du VIH ainsi qu’une certaine instabilité dans le nombre de nouvelles infections au VIH, ils ont entrepris des démarches pour essayer d’assurer une certaine continuité à compter de l’automne 2003 en proposant aux participants actuels de la Cohorte Oméga un suivi beaucoup plus léger impliquant une visite annuelle avec un questionnaire très court à visée surtout épidémiologique accompagné d’un test de dépistage du VIH. Il n’y a actuellement aucune garantie de financement pour ce suivi plus léger, mais l’équipe de chercheurs poursuivra activement des démarches en ce sens auprès de différentes instances. Les contacts que l’équipe a eu jusqu’à maintenant porte à être optimiste face à cette possibilité. On demandera donc à chaque participant d’Oméga, lors de sa dernière visite, de signifier s’il accepte d’être contacté à nouveau dans le futur pour participer à cette phase plus légère de l’étude. Dans ce contexte, seuls les participants actuels d’Oméga pourront être revus et il n’y aura aucun recrutement de nouveaux participants.

L’équipe de la Cohorte Oméga tient à remercier tous les participants à la Cohorte. Sans la contribution de chacun d’entre eux, cette recherche n’aurait pas été possible. Par leur participation généreuse, ils ont permis d’obtenir une meilleure compréhension de la dynamique de la transmission du VIH ainsi que des divers facteurs impliqués dans l’adoption et le maintien de comportements sexuels sécuritaires. L’équipe tient également à remercier l’ensemble de la communauté gaie de Montréal pour l’accueil qu’elle a réservé à cette étude et pour son intérêt soutenu envers les résultats (publiés, entre autres, dans Fugues chaque mois) qui ont été produits au fil du temps. L’équipe de chercheurs de la Cohorte Oméga aimerait finalement signifier son engagement à poursuivre la lutte contre le VIH et le sida en lien avec la communauté gaie de Montréal.