Rehoboth Beach

Une destination alternative pour l'été

Robert Pilon
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Tannés de Provincetown ? Gelés à Ogunquit ? Je vous propose donc une destination encore inconnue des Québécois, un petit secret bien gardé au bord de l’Atlantique qui vaut amplement le déplacement. En effet, si Boston a Provincetown, New York, Fire Island, et Miami, South Beach, les villes de Washington, Baltimore et Philadelphie se partagent discrètement un coin de plage moins glamour, mais des plus agréables : Rehoboth Beach. Situé à l’extrémité nord-est du Delaware, à quelque 900 kilomètres de Montréal, Rehoboth Beach offre une solution idéale pour les gais et lesbiennes québécois en quête de découvertes. Contrairement aux plages de la Nouvelle-Angleterre, Rehoboth Beach offre un mer d’une température agréable, rafraîchissante sans être rébarbative. Et comme le climat y est assez chaud (comparable à celui de Washington), on peut s’y baigner facilement de juin à septembre. Les plages sont belles, bien entretenues et exemptes de bestioles répugnantes (lire méduses)... à moins qu’on déteste les dauphins qui batifolent à une centaine de mètres de la plage...

Rehoboth Beach compte de nombreux Bed & Breakfast gais très accueillants, mais qui peuvent coûter cher en saison. La solution la plus intéressante consiste à louer avec des amis une maison complète par l’entremise d’une agence locale. Les prix des maisons (louées sur une base hebdomadaire, du samedi au samedi) varient selon la proximité de la plage, le nombre de lits, les appareils offerts (climatisation, télé, laveuse/sécheuse, etc.)... et l’avarice du propriétaire. Par exemple, pour la semaine débutant à la fête du Travail, nous avons trouvé une maison à 3 chambres à coucher pour 850 $ US, ce qui nous revenait à 200 $ chacun sur une base de 6 occupants (la maison comptait 8 lits).

Louer une maison est d’autant plus avantageux que la cuisine y est équipée de tout ce qu’il faut pour préparer la bouffe et les drinks quotidiens... Reste plus qu’à passer au supermarché pour acheter le nécessaire, En faisant des équipes, nous avons cuisiné aux 3 jours et mangé comme des rois (et quelques reines) pour environ 15 $ par jour, tout compris.

Le système de location nous a aussi permis de loger dans un très beau quartier exclusivement résidentiel, à quelques pas de la plage gaie et des établissements gais de la ville. En fait, Rehoboth Beach compte deux plages gaies : Poodle Beach, la plus commerciale, très achalandée les week-ends d’été, et Cape Henlopen, un parc faunique naturel (5 minutes de voiture), plus populaire auprès des résidents permanents et des lesbiennes. Il y a aussi des bars pour le 5 à 7 et les sorties occasionnelles, une grande discothèque, une excellente librairie, un journal local et de nombreux restaurants. Naturellement, les prix de ces endroits sont plus abordables hors saison. De plus, les amateurs de drague ne seront pas en peine, car le boardwalk et la plage attenante deviennent très chauds le soir, près de la rue Queen (C’est vrai !).

Malgré ses nombreux attraits et même une mention honorable dans le Gay Manual, Rehoboth Beach demeure une destination relativement peu connue des Québécois. À vrai dire, même si la destination semble éloignée de Montréal, le trajet se fait entièrement sur de grandes autoroutes à deux voies et ne prend qu’un peu plus de 9 heures, y compris les arrêts de routine. Quelques conseils : Rehoboth Beach est en fait deux villes dans une; j’ai décrit plus haut la partie qui nous intéresse particulièrement. Toutefois, le centre-ville présente aussi un aspect commercial très "Wildwood", qui vise la famille américaine moyenne, avec toutes les horreurs qu’on peut imaginer (mini-golfs, arcades, magasins de tee-shirts, etc.). On n’est pas obligé d’habiter en ville,
car on peut s’y rendre à pied facilement. En cherchant un lieu d’hébergement, il faut demander qu’il soit situé du côté sud de la ville, le plus près possible de Poodle Beach et de Silver Lake (où se trouve l’excellent mais coûteux Silver Lake Inn). On y est à proximité de la plage gaie et on n’a pas à voir la partie commerciale, sauf si on décide de s’y aventurer... De plus, en louant une maison, on doit s’assurer qu’elle offre la climatisation (du moins aux chambres) et des espaces de stationnement en nombre suffisant. Il ne reste plus qu’à apporter sa literie, serviettes, produits nettoyants et de papier.

Un dernier conseil : en arrivant sur les lieux, passez à la librairie Lambda Rising (39 Baltimore Avenue, un peu cachée) vous procurer un exemplaire du journal Letters From Camp Rehoboth, qui contient une carte détaillée de la ville ainsi qu’une liste impressionnante d’établissements gais ou amis des gais. Bon voyage!