Voyager par le goûter

L’invitation au voyage

Francis Lagacé
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Chacun cherche ces lieux où tout n’est "qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté". Le vin promet des voyages en imagination, à défaut du déplacement physique. En France
Les chanceux qui visitent Paris en automne s’épargnent l’afflux de touristes et profitent de jours frais et agréables. À la limite des 1er et 2e arrondissements, sur le boulevard Étienne-Marcel, presque en face de la Tour de Jean-sans-Peur, j’ai découvert l’été dernier les Bons Terroirs de France. On y vend vins et alcools fins qui vous raviront : eaux-de-vie de poire, bas-armagnacs, cognacs, grands vins et sauternes. Mon choix s’est porté sur cette exquise Eau-de-vie de Framboise de distillation artisanale produite par la maison Étienne Brana du pays basque. Dotée de 45 % d’alcool, cette fine est à déguster en toute fin de soirée. Le goût de la framboise est à la fois prégnant et suprêmement fin. L’alcool, bien que fort, ne brûle pas et le parfum de la framboise est restitué dans toute sa pureté. Ne le cherchez pas au Québec. Ce plaisir digne des dieux m’a coûté 61 euros (environ 93 $) pour 700 ml. A

Le château Tayac Cuvée réservée 1996 est un solide côtes-de-bourg (dans le bordelais) avec ses 13 % d’alcool. Bien qu’âgé de six ans, il est encore assez jeune et gagnera à passer une bonne demi-heure en carafe ouverte. Servi à 17º, vous aurez droit à des effluves de poivron vert et à un peu de fruits rouges (framboise surtout). En bouche reviennent le poivron, le bois, une légère vanille et de solides tanins. (No 500108; 20,05 $) B-

Entre l’Amérique et l’Europe
Vous ne trouverez bientôt plus l’Opus Terra, la compagnie états-unienne qui produit les vins Opus (dont le célèbre Opus One, bon, mais très cher) ayant exigé que l’on change ce nom pour éviter la confusion chez les consommateurs. Les Français se débrouillent pourtant, entre le Château Latour (l’un des meilleurs vins au monde) et le Château de la Tour (un vin ordinaire). Le O’Terra 2001 est un amène vin de semaine à base de 55 % de merlot, ouverture ronde et fruitée, et de 45 % de syrah, finale à la fois terreuse et légèrement anisée (ou fenouil). Ce vin de pays d’Oc contient un peu de sucre résiduel détectable sur le bout de la langue. La couleur est d’un beau pourpre. Le nez rappelle les fruits rouges et un soupçon de terre. Vin qui accompagnera sans rechigner les plats domestiques : pâté chinois, tourtière, nouilles à la viande, hachis, côtelettes de porc, bœuf haché, etc. (No 535005; 13,30 $) C

En Amérique du Sud
De la belle vallée de la Mendoza, en Argentine, nous arrive le Finca Las Higueras 2001, un vin de pinot gris élevé par les frères Jacques et François Lurton, connus pour leur amour de la qualité. Pâle à reflets verts, au nez de bonbons acidulés et de fruits exotiques, il apporte en bouche un léger gras, une touche minérale et une bonne dose de fruit acidulé (carambole?) équilibré par un alcool costaud ,13 %. Offert partout, mais surtout à l’Île-des-Sœurs. (No 902205; 13,90 $) B-

Il reste peu de ce vin excellent, mais courez y mettre la langue. Du Chili, un petit effort pour votre portefeuille avec ce Finis Terræ 1997 de la maison Cousiño-Macul de la Valle del Maïpo. De couleur grenat, très légèrement tuilé, son nez fait galoper votre esprit sur une selle de cuir à travers un verger de pruneaux mûrs. La bouche n’est pas en reste avec le cuir, la vanille et un soupçon de poivre. Excellent et rond, ce vin se maintiendra ainsi encore trois ou quatre ans. (No 962829; 38 $) A

Plus près de nous
Gens de Québec, la fameuse Cuvée mythique 1999 (A- au millésime 1998 dans le numéro de juillet, B+ au 1999) est présente en grand nombre dans votre ville. Précipitez-vous, elle ne coûte que 20 $. Le numéro de code est 488726. Voyez surtout les succursales de la Promenade des Quatre-Maisons, de la place Jean-Lesage, du chemin Sainte-Foy et de l’avenue Maguire.

Nouvelle brasserie sur Saint-Denis, à Montréal, tout près du cinéma Quartier-Latin : Les Trois Brasseurs. Quatre bières artisanales dont la recette vient de brasseurs français : une blanche, une blonde, une ambrée et une rousse. Leurs bières sont plus rondes, goûtent davantage le malt que le houblon, c’est le style français par opposition au style anglais qui insiste sur l’amertume. Ces bières m’ont plu, et il est fort agréable d’y manger des flams, ces sortes de tartes entre la pizza et la crêpe. Il y en a des salées (prenez les bières plus foncées) et des sucrées (prenez les pâles).

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